Sa Gillet de 1936 a fait le Circuit des Ardennes sans aucun pépin : "Le gros stress, c'est de trouver une station-service à temps"
À Bastogne, dimanche après-midi, les quelque 80 voitures et motos anciennes engagées dans le Circuit des Ardennes ont rejoint le centre-ville après deux jours de balade sur les routes de la région. Parmi elles, une Gillet Herstal de 1936. À son guidon, Julien Clarenne, de Sprimont (Sainte-Ode), vient de boucler sa deuxième participation à l'épreuve. L'an dernier, un problème technique l'avait contraint à abandonner dès le samedi soir. Cette fois, la vieille mécanique l'a accompagné jusqu'au bout. "Cette année, tout s'est bien passé, explique-t-il. Samedi, c'était très long, avec beaucoup de kilomètres. Heureusement qu'il y avait quatre arrêts. Les moteurs chauffent beaucoup, donc il faut ralentir et s'arrêter pour les laisser refroidir avant de repartir". À cela se sont ajoutés les aléas du parcours, avec quelques chaussées particulièrement cabossées. Et puis, avec une machine de cet âge, il faut savoir composer. La petite capacité du réservoir a notamment obligé Julien à improviser quelques détours. "Samedi, j'ai fait environ cinq kilomètres en plus et aujourd'hui, j'ai dû faire un détour de dix à quinze kilomètres pour trouver une pompe, explique-t-il. Il fallait arriver à la station et c'était stressant. J'y suis arrivé, j'ai repris le sens inverse, je me suis remis dans le circuit et hop, je suis reparti. Au niveau de l'organisation, tout était parfaitement rôdé".
Une passion présente depuis longtemps
Cette petite aventure résume bien ce qui fait le charme de la balade organisée ce week-end par le Royal Automobile Club de Spa. Ici, pas question de vitesse : l'objectif est avant tout de faire revivre l'histoire du Circuit des Ardennes, considéré comme l'ancêtre de Spa-Francorchamps, au volant de véhicules construits entre 1907 et 1976. Julien, qui connaît bien la région, a pu compter sur son expérience pour trouver son chemin, même s'il reconnaît qu'il aurait pu se perdre à certains endroits. Sa Gillet, elle, est surtout l'aboutissement d'une passion de longue date. "La mécanique, l'automobile et les motos, ça fait au moins une quinzaine d'années, raconte-t-il. Il y a quatre ans, j'ai enfin pu m'offrir cette moto belge dont je rêvais. Il y avait vraiment beaucoup de travail à faire dessus. J'ai récupéré le moteur et ça n'a pas été facile".
Aujourd'hui, le plaisir est à la hauteur des efforts consentis. "Là, maintenant, elle est vraiment nickel et j'en profite. Je la sors d'ailleurs régulièrement pour une promenade ou une concentration. La conduite n'est pas rapide, mais il y a une vraie nostalgie. On est plus bas qu'avec une autre moto, les vitesses sont à la main, on sent le bruit du moteur. C'est vraiment spécial par rapport à une moto moderne".
Le niveau d'essence se fait à l'œil
Cette âme se retrouve jusque dans les plus petits détails. Sur une Gillet de 1936, pas question de consulter une jauge électronique pour vérifier le niveau d'essence. "Il n'y a pas de jauge. On ouvre le réservoir et on regarde. On a vraiment le robinet avec la réserve. Une fois qu'on arrive à la réserve, on sait qu'il reste encore deux litres. C'est vraiment à l'œil et à la connaissance de la moto", explique le passionné. Avec une consommation de sept à huit litres pour un réservoir d'environ neuf litres, mieux vaut donc ne pas trop s'éloigner des stations-service.
Une contrainte qui fait partie du charme de ces mécaniques anciennes, où chaque détail compte et où il faut connaître sa machine sur le bout des doigts.
À Bastogne, Julien a également pris le temps d'échanger avec les visiteurs venus admirer ces anciennes mécaniques. "Beaucoup de personnes présentes à Bastogne sont nostalgiques, autant pour les voitures que pour les motos, souligne-t-il. Elles ont connu l'époque où il y en avait beaucoup plus". C'est sans doute là que réside une partie de l'intérêt de ce rendez-vous ardennais : permettre aux passionnés de prendre la route, mais aussi aux spectateurs de retrouver, le temps d'un week-end, des sensations et des souvenirs d'une autre époque.
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