Pendant l’éclipse, l’ensoleillement va diminuer, et plus particulièrement dans le sud. Le pays ne sera pas totalement plongé dans le noir, mais ce sera quand même suffisant pour avoir un impact sur la production d’énergie solaire.

Publié le mardi 11 août 2026 à 07:43

Au plus fort de l’éclipse, qui aura lieu entre 19h30 et 21h30, la puissance solaire injectée sur le réseau électrique pourrait baisser de 1.800 megawatts. Ce n’est pas énorme puisque ça correspond en gros à 3 % de la production électrique nationale. Mais ce n’est pas rien non plus : c’est comme si deux centrales nucléaires s’arrêtaient d’un seul coup.

Une fois qu’on a dit ça, on peut tout de suite rassurer nos auditeurs : il n’y aura pas de coupure de courant à cause de l’éclipse.

D’une part car la France a la chance de disposer d’un mix énergétique très diversifié, avec surtout du nucléaire, mais aussi de l’hydraulique ou encore de l’éolien en plus du solaire. Et d’autre part, car le phénomène survient en fin de journée, quand les pics de production solaire sont passés.

Un évènement qui illustre l’évolution du paysage énergétique

Il suffit de comparer avec l’éclipse de 1999 par exemple. A l’époque, la production d’énergie photovoltaïque était quasi inexistante, avec à peine 1 gigawatt de puissance installée dans le monde.

Depuis, les choses ont changé. Rien qu’en France, la capacité photovoltaïque installée a franchi le cap des 30 gigawatts, soit 30 fois plus qu’en 1999, au niveau mondial.

Les éclipses solaires sont donc des phénomènes qu’il faut savoir gérer. Et ce n’est pas si simple.

Car cette baisse soudaine de l’ensoleillement puis son retour progressif créera de fortes oscillations de tensions sur le réseau électrique. Et c’est pourquoi tous les gestionnaires de réseau, en France et en Europe, resteront sur le qui-vive mercredi soir.

En revanche, des entreprises profitent déjà du phénomène

Les vendeurs de lunettes se frottent les mains. Dans les pharmacies, chez les opticiens ou dans les grandes surfaces, on se rue sur les paires « spécial éclipse », indispensables pour voir le spectacle. Tous les stocks ou presque sont partis.

Le spécialiste en la matière, c’est le groupe allemand Bresser, qui fabrique aussi des télescopes et des jumelles. Il dit avoir vendu plus de 10 millions de lunettes, rien qu’en France. Des modèles basiques à 2,50 euros. Et il reconnait clairement qu’il ne s’attendait pas à un tel engouement.

Pour un budget un peu plus conséquent, des compagnies aériennes proposent aussi d’observer l’éclipse depuis le ciel. Certains de ces voyages sont réservés aux scientifiques, d’autres sont ouverts au public. Une expérience unique, mais réservée à une poignée de privilégiés.

En attendant, même sur la terre ferme, le spectacle promet d’être grandiose.