l'essentiel C'est une étape décisive pour la mise à 2x2 voies de la RN 21 entre Tarbes et Lourdes : l'État vient de délivrer l'autorisation environnementale pour cette déviation de 6 km. Mais entre amiante naturel, protection des zones humides et mesures compensatoires, les automobilistes devront encore patienter plusieurs années avant de profiter de cette nouvelle route, dont le coût atteint 76 millions d'euros.

C'est une étape importante qui vient d'être franchie pour le projet de mise en 2x2 voies de la déviation d'Adé sur la RN 21.

L'État vient de délivrer l'autorisation environnementale unique pour cette nouvelle voie rapide de 6 km qui devrait fluidifier la circulation entre Tarbes et Lourdes mais aussi faciliter l'accès avec l'aéroport et le futur hôpital commun de Lanne. Pour autant, les automobilistes devront encore patienter.

Les premiers coups de pelle ne sont pas pour demain et le calendrier reste conditionné à plusieurs étapes préalables, comme le précise la préfecture des Hautes-Pyrénées : "L’année 2027 sera d’abord consacrée à la mise en place des mesures compensatoires environnementales prévues par l’arrêté préfectoral d’autorisation environnementale du 2 octobre 2026.

Cette étape nécessite notamment l’accord des propriétaires concernés. Une fois les marchés de travaux attribués et les financements finalisés, le chantier pourra démarrer. La durée des travaux est estimée entre trois et quatre ans". Au bout du compte, les usagers ne devraient donc pas pouvoir emprunter cette nouvelle infrastructure avant 2032.

Amiante naturel, faune et zones humides : un chantier sous haute surveillance

L’arrêté préfectoral encadre strictement les conditions de réalisation du projet. Plusieurs enjeux environnementaux doivent être pris en compte, à commencer par la présence d’amiante naturel sur le secteur d’Adé. La préservation de la faune, les déplacements des animaux, la nidification des oiseaux, les captages d’eau et les zones humides figurent également parmi les points de vigilance.

"L’arrêté préfectoral du 02 octobre 2026 impose un ensemble de mesures environnementales au maître d’ouvrage, rappelle la préfecture. Elles concernent à la fois l’évitement, la réduction et la compensation des impacts afin de préserver les milieux naturels, la faune, la ressource en eau et de garantir une gestion adaptée des matériaux concernés, notamment l’amiante naturel identifié sur le secteur d’Adé".

Le franchissement de la zone de Saux "représente un enjeu environnemental important" selon la préfecture. La principale zone humide du tracé, à l'entrée de Lourdes, nécessite la construction d'un viaduc de 114 m de long, en plus de nombreux aménagements routiers, "parmi lesquels un demi-échangeur à Marquisat, un point d’échange avec la RD3 au niveau d’Adé et un giratoire de raccordement au sud, appelé giratoire de Lourdes".

Autre difficulté majeure : la présence d'amiante naturel révélée par des études géologiques en 2014 sur l'éperon rocheux de Cambidos, au-dessus d'Adé, a également bouleversé le calendrier du projet. Un protocole strict est prévu pour le traitement des 9 000 m2 d'amiante naturel.

L'accouchement douloureux d'un projet à 76 millions d'euros

Déclarée d’utilité publique dès 2002, la mise à 2x2 voies de la déviation d’Adé a accumulé les obstacles, entraînant des retards et une hausse des coûts. Le financement repose à 54,08 % sur l’État. La Région et le Département des Hautes-Pyrénées prennent chacun en charge 23 % du montant, soit 17,48 millions d’euros. « L’objectif du maître d’ouvrage est de maintenir le coût du projet dans l’enveloppe prévue de 76 millions d’euros », indique la préfecture.

En janvier 2025, le collectif Cambidos debout s’était indigné du coût du projet au regard du bénéfice attendu sur "l’engorgement routier aux abords de Tarbes et de Lourdes qui perdurera voire sera accentué. C’est l’une des routes les plus onéreuses de France, ceci pour gagner 6 à 7 minutes".

Pour l’État, au contraire, "à terme, la déviation réduira le trafic de 90 % dans les traversées d’Adé et de Saux, et permettra un gain de temps de 8 minutes, entre Tarbes et Lourdes, à l’horizon 2035. Ce projet vise à réduire les nuisances liées à un trafic de 18 000 véhicules par jour et à sécuriser cet axe stratégique".