La peste : voilà un mot qui fait peur à l’humanité et fait appel à notre plus profond inconscient, entre histoire et littérature. Une maladie que l’on pense aussi d’un autre âge. Alors quand on apprend qu’une laborantine russe serait décédée ces derniers jours de cette infection en Sibérie, la planète entière s’inquiète et s’interroge. L’occasion de s’intéresser aux pays dans lesquels cette maladie, au taux de létalité de 30 % à 100 %, sévit malheureusement encore en 2026.

Si l’humanité a connu trois pandémies au cours des siècles, notamment la peste noire au Moyen Âge, qui a décimé près de la moitié de la population européenne, elle demeure aujourd’hui un problème de santé publique mondiale, souligne l’Institut Pasteur de Lille. Les récentes épidémies dans les populations humaines ainsi que la réapparition de la maladie dans les régions où elle avait disparu ont d’ailleurs conduit l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à considérer la peste comme une maladie ré-émergente. Autre sujet d’inquiétude, l’émergence de souches de la peste résistantes aux antibiotiques, l’unique traitement contre cette maladie.

Six pays ont connu des cas récents

Entre 1990 et 2020, 50.000 cas de peste ont été enregistrés dans le monde, selon l’OMS. Mais pas de panique, ces foyers restent limités et sont sous surveillance des autorités sanitaires. Plus récemment, entre 2019 et 2025, six pays ont signalé des cas confirmés de peste humaine : la République démocratique du Congo (RDC), le Kenya, Madagascar et l’Ouganda en Afrique, ainsi que la Chine et la Mongolie en Asie.

À eux six, ces pays représentaient précisément 3.847 des 3.860 cas suspects recensés dans le monde, dont 2.646 ont été confirmés, selon les données de l’OMS. Dans ces six pays, il y a eu 423 décès, ce qui correspond à un taux de létalité de 11 % parmi les cas suspects.

La RDC et Madagascar sont les plus touchés

Les 13 autres cas suspects ont été signalés par le Brésil (huit), le Qatar (deux), l’Arabie saoudite (deux) et l’Équateur (un), mais aucun de ces pays n’a finalement confirmé de cas. Le Brésil a également signalé huit décès parmi ses huit cas suspects, mais comme aucun cas de peste n’a été confirmé, ces décès sont exclus de l’analyse du taux de létalité de l’OMS. En Amérique du Sud, le Pérou est un pays d’endémie. Aux États-Unis, la maladie persiste dans l’Ouest, notamment au Nouveau-Mexique, en Arizona et au Colorado. Une région de Russie, frontalière de la Mongolie, la république sibérienne de Touva, a connu également en 2020 des cas de peste bubonique.

La République démocratique du Congo et Madagascar représentent à eux seuls 97,7 % des cas confirmés et 87,7 % des cas suspects qui ont été par la suite confirmés. Ces deux pays présentent des foyers endémiques établis de longue date, rapporte encore l’OMS. En RDC, le principal foyer se situe dans les hauts plateaux de l’Ituri, au nord-est, où des épidémies sont documentées depuis 1928, rapporte encore l’OMS. À Madagascar, la peste est endémique dans les hauts plateaux du centre et du nord, au-dessus de 800 mètres d’altitude, avec une recrudescence saisonnière de septembre à mars.

Notre dossier sur la peste

En revanche, des cas confirmés de peste ont été signalés de manière sporadique en Chine, au Kenya, en Mongolie et en Ouganda. La Chine a rapporté jusqu’à cinq cas confirmés par an et la Mongolie jusqu’à six cas, précise l’OMS. Le Kenya a signalé ses premiers cas confirmés en 2021 et de 2 à 8 cas par an de 2023 à 2025. L’Ouganda a rapporté deux cas confirmés en 2019 et aucun par la suite. La région du Nil occidental, au nord-ouest de l’Ouganda, reste un foyer reconnu de peste où la détection a toujours été épisodique.