Sébastien Delogu accusé d’avoir insulté des policiers, ce que l’on sait
Des policiers de Marseille ont porté plainte contre le député Insoumis pour « outrage ». Delogu, qui conteste les faits, a de son côté déposé plainte pour « violences volontaires ».

MIGUEL MEDINA / AFP
Sébastien Delogu photographié lors d’un meeting à Marseille le 7 mars.
Sébastien Delogu est visé par une plainte pour « outrage » déposée par trois policiers marseillais après une intervention dans le 2e arrondissement de Marseille, lundi 24 août, selon les informations de BFMTV. Le député LFI des Bouches-du-Rhône a de son côté annoncé déposer plainte contre ces mêmes agents.
Les faits se sont produits alors que les agents du Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun (SISTC) intervenaient dans le cadre d’une enquête sur le vol d’une montre de luxe. Les policiers recherchaient l’auteur présumé dans le 2e arrondissement, où réside Sébastien Delogu.
· Les policiers dénoncent des propos outrageants de la part du député
Selon la plainte des trois fonctionnaires, Sébastien Delogu se serait « opposé à la progression des policiers en s’interposant physiquement ». Les policiers lui reprochent ensuite des propos qu’ils considèrent comme outrageants.
D’après leur version rapportée dans un premier temps par BFMTV, le député aurait notamment lancé : « La République, c’est moi ! » Une phrase prononcée par Jean-Luc Mélenchon en 2018, alors qu’on lui refusait l’accès aux locaux de son parti en raison d’une perquisition de la police. Selon RTL, les fonctionnaires affirment également que le député les aurait traités de « trous du cul ».
L’équipage aurait déposé plainte dès son retour au poste. Quant au voleur présumé qui était à l’origine de leur opération, il a finalement pu être interpellé.
· Delogu conteste les faits et porte plainte pour « violences volontaires »
Par l’intermédiaire de son avocat, Sébastien Delogu conteste les accusations. Me Yonès Taguelmint explique à BFMTV que son client aurait croisé un homme, qui était en civil, et qui n’aurait pas immédiatement indiqué qu’il était policier. Sébastien Delogu dit avoir « demandé à ce monsieur son identité » puisqu’il n’était « pas résident de l’immeuble » et « particulièrement agité ». L’homme lui a répondu qu’il appartenait à la police, mais « il n’était pas en uniforme et ne portait aucun signe distinctif apparent », affirme-t-il.
L’élu assure également que « les propos rapportés par les policiers ne sont pas les siens » et affirme que le député a été bousculé. Il accuse l’un des policiers de l’avoir insulté et d’avoir exercé une poussée contre lui. Le député affirme notamment que le fonctionnaire lui aurait dit qu’il était « une merde », qu’il « puait de la gueule » et qu’il était normal que « tout le monde » le déteste, selon les informations de La Provence.
Son avocat précise que « la préfète a été immédiatement appelée hier au moment des faits » et qu’« un courrier a été adressé ce matin même ». Il a également annoncé que Sébastien Delogu doit déposer plainte auprès du procureur de Marseille contre X pour « violences volontaires et faits commis par des personnes se présentant comme fonctionnaires de police ».
· Une enquête de flagrance ouverte
Après le dépôt des plaintes, une enquête de flagrance a été ouverte par le parquet de Marseille, a confirmé le parquet à RTL. Cette enquête doit notamment permettre d’établir précisément le déroulement de l’altercation et de confronter les différentes versions.
De son côté, Sébastien Delogu a demandé à la préfète déléguée une enquête sur ces faits, l’identité des agents de police concernés et la saisie de l’IGPN.
Des images de vidéosurveillance de l’immeuble ont été consultées par La Provence. Elles permettent notamment de voir le policier en civil présent sur les lieux, mais elles ne permettent pas d’établir les échanges verbaux entre les protagonistes.