« On parle de milliards d’euros » : Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, syndicat agricole dominant, a appelé samedi 8 août à un « choc de réactivité » pour aider les agriculteurs qui font face à une « catastrophe » inédite, entre canicules, sécheresse et incendies.

Le gouvernement a annoncé mercredi un « plan global » pour ne laisser « aucun agriculteur seul » avec des « mesures d’urgence en faveur de la trésorerie des exploitations, des prises en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation, ainsi que des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées ».

« On parle de milliards d’euros (…) Nous attendons de savoir comment sera chiffré ce grand plan », a réagi Arnaud Rousseau sur franceinfo, avant un déplacement lundi dans l’Aveyron.

« Nous vivons une catastrophe climatique d’une ampleur que nous n’avons jamais vue en agriculture sur une telle durée, nous avons besoin d’une réponse gouvernementale inédite (…) s’il existe un certain nombre d’assurances, on sait parfaitement qu’elles ne pourront pas prendre en compte un tel niveau de sinistralité », a-t-il ajouté, comparant la sécheresse actuelle à celle de 1976.

Comme le gouvernement, il a précisé qu’il faudrait attendre la fin du mois d’août pour avoir des chiffres « robustes » mais estimé que certains avaient besoin d’une aide d’urgence, notamment dans les zones défavorisées où la terre est moins riche : « Je pense au colza qui doit se semer dans les semaines qui viennent. Et au regard de la situation des sols, il n’en est pas question ».

Le ministère de l’agriculture a aussi annoncé des adaptations de la gestion de l’eau pour permettre un meilleur accès aux agriculteurs mais n’a pas donné de détails.

« Survivre à cette crise »

Arnaud Rousseau a affirmé que le premier ministre, Sébastien Lecornu, l’avait convié début septembre à une réunion à Matignon. « Nous ne pouvons pas, dans ce contexte, tenir avec des formules classiques. Nous avons besoin d’un choc de réactivité », a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’adaptation au changement climatique des exploitations, il a affirmé qu’elle était en cours et demandait du temps mais qu’avant « de parler du moyen et du long terme, encore faut-il survivre à cette crise et passer le court terme ».

Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, avait prévenu mercredi que le plan du gouvernement était trop « léger ». Le syndicat réitère samedi dans un communiqué le besoin d’un « plan massif et immédiat d’injection de trésorerie dans les exploitations » et un « plan hydraulique national » pour stocker plus d’eau.