Seingbouse. « Nos vaches souffrent de la chaleur » : l’été caniculaire touche de plein fouet l’élevage de la famille Kirch
L’été caniculaire et la sécheresse n’épargnent pas le Gaec Kirch, exploitation familiale classée bio dans le village de Seingbouse. Les vaches souffrent de la chaleur, les prés sont grillés par le soleil et les conditions de travail rendues plus difficiles. Malgré tout, les éleveurs tentent de s’adapter à cette météo inédite pour maintenir leur niveau d’activité, unique ressource pour leurs familles.
Le Républicain Lorrain -
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Des vagues successives de canicule et une sécheresse aussi forte, Jean-Michel Kirch n’avait jamais connu ça. L’agriculteur est gérant depuis 2006 de la ferme familiale située à Seingbouse, avec son frère Christophe. L’exploitation avait été lancée en 1976 par leur père, Bernard Kirch. Elle est classée bio et s’étend sur 320 hectares. La fratrie possède 350 vaches pour la production de lait et cultive des céréales pour nourrir les bêtes.
« Les vaches souffrent de la chaleur »
Mais, depuis le début du printemps, la météo qui s’abat sur le pays laisse peu de répit aux éleveurs. « En mai déjà, on manquait de pluie. On a récolté un tiers de foin en moins par rapport à l’an dernier », explique Jean-Michel Kirch. « Avec la chaleur et le soleil, tout a grillé. Et comme nous sommes en agriculture bio, on ne peut pas compenser avec des engrais. » Les canicules qui sévissent depuis le mois de juin n’ont rien arrangé. « Aujourd’hui, les sources d’eau se sont asséchées », poursuit l’éleveur. « Nous avons dû effectuer un branchement sur le réseau de la ville. Ce n’était jamais arrivé en cinquante ans. »
Face à ces conditions inédites, la famille Kirch s’adapte comme elle peut pour maintenir le niveau d’activité. Jean-Michel Kirch a bricolé un brumisateur qu’il a installé dans le hangar pour rafraîchir les vaches qui souffrent de la chaleur. « Ce n’est pas facile pour elles, elles ont du mal à supporter les températures trop élevées. Au-delà de 30 degrés, ça devient compliqué. Et on dépasse largement ce seuil ces dernières semaines… On les garde à l’intérieur car dehors ce n’est pas supportable. » Et avec cette chaleur à combattre, les vaches produisent moins de lait : 20 litres par jour cette année contre 24 en temps normal.
À cause de la sécheresse, l’herbe a déjà complètement grillé sur des hectares entiers. Les terrains sont inexploitables. Photo Gaëlle Krähenbühl
Des pertes chez les veaux
La nourriture fraîche, issue de la production du Gaec, manque également. « On leur donne des bottes enrubannées qui sont normalement dédiées à la période hivernale et sont de moins bonne qualité. » Résultat : le lait produit par la vache est moins bon et manque de colostrum, un élément indispensable aux veaux pour les protéger contre certains microbes. Depuis le début de l’été, quatre veaux sont morts. Et la période de vêlage bat son plein. « On envisage de vacciner ceux à naître pour mieux les protéger », dit Jean-Michel Kirch. Deux pertes sont aussi à signaler chez les vaches. Elles ont chuté dans le hangar et ont péri des suites de leurs blessures. « Ce sont des animaux très sensibles aux chutes, et sur le sol dur, ça ne pardonne pas. À cette période, elles ne sont pas censées être là mais plutôt dans les prés à paître l’herbe… » Alors, elles sont sorties le soir vers 22 h, quand l’air est plus frais.
Les agriculteurs ont déjà puisé dans les réserves d’hiver pour nourrir les vaches. Photo Gaëlle Krähenbühl
« Cette année est vraiment particulière », résume Jean-Michel Kirch. « Nous n’avons jamais connu autant de vagues de chaleur successives et la sécheresse en même temps. C’est difficile à la fois pour nos bêtes, pour nous mais aussi pour le matériel, qui surchauffe. On fait tout pour s’adapter, nous n’avons pas le choix, car on ne vit que de ça. On cherche des plantes qui supporteront mieux la chaleur pour les années à venir. Et nous restons optimistes. La pluie viendra. »