Replacement avec un footballeur pro de l'année unioniste et protégé d'un champion du monde : qui est Lucas Da Cunha, la surprise de Belgique -France ?
Il faut croire qu'il s'est inspiré de son sélectionneur. Si Lucas Da Cunha n'a pas signé un doublé pour sa première sous le maillot de l'équipe de France, contrairement à Zinédine Zidane un soir d'été en 1994, le joueur de 25 ans a su aussi marquer les esprits pour son baptême en Bleu.
"Je suis très content de lui, réagit le mythique coach tricolore. Il a joué comme il l'a fait habituellement, comme je voulais qu'il le fasse, c'est-à-dire en étant libéré et qu'il joue comme dans son équipe."
Pour être honnête, peu de monde l'avait vu auparavant s'exprimer avec Côme, excepté les quelques amoureux de la Serie A. Alors, un ovni a traversé le Heysel ce lundi soir.
Au point de se demander mais qui était donc cette sentinelle de poche (1,74 m) si prompt à marcher sur l'entrejeu belge par sa technique soyeuse, son pressing efficace et ses six récupérations dont sa dernière à la base du but d'Olise ?
Fabregas a tout changé
Le cœur des supporters de l'OGC Nice et du Stade Rennais s'est scindé en deux. Si la fibre patriotique les a poussés à encourager Da Cunha, ils ont peiné à reconnaître le joueur qui avait appartenu à leur club.
Ses apparitions sporadiques, 11 avec les Sudistes et 5 avec les Bretons, résument les errances d'un élément à maturité tardive. Lors de ces maigres apparitions en Ligue 1, le Franco-Portugais errait sur le côté droit, installé comme ailier là où il avait été formé.
"À Come, Cesc (Fabregas) a eu un rôle hyperimportant, confie-t-il. Il m'a mis dans cette position au milieu et depuis, tout a changé pour moi."
Le natif de Roanne omet que lors de sa location à Lausanne durant la saison 2020-2021, Giorgio Contini l'avait déjà positionné dans ce costume, un cran plus bas qu'un certain Cameron Puertas encore loin d'imaginer qu'il deviendrait le footballeur pro de l'année 2024 en Pro League avec l'Union Saint-Gilloise.
Auteur de son premier exercice abouti (27 matchs, 6 buts) en Suisse, le néo-international, lui, ne parviendra pas à confirmer lors de ses six mois passés sur la Côte d'Azur, trouvant un peu d'oxygène à la suite d'un nouveau prêt près des volcans auvergnats.
guillementCe sont des grandes émotions, une grande joie. Il y a quelques années, j'étais en deuxième division.
Nice n'en voulait plus
Le maintien acquis en Ligue 1 avec Clermont ne modifie pas d'un iota son destin niçois. Écarté de juillet 2022 à janvier 2023, Da Cunha tente le pari de rejoindre Côme, anonyme 16e de Serie B à l'époque, où un certain Cesc Fabregas termine sa première vie de joueur, contre un chèque de 400 000 euros.
"J'ai eu le privilège de partager le terrain avec lui lors de ma dernière année. J'ai été témoin de son évolution sur et en dehors du terrain, se souvient le champion du monde 2010 qui en fera son chouchou dès qu'il s'assiéra sur le banc lombard l'année suivante. Son leadership s'est développé au quotidien. Il ne manque jamais un entraînement, fait toujours passer l'équipe en premier et il continue d'évoluer chaque jour."
C'est ce qui a poussé l'Espagnol à le nommer capitaine après l'avoir installé devant sa défense dans son 4-2-3-1, aux similitudes excessives avec le 4-3-3 de Zidane, surtout à la perte du cuir.
L'avantage, avec son passé d'ailier, c'est que Da Cunha est aussi efficace quand il l'a dans les pieds. Ses huit buts lors de la cuvée 25-26 en font l'un des milieux défensifs les plus efficaces de la planète football dans la surface adverse et Senne Lammens n'a pu compter que sur son poteau pour l'empêcher de marquer (53e).
Celui qui a hérité de l'anonyme numéro 27 en équipe nationale a déposé sa carte de visite en se montrant également ô combien disponible pour ses coéquipiers, avec 97 ballons touchés, le deuxième Français le plus sollicité juste derrière les 104 possessions de Maxence Lacroix.
"Ce sont des grandes émotions, une grande joie. Il y a quelques années, j'étais en deuxième division ; aujourd'hui, je me retrouve ici en équipe de France donc ça montre que, quand tu travailles, quand tu ne lâches pas, les choses arrivent, analyse-t-il avec fierté avec tout de même une pointe de regrets. Ma famille n'est pas présente ce soir, mais j'espère qu'elle sera là vendredi."
Avec cette prestation XXL, c'est surtout 60 millions de Français qui voudront qu'il soit à nouveau sur le terrain ce vendredi face à l'Italie.
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