Le milieu algérien Yacine Titraoui avait dit non à l’Olympiakos et à un salaire multiplié par dix. Il dira oui à l’Artois. Les Sang et Or tiennent le successeur de Mamadou Sangaré.

Il faut parfois quelques jours pour qu’un mercato bascule. À Lens, tout s’est joué en quarante-huit heures.

Lundi, le Sporting de Charleroi croyait tenir un chèque de 9 millions d’euros venu du Pirée. L’Olympiakos avait poussé fort, un accord entre clubs semblait à portée. Le joueur, lui, a dit non. Malgré une rémunération multipliée par dix, il n’était pas enchanté à l’idée de partir en Grèce. Un refus qui en dit long sur sa méthode : le projet sportif d’abord.

Le RC Lens s’est engouffré dans la brèche. Selon Foot Mercato, un accord verbal a été trouvé entre les deux clubs pour le transfert de Yacine Titraoui. Restent quelques détails administratifs à régler avant l’officialisation.

Colmater la brèche laissée par Sangaré

L’opération répond à une urgence claire. Mamadou Sangaré file à Brentford contre une somme estimée à 48 millions d’euros hors bonus — le genre de vente qui remplit les caisses mais qui vide un entrejeu.

Plusieurs pistes ont été explorées à Lens ces derniers jours. Melayro Bogarde, milieu défensif du LASK, a longtemps tenu la corde en interne. Cristian Cásseres a également figuré sur la liste. Puis le nom de Titraoui a émergé, et il n’a plus quitté le sommet de la short-list.

Le directeur sportif artésien a échangé directement avec le joueur en début de semaine. Depuis, les choses sont allées vite.

Un profil qui colle au projet artésien

À 23 ans, l’international algérien (cinq sélections) sort d’une saison pleine : 42 matchs toutes compétitions confondues, 5 buts, 3 passes décisives. Des chiffres solides pour un milieu qui n’est pas censé être un buteur.

Arrivé du Paradou AC à l’été 2024 pour 1,2 million d’euros, il ne sera donc pas allé au bout de son contrat belge, qui courait jusqu’en 2028 avec une option de prolongation. Charleroi réalise au passage une plus-value confortable.

Pour Lens, il s’agirait de la sixième recrue estivale, après Saud Abdulhamid, Michaël Cuisance, Thorgan Hazard, Maik Nawrocki et Michał Skóraś. Et du troisième joueur venu de Pro League belge, après Hazard et Skóraś. Un axe de recrutement assumé, presque devenu une signature du club.

Le pari de la continuité

On pourrait s’interroger sur le timing — un 31 juillet, à quelques jours de la reprise du championnat, ça sent un peu la précipitation. Ou pas, justement. Voir Lens compenser aussi vite un départ à 48 millions d’euros ressemble davantage à un plan préparé de longue date qu’à un rattrapage de dernière minute.

Reste une question, celle de l’adaptation. Passer de la Pro League à la Ligue 1 n’a jamais été une formalité, et le poste occupé par Sangaré était devenu central dans l’équilibre lensois.

Le vestiaire, lui, connaîtra bientôt la réponse. Bollaert aussi.