Sanctions contre les colonies israéliennes: au-delà des annonces, un impact incertain pour ces mesures
Douze pays, dont le Royaume-Uni, la France, le Canada, l'Espagne ou encore la Suède, ont annoncé mardi 8 septembre des mesures visant le commerce avec les colonies israéliennes. La démarche vise à faire pression sur Israël, face à la recrudescence des violences des colons et à l'extension des colonies, mais on peut s'interroger sur les effets de la mesure annoncée.
Publié le : 08/09/2026 - 22:49Modifié le : 08/09/2026 - 23:03
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Colère et mesures de rétorsion israéliennes après les sanctions sur les produits venant des colonies de Cisjordanie occupée. L'État hébreu annonce la fermeture du consulat britannique à Jérusalem. La rapidité et l'intensité de la réponse israélienne montrent que le gouvernement n'a aucune intention de changer d'attitude. Rien de surprenant de la part d'une coalition qui promeut la construction dans les colonies et qui permet aux colons violents d'agir dans la plus grande impunité.
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En outre, les sanctions annoncées ce mardi seront difficiles à appliquer. Leur impact économique s'annonce donc incertain. C'est avant tout un message politique qu'adressent les douze pays qui cibleront les produits des colonies. Un message qui peine à fédérer : l'Union européenne, par exemple, reste divisée sur l'attitude à adopter vis-à-vis du gouvernement israélien. Seule une poignée de pays membres ont choisi de sanctionner le commerce avec les colonies israéliennes. Une mesure pourtant conforme au droit international qui rappelle sans cesse que la colonisation est illégale.
Ces dernières années, des sanctions – déjà – ont visé des colons violents et des organisations les soutenant. Sanctions européennes, britanniques ou encore canadiennes... Force est de constater qu'elles n'ont en rien freiné la recrudescence d'attaques contre des civils palestiniens en Cisjordanie occupée.
Un impact réel ?
Il est aussi difficile de savoir si ces mesures auront un impact réel, car selon un rapport publié en juin, Israël parvient à dissimuler les produits issus des colonies dans l’ensemble de ses exportations vers l’UE grâce à « un système complexe » et frauduleux. Actuellement, les produits issus des colonies israéliennes ne font l'objet d'aucune interdiction générale d'entrée dans l'Union européenne, mais ne bénéficient pas des avantages tarifaires de l'accord commercial UE-Israël. Les produits agricoles, eux, doivent être clairement étiquetés, mettant ainsi le secteur agricole en première ligne face à ces futures sanctions.
L'an dernier, l'Union européenne a importé environ 1 milliard d'euros de produits agroalimentaires d'Israël, mais aucun chiffre officiel ne précise la valeur exacte des produits provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie. Selon une estimation fournie par le gouvernement israélien à la Banque mondiale et datant de 2011, ils représentaient à l’époque un peu plus de 2 % des exportations israéliennes à destination de l'Europe.
Les exportations vers l'Europe, une source significative de revenus pour les colonies
Mais ces chiffres apparaissent nettement sous-évalués, selon l'enquête menée par L'ONG Global Echo. Dans un rapport publié en juin dernier et intitulé « Importing Occupation », l'ONG a analysé les documents d’exportation de près de 6 000 cargaisons de produits agricoles à destination de l’Europe entre 2017 et 2026. Le résultat est sans appel : plus de 17 % contenaient des produits originaires des colonies. Preuve que les exportations vers l'Europe représentent une source significative de revenus pour les colonies israéliennes.
Reste à savoir si ces futures sanctions pourront être réellement appliquées, alors que le même rapport documente « un système complexe » et frauduleux par lequel certains de ces produits entrent sur le marché européen EN étant étiquetés comme des produits provenant d'Israël.