Saint-Désert. « Ça drague à tout âge » : le Looping fête ses 30 ans
« C’est la famille »
C’est avec beaucoup d’affection que Fabien Sicard parle des habitués du Looping, le dancing de Saint-Désert dont il est le propriétaire. « Je les vouvoie par respect, mais j’aime discuter avec eux, prendre de leurs nouvelles. » Et il aime également les faire danser au son des orchestres, de l’accordéon et de la musette.
Son établissement fête ses 30 ans, samedi, dimanche et lundi ( lire par ailleurs ). Et le patron a vu défiler de nombreux clients depuis septembre 1996, mais aussi « des couples se former et se défaire », des histoires d’amour… « Ça drague à tout âge, sourit Fabien Sicard. C’est un peu le but des bals montés. »
DJ à 15 ans
C’est d’ailleurs avec ces bals que l’histoire du Looping commence. À 15 ans, il est déjà DJ. On fait parfois appel à lui pour animer des soirées dans des bals itinérants du secteur. « Il y avait de la musique, des bières, du blanc limé et des bagarres », rigole celui qui officiait à 13 ans dans les boums dans les garages de ses amis.
Et puis, un hiver, le bal monté se fixe durant quatre mois à son emplacement actuel de Saint-Désert. Mais rapidement, « la cohabitation avec le voisinage est devenue infernale, rembobine le patron, le maire de l’époque a dit stop ». Fabien Sicard rachète pourtant l’entreprise à Roland Nectoux en mars 1995 et propose alors de faire musette les dimanches et les lundis. En septembre 1996, le Looping devient totalement fixe et stoppe les soirées du samedi soir. En parallèle, Fabien Sicard arrête petit à petit les bals itinérants pour investir à Saint-Désert.
Le Looping s’est agrandi et s’est transformé en dur durant ces dernières années. Photo fournie par Fabien Sicard
« On a mis l’eau, les égouts… On a tout aménagé. Trois ans plus tard, on a ajouté de véritables toilettes et une réserve au bâtiment. Les clients ont apprécié et cela a fortement augmenté leur nombre. C’est vrai que jusqu’alors, il n’y avait que des toilettes pas très confortables. »
Jusqu’à 450 personnes les lundis
En 2002, une terrasse apparaît. Elle est couverte en 2004 et la surface du bâtiment est alors d’environ 400 mètres carrés au total.
« À l’époque, on accueillait entre 200 et 300 personnes tous les dimanches et lundis », assure le patron. Finalement, le dancing rouvre aussi le samedi soir [NDLR : aujourd’hui des soirées disco] et continue de s’agrandir.
« En 2011, on avait plus assez de place. On faisait 200 personnes les dimanches et 450 les lundis en moyenne. On a alors agrandi avec ce qui est aujourd’hui l’entrée actuelle et le bar. En 2016, tout était en dur, on a refait le toit du bâtiment de la même forme qu’un bal monté pour garder l’ambiance. On a une surface de 670 mètres carrés aujourd’hui. »
« On a fait danser les gens avec des masques »
Et puis arrive le Covid. Entre mars 2020 et avril 2022, le Looping connaît, à l’instar des autres établissements de nuit, 16 mois de fermeture. « Au début, on a fait de l’entretien, du bricolage, et puis, on a attendu, attendu, attendu… J’ai fini par aller bosser chez un ami frigoriste. Quand on a rouvert, c’était l’enfer. On a fait danser les gens avec des masques, il fallait prendre leur numéro de téléphone en cas de cluster… Ça a freiné les clients. C’était abracadabrantesque. La fréquentation a bien baissé. »
Depuis, elle a encore du mal à revenir aux niveaux d’avant le Covid. Mais Fabien Sicard ne se laisse pas démoraliser. Il prévoit de s’agrandir encore en créant une nouvelle réserve, des nouveaux sanitaires, un fumoir, une cuisine… Il a déposé un permis de construire pour 200 mètres carrés de plus.
« Et je vais continuer avec les repas du jeudi. Cela fonctionne bien. Les gens savent qu’ils peuvent venir pour une journée manger et danser. Et pourquoi pas aussi en faire davantage à la période de Noël. J’ai de la demande. »
Les repas organisés par le Looping ont beaucoup de succès. Photo Renaud Lambolez
« Je ne veux pas finir vieux croulant »
Quand on lui demande s’il espère fêter les 40 ans du Looping, celui qui va sur ses 49 ans rigole : « Non, je ne veux pas finir vieux croulant. Je suis fier de ce qui a été accompli ici. On connaît le Looping partout en France, même en Bretagne. Cet été, sur l’île d’Oléron, par exemple, ma mère en a entendu parler. Les gens viennent de loin pour danser ici. Mais je n’ai plus vraiment le feu pour durer des années. Le Looping n’est pas officiellement à vendre, mais si on m’amène un chèque, je l’examinerai avec attention. »
Feu d’artifice, orchestre, DJ… C’est parti pour trois jours de fête
Le Looping va fêter ses 30 ans en grande pompe. Fabien Sicard et son équipe ont prévu trois jours de fête.
Elle commence samedi 5 septembre à 15 heures avec un orchestre musette et accordéon. Il sera sur scène jusqu’à 21 heures.
« Ensuite, c’est mon tour pendant une heure le temps qu’un autre orchestre, rockabilly cette fois, se mette en place. Il commencera à jouer après le feu d’artifice, à 22 heures ».
Pour clôturer la première journée, un DJ disco prendra le relais entre minuit et 4 heures.
Dimanche 6 septembre, trois orchestres se relaieront entre 14 h 30 et 19 h 30, notamment avec la venue de Damien Poyard. Attention, il faut réserver pour cette journée.
Enfin, lundi, trois autres orchestres seront sur scène entre 15 heures et 21 heures avant qu’un DJ se mette aux platines jusqu’à minuit.