Sera-t-elle finalement déboulonnée ? La plus haute juridiction va à son tour se pencher sur le sort de la statue de Jeanne d’Arc à Nice
Il y aura bien un troisième round devant la justice pour trancher le sort de la statue monumentale de Jeanne d’Arc installée au-dessus du parking du même nom, à Nice. C’est au Conseil d’État qu’il reviendra de décider le déboulonnage, ou non, de cette œuvre à 170 000 euros hors taxe. La régie Parcs d’Azur (RPA), qui gère les parkings métropolitains, en avait passé commande pour orner l’entrée du jardin surplombant le tout nouveau parc de stationnement aménagé dans ce secteur du nord de la ville.
L’atelier Missor, un collectif d’artistes réputé proche de la sphère masculiniste, s’était vu confier la réalisation de cette Jeanne d’Arc niçoise en bronze et dorée à l’or fin… sans publicité ni mise en concurrence. C’est ce qui avait chagriné l’ancien préfet Hugues Moutouh. Au titre du contrôle de la légalité, le représentant avait déféré cette commande publique devant le tribunal administratif. Bataille judiciaire qui se poursuit donc.
Trois mois seulement après son inauguration en octobre 2024, la justice avait en effet annulé le marché. La statue avait, dès lors, vocation à disparaître du paysage niçois. Du moins, jusqu’à ce que la cour administrative d’appel n’en décide autrement.
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Appelés à leur tour à se prononcer sur le sort de la Jeanne d’Arc niçoise, les magistrats phocéens avaient finalement infirmé la décision rendue par leurs collègues niçois en première instance. Tout en reconnaissant, malgré tout, que RPA avait commis une « erreur » en s’exonérant de toute mise en concurrence.
Un jugement de Salomon dont ne s’est pas satisfait l’État. En septembre 2025, le ministère de l’Intérieur a usé de l’ultime voie de recours possible en saisissant le Conseil d’État.
Sera-t-elle déboulonnée ?
La plus haute juridiction administrative française a examiné l’admissibilité de ce pourvoi en cassation le 7 mai dernier. Et il est recevable. Au siège du Palais Royal, à Paris, la décision vient de tomber.
Sur la forme, il y aura donc une troisième et dernière audience. Même si la date n’en a pas encore été fixée, sur le fond le sort de cette statue qui aura nourri une bien longue bataille judiciaire dépend donc désormais du Conseil d’État.
La haute juridiction validera-t-elle l’arrêt rendu en appel ou, au contraire, reviendra-t-elle à la décision de première instance ? Dans le second cas, cette Jeanne d’Arc qui trône à Nice depuis désormais presque deux ans devra finalement être déboulonnée.