Rentrée politique des insoumis et des Ecologistes, guerre commerciale USA-Canada… Cinq infos du week-end
(De gauche à droite et de haut en bas) Matthieu Pigasse et Manuel Bompard aux Amfis, Olivier Faure et Marine Tondelier aux université d’été des Verts, Sandrine Rousseau, Jean-Luc Mélenchon, Cyrielle Chatelain et Mathilde Panot (Montage « Nouvel Obs ». PHOTOS SIPA
• Ecolos et insoumis ont fait leur rentrée politique
La France insoumise a organisé ce week-end ses universités d’été à Châteauneuf-sur-Isère, près de Valence dans la Drôme, qui ont enregistré un afflux de militants inédit ; plus de 10 000 selon les organisateurs. « La victoire est possible », a lancé dimanche Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle du parti, dans une rentrée politique qu’il a voulu placer sous le signe de l’écologie après un été caniculaire et incendiaire.
Les bons sondages de Jean-Luc Mélenchon, donné en tête à gauche, juste derrière Edouard Philippe, poussent les sympathisants LFI, qui espèrent un ralliement des Ecolos, à croire à la victoire en 2027. « Le plus important ce n’est pas le nombre de candidatures, c’est le nombre d’électeurs », a martelé Jean-Luc Mélenchon.
Le week-end a notamment été marqué par un débat entre Matthieu Pigasse et le coordinateur Insoumis Manuel Bompard, durant lequel le banquier d’affaires de gauche (et possible candidat à l’élection présidentielle) a affiché ses convergences avec le parti : « Ce que vous dites à LFI c’est possible, économiquement », a-t-il notamment lancé en évoquant la proposition de Jean-Luc Mélenchon de « foutre au feu » une partie de la dette publique – une « formule » selon son bras droit Manuel Bompard.
A Grenoble, ce sont les Ecologistes qui ont aussi fait leur rentrée : les Verts se sont interrogés ce week-end sur le périmètre de l’union de la gauche, en vue de 2027. « Pour l’écologie, pour l’union », était ainsi le thème de Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti. Le parti est actuellement tiraillé sur la pertinence de la candidature autonome de cette dernière, sondée à moins de 5 %. « Aucune famille politique à gauche n’est en mesure de gagner seule la présidentielle ! », a lancé Marine Tondelier face aux militants. L’union, donc, mais laquelle ? Jusqu’à qui ? Et autour de qui ? La députée Sandrine Rousseau prône une alliance avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, tandis que Yannick Jadot, ex-candidat à la présidentielle et proche de Raphaël Glucksmann, veut un accord avec le social-démocrate. Le week-end n’a pas suffi au parti pour trouver toutes les réponses.
• La fronde des maires contre Patrick Bruel
Mis en examen dans quatre dossiers de violences sexuelles et visés par des dizaines de plaintes, Patrick Bruel doit entamer une tournée de 35 concerts en octobre. Mais de nombreux maires s’opposent à sa venue dans leur ville, et certains ont pris la parole en début de week-end : le chanteur « n’est pas le bienvenu à Montpellier », a écrit le maire de la ville Michaël Delafosse sur son compte X vendredi. « S’il appartient à la justice, dans le respect des droits de la défense, de déterminer les suites des plaintes déposées à l’encontre de Patrick Bruel, les paroles des femmes qui ont déposé plainte doivent être entendues. »
A Caen (Calvados), le maire divers droite Aristide Olivier a prévenu dans un communiqué transmis vendredi à BFMTV qu’il serait « particulièrement attentif aux conditions dans lesquelles se dérouleront les concerts programmés avant celui de Caen », ajoutant qu’il prendrait « toutes les mesures nécessaires », en cas de « risque avéré de trouble à l’ordre public ».
D’autres maires s’étaient déjà, ces dernières semaines ou ces derniers mois, opposés à la venue de Patrick Bruel dans leur ville, dont ceux de Paris, Marseille (Bouches-du-Rhône), Lyon (Rhône), Nancy (Meurthe-et-Moselle), Reims (Marne), Laval (Mayenne) ou Brest (Finistère).
• Zelensky rejette l’idée d’élections en temps de guerre en Ukraine
Quelques jours après l’appel controversé de son ex-ministre de la Défense à ouvrir la voie des élections, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé ce dimanche qu’un scrutin dans le contexte actuel serait dangereux pour le pays. « Des élections maintenant, c’est un tsunami qui fracturerait l’Ukraine », a-t-il insisté.
La question des élections en Ukraine a déjà été soulevée par les présidents russes et américains mais aucun scrutin ne peut être organisé sous la loi martiale, en vigueur depuis le début de l’invasion russe de grande ampleur du pays déclenchée en février 2022 – un conflit qui ne donne aucun signe de prendre fin.
Organiser un scrutin nécessiterait de gérer une multitude d’obstacles comme le vote des militaires mobilisés sur le terrain, celui des millions de réfugiés à l’étranger ou celui des Ukrainiens résidant dans les territoires occupés par Moscou – « impossible », selon Zelensky, tant que le président russe Vladimir Poutine « n’est pas disposé à envisager d’options pour un cessez-le-feu ».
• Les Etats-Unis et le Canada replongent dans un conflit commercial
Les ultimes négociations n’ont servi à rien : après des semaines de pourparlers, le Premier ministre canadien Mark Carney a décidé vendredi soir de mettre fin aux négociations censées empêcher l’entrée en vigueur, à minuit, de nouvelles surtaxes américaines drastiques, dénonçant un « mauvais accord » proposé à Washington. Il a dans la foulée annoncé samedi des mesures de rétorsion visant l’acier ou les produits laitiers américains mais aussi l’industrie du papier, les machines agricoles ou l’électronique – une décision unanimement soutenue par la classe politique canadienne.
La réaction de Donald Trump ne s’est pas fait attendre : « Le Canada veut les avantages d’un État [des Etats-Unis] sans en être un ! ! ! », a écrit le président américain sur Truth Social, ajoutant « Ça suffit ! ! ! »
Le ministre américain des Transports Sean Duffy a de son côté affirmé dimanche que le Canada ne pouvait se permettre un conflit commercial avec les Etats-Unis, dont les effets seraient « dévastateurs » pour lui. « S’imaginer qu’ils puissent entrer en guerre avec Donald Trump et gagner cette guerre avec les Etats-Unis, c’est bête de leur part », a-t-il déclaré sur Fox News.
• La fin du suspense pour Glucksmann
Invité ce dimanche du journal de 20-Heures de TF1, Raphaël Glucksmann a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle. Il a expliqué qu’il voulait « relever la France » et qu’il participera à la primaire du Parti socialiste.
Par Service Actu (avec AFP)