La troisième édition de la fête des arts et spectacles vivants de Saint-Amarin a débuté ce dimanche 26 juillet par une dictée du certificat d’études de 1916 proposée au musée Serret par son conservateur, Christian Kaemerlen. Nous nous sommes glissés dans la salle de classe…

Sophie Charton -

Aujourd’hui à 07:15

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Une dictée du certificat d’études de 1916 a été donnée à des visiteurs du musée Serret de Saint-Amarin, afin de mettre au défi leurs connaissances orthographiques et grammaticales.  Photo Vincent Voegtlin
Une dictée du certificat d’études de 1916 a été donnée à des visiteurs du musée Serret de Saint-Amarin, afin de mettre au défi leurs connaissances orthographiques et grammaticales.  Photo Vincent Voegtlin

Le public commençait à se presser devant la porte du musée Serret ce dimanche matin quand la cloche a sonné, marquant la fin de la récréation… et le début de la dictée proposée par Christian Kaemmerlen, à laquelle j’avais choisi de participer. Nœud papillon et moustache en avant, l’ancien proviseur du lycée Scheurer-Kestner de Thann a tout d’abord remis le texte, tiré d’un manuel d’histoire de 1913 dans son contexte : 1916, les combats sur le Hartmannswillerkopf faisant rage, 163 élèves principalement de la vallée de la Thur ont dû, pour des raisons de sécurité, être déplacés jusqu’à Rupt-sur-Moselle afin de passer les épreuves du certificat d’études. Et si la vallée de Saint-Amarin était déjà française, n’oublions pas que ces enfants sortaient de plus de 40 ans d’annexion allemande. Et c’est d’ailleurs le thème choisi pour cette dictée, à laquelle de grands enfants se sont frottés ce dimanche.

Un texte tiré d’un manuel d’histoire

Installés sur des chaises en bois, dans une salle de classe reconstituée, armés de stylos et de feuilles de papier, nous formions la première salve d’élèves, majoritairement des femmes. Têtes baissées, concentrés, appliqués. Tandis que certains, la tête dans les mains, semblaient chercher la conjugaison cachée dans les tréfonds de leur mémoire, je tentai un regard aussi discret qu’inefficace vers la copie de ma voisine. Christiane, 73 ans, et Brigitte, 67 ans, avouent avoir aimé participer. « Ce n’était pas très compliqué, malgré quelques pièges. Mais c’était vraiment bien de se remettre dans l’ambiance d’une salle de classe ! » Le texte d’Ernest Lavisse, tiré d’un manuel d’histoire et tirant à boulets rouges sur l’annexion allemande, nous a ramenés, le temps d’une dictée, 110 ans en arrière.