20 Minutes avec AFP

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Publié le 05/10/2026 à 13h55 • Mis à jour le 05/10/2026 à 14h36

Le gouvernement accélère son calendrier pour réduire la présence de cadmium dans les engrais phosphatés. Le seuil autorisé sera ramené à 60 mg par kilogramme de phosphore au 1er janvier 2027, avant de passer à 20 mg/kg en 2030, contre 90 mg/kg actuellement.

Les ministères de l’Agriculture, de la Transition écologique et de la Santé justifient cette décision par les risques sanitaires liés à ce métal lourd, qui peut « s’accumuler durablement dans les sols ». Le nouveau seuil de 20 mg/kg correspond aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Ce métal peut notamment être retrouvé dans des aliments courants comme les céréales, le riz, les biscuits sucrés, les pâtes, le chocolat ou encore les pommes de terre.

Une substance « cancérogène » et « mutagène »

Le gouvernement avait initialement envisagé une trajectoire plus progressive. Un projet présenté au printemps prévoyait de passer à 60 mg/kg en 2027, puis 40 mg/kg en 2030 et enfin 20 mg/kg à l’horizon 2038. L’Anses estimait en 2025 que près de la moitié de la population française avait un niveau d’exposition au cadmium supérieur aux valeurs sanitaires de référence. L’agence qualifie cette substance de « cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction ».

Une exposition répétée à de faibles doses peut avoir « de multiples effets sanitaires », notamment sur les reins, les os, le système respiratoire, le système nerveux, le système cardiovasculaire et la reproduction, selon une analyse de la Haute Autorité de santé publiée en 2024.

Un arrêté publié vendredi fixe également à trois grammes par hectare l’apport annuel de référence de cadmium pour plusieurs catégories de fertilisants à partir de 2027.

Menace de démission

Cette accélération intervient après les « garanties » obtenues en juillet par la ministre de la Transition écologique Monique Barbut auprès d’Emmanuel Macron sur plusieurs dossiers environnementaux, dont la baisse du cadmium. La ministre avait alors menacé de démissionner après l’adoption du projet de loi d’urgence agricole, qui prévoyait notamment de faciliter la réintroduction de certains pesticides.

En juin, les députés avaient déjà largement adopté une proposition de loi écologiste visant à limiter l’exposition au cadmium. Le texte avait été voté contre l’avis du gouvernement, qui défendait alors un calendrier moins rapide, notamment au nom de la compétitivité et de l’approvisionnement de l’agriculture française.