Raphaël Collignon est-il le nouveau porte-étendard du tennis francophone ? "Ce n'est pas facile de passer après David Goffin"
Comme David Goffin, Raphaël Collignon est liégeois. Comme lui, il a été formé à Mons, auprès de la fédération francophone. Le départ à la retraite de son compatriote devrait encore renforcer le statut du n° 3 belge. Qui a pris du galon ces derniers mois.
La scène, lunaire, n'a échappé à personne. Mercredi soir, pendant le match de Goffin face au Suisse Rémy Bertola, Collignon apparaît dans un gradin latéral réservé aux accrédités. Un jeune l'alpague, il signe un autographe. Et la vague déferle : au moins trente gamins dévalent les escaliers de la tribune principale quatre à quatre et surgissent en bord de terrain. La cohue est telle que les stewards doivent mettre fin à la récréation.
"J'avais l'impression d'être le roi de la salle, mais c'était peut-être un peu trop, sourit le joueur de 24 ans. C'était même gênant, parce que David était en plein jeu. Je me suis fait engueuler par la sécurité : ils ont dû créer une chaîne pour que plus personne ne puisse m'atteindre. Ils ont bien géré, ça s'est vite calmé. Après, je ne me suis plus levé. Je suis resté sur ma chaise et j'ai regardé le match."
guillementLes gens ne viennent plus seulement car il y a un tournoi, ils se déplacent aussi pour me voir.
Depuis ses exploits de l'an dernier à l'US Open et en Coupe Davis, le regard des gens a changé. "L'an passé, c'était un peu ma rencontre avec le public. Je n'étais pas encore forcément très connu en Belgique. Mais cette année, en revenant à Bruxelles, j'ai vraiment senti que mon statut était différent. Les gens ne viennent plus seulement parce qu'il y a un tournoi : ils se déplacent aussi pour me voir jouer. Oui, on me reconnaît davantage."
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Porte-drapeau du tennis francophone, alors ? "Ce n'est pas facile de passer après David, répond-il. Mais je sens, même au sein de la Fédération, que mon rôle a changé. Quand je m'entraîne à Mons, je me retrouve à côté de tous les jeunes du centre. Dès que je peux donner quelques conseils, j'essaie de répondre présent. J'ai eu aussi une petite conférence il y a quelques semaines avec les élèves du tennis-études, qui m'ont posé pas mal de questions. Je prends ce rôle très à cœur. Quand j'y étais, j'aurais bien aimé pouvoir discuter avec David, s'il avait été toujours là. Moi, j'ai eu la chance d'avoir Steve (Darcis) auprès de moi assez jeune. Et je pense que c'est primordial, pour ceux qui sont à la Fédération, d'avoir quelqu'un à qui se confier, à qui poser des questions."
Et cette notoriété nouvelle, comment la vit-il ? "Quand tu grandis, tu as toujours envie de cette reconnaissance, d'être un exemple pour les jeunes. Ça signifie que tu ne mènes pas trop mal ta carrière. Je reste quelqu'un de simple. J'ai été comme ces petits qui me regardent et veulent des autographes. D'une certaine manière, j'ai toujours voulu ça. Après, il faut apprendre à le gérer. Mais je reste le même, et mon entourage n'a pas changé depuis le début. Je pense que c'est le plus important."
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