Rugby – Nationale : "Les joueurs ont passé quasiment quatre semaines où ça a été très dur", Michaël Dallery, le nouveau souffle de l’US Carcassonne
Relégués en Nationale, les jaune et noir ont enregistré à l’intersaison l’arrivée d’un nouveau staff parmi lequel un directeur de la performance venu du Pays Basque.
Michaël Dallery est un globe-trotter du sport. Un véritable baroudeur, passionné de l’effort physique et du combat. Et si à 33 ans justes sonnés, le 11 juin dernier pour être précis, il a beaucoup bourlingué, il a également considérablement pratiqué. Judo, football, rugby, de Bayonne à Bucarest en passant par Anglet, Biarritz, Limoges, St-Nazaire, Hendaye, St-Palais ou encore Pau, il a aussi énormément roulé sa bosse.
Pour tout autant d’ailleurs d’expériences enrichissantes. Car comme tout le monde sait, les voyages forment la jeunesse. Et plutôt bien d’ailleurs. Pour preuve, Michaël Dallery présente un parcours séduisant et un CV long comme le bras. Un temps judoka, puis gardien de but, pilier, préparateur physique, entraîneur-joueur, il a même souvent usé d’une double casquette avant de se spécialiser.
Un personnage entier
En fait, Michaël Dallery n’a jamais brûlé les étapes. L’international U18, U19, U20, puis en équipe nationale espagnole qu’il fut, a patiemment gravi tous les échelons jusqu’à arriver dans l’encadrement… Il participe notamment à la préparation de la coupe du monde de l’équipe de France militaire en 2019 au Japon et intègre l’encadrement de l’équipe du Portugal de septembre 2020 à octobre 2023 (Ndlr : qualification puis première victoire en Coupe du monde contre les Fidji à Toulouse).
En 2023, il est nommé directeur de la performance de la sélection roumaine et en juin 2024, manager général et entraîneur des avants du Lons Section Paloise rugby féminin… pour lequel il arrivait au terme de sa mission. "Je n’avais pas d’équipe forcément à entraîner. J’avais dit à la Section que c’était quoi qu’il arrivait ma dernière saison", alors, quand Joël Rey l’appelle pour lui proposer de le rejoindre à Carcassonne, "ça a accroché tout de suite." Et il accepte. "J’entraîne depuis que j’ai 18 ans. Donc là, je vais arriver à un parcours où au final je commence à entraîner plus longtemps que ce que j’ai joué."
Depuis près d’un mois, celui que Joël Rey a présenté comme un rude est pleinement lancé dans le projet reconquête de l’US Carcassonne. "Rude, je ne sais pas. Je pense que je suis entier, ça c’est sûr. C’est vrai que je sors peut-être un peu du cadre de cet aspect de la préparation physique moderne. Et j’étais un joueur quand même assez rude et assez rustre, confie le préparateur physique. Dans le cadre de la préparation, il faut aujourd’hui que les joueurs s’amusent, qu’ils prennent du plaisir, qu’ils touchent du ballon… mais il y a des fondamentaux qu’on a tendance je pense à oublier, c’est qu’au bout d’un moment, on doit développer des athlètes et des joueurs de manière physiologique. Et malheureusement, en ne faisant que du rugby… La préparation que l’on met en place nous ressemble aussi. C’est-à-dire que l’on met aussi beaucoup de combat, parce que ça, c’est un aspect qui me tient à cœur, et je pense que tous ceux qui ont joué au rugby ou qui jouent encore au rugby seront d’accord avec moi".
"On a la chance d’avoir un groupe très travailleur et c’est sa force"
Depuis quelques semaines déjà, voilà donc les athlètes carcassonnais régulièrement confrontés aux "tortures" de Michaël Dallery. "Honnêtement, on bosse vraiment bien. Je suis vraiment très content. On a fini le premier bloc ce matin (mardi dernier). Les joueurs ont passé quasiment quatre semaines où ça a été très dur. La période est volumineuse, on l’appelle d’ailleurs bloc de volume. Mais on leur a expliqué pourquoi on faisait ça. On leur a expliqué les objectifs : faire remonter un petit peu toutes les métriques d’intensité et surtout les reconstruire pour être prêt sur ce deuxième bloc qui arrive, analyse-t-il. Un deuxième bloc au cours duquel on va vraiment peaufiner notre préparation au début de saison. On a la chance d’avoir un groupe très travailleur et c’est sa force."
Quant aux attentes de Michaël Dallery dans cette aventure audoise ? "C’est déjà de retrouver du plaisir avec le groupe. Car je ne cache pas que cette dernière période avec la Roumanie a été quand même assez compliquée à vivre. Alors pas du tout par rapport au staff, parce qu’il était absolument génial, mais tout le contexte autour qui me pesait et m’a fait prendre la décision d’arrêter, explique le directeur de la performance. J’ai aussi hâte de voir comment les mecs vont évoluer. Enfin, je suis très content d’être ici, je suis entouré de supers mecs : Joël Rey, Yannick Osmond, Mehadji Tidjini, Sylvain Charlet, Julien Montserrat, Yoann Ramirez et Nils Tomé-Pons. D’ailleurs, on a tous vraiment mérité nos quelques jours off car tout le monde a très bien travaillé."