l'essentiel Six colonnes de fumée s'élèvent en même temps ce mercredi 22 juillet 2026 en fin d'après-midi, le long d'un kilomètre de la route de Cos à Lamothe-Capdeville, au nord de Montauban (Tarn-et-Garonne). En quelques minutes, la végétation asséchée par la canicule s'embrase sur plusieurs points distincts, mobilisant quarante-deux sapeurs-pompiers pour protéger six habitations menacées, tandis que les gendarmes ouvrent aussitôt une enquête pour incendie volontaire.

Ce mercredi 22 juillet 2026, l'alerte tombe à 16 h 37 sur la route de Cos, à Lamothe-Capdeville, à 10 km au nord de Montauban (Tarn-et-Garonne). Le long de cet axe bordé de nombreux pavillons, la végétation asséchée par les fortes chaleurs s'embrase presque instantanément en plusieurs endroits, distants de quelques centaines de mètres seulement.

Quand les premiers secours arrivent, six départs de feu différents longent déjà la chaussée, menaçant riverains et habitations aux abords. Le plus violent grimpe à toute vitesse une pente boisée de chênes, formant un front de flammes de 400 mètres de large, dont les cimes de dix mètres menacent d'embraser tout le coteau.

Dans la forêt, les pompiers sont parvenus à stopper l'incendie
Dans la forêt, les pompiers sont parvenus à stopper l'incendie DDM - DDM MANUEL MASSIP

Face à ce danger immédiat, un important dispositif se déploie sur le terrain : 42 sapeurs-pompiers protègent pas à pas six habitations directement exposées, dont un gîte. Malgré la chaleur et la pente escarpée, ils recourent à des drones pour repérer les points chauds et parviennent à stopper la progression des flammes sur les premiers foyers, qui ont déjà ravagé plusieurs hectares de végétation et de sous-bois. À 19 h 50, cinq des six foyers sont éteints ou fixés ; le dernier reste sous surveillance renforcée, de nombreux points chauds persistant en sous-bois.

42 pompiers ont été mobilisé sur ce sinistre à Lamothe-Capdeville
42 pompiers ont été mobilisé sur ce sinistre à Lamothe-Capdeville DDM - MANUEL MASSIP

"Quatre départs de feu sur un kilomètre, ça pose question"

Pendant que les pompiers luttent contre la chaleur étouffante des sous-bois, le capitaine Jérôme Bringuier, commandant adjoint de la compagnie de gendarmerie de Montauban, prend la tête des opérations de sécurisation et d'enquête.

La concomitance de ces départs de feu sur une distance aussi courte ne laisse guère de doute sur une intervention humaine. Un technicien de l'identification criminelle est dépêché sur place, au côté d'un expert en recherche des causes d'incendie du Sdis 82. Avec un chien renifleur également des pompiers, ils ratissent méthodiquement le bord de la route à la recherche de traces d'accélérant, d'un dispositif de mise à feu ou de mégots.

Le capitaine Jérôme Bringuier avec l'un des TIC
Le capitaine Jérôme Bringuier avec l'un des TIC DDM - MANUEL MASSIP

"Autant de départs de feu sur une distance d'un kilomètre, évidemment, ça pose question", résume, prudente mais sans détour, Ambre Bernard, directrice de cabinet du préfet de Tarn-et-Garonne, en début de soirée sur le bord de la route départementale 78.

Un témoin à vélo relance la piste criminelle

Sur place, le témoignage d'un riverain circulant à VTT apporte un élément décisif aux gendarmes : le riverain affirme avoir vu un véhicule s'arrêter à plusieurs reprises le long de la route, quelques instants seulement avant que les premiers sous-bois ne s'embrasent.

10 hectares ont été carbonisés sur cette partie du village menaçant plusieurs maisons
10 hectares ont été carbonisés sur cette partie du village menaçant plusieurs maisons DDM - MANUEL MASSIP

Le signalement, diffusé sur les ondes des forces de l'ordre, permet l'interception rapide d'un véhicule occupé par plusieurs jeunes gens du côté de Caussade. Après vérifications dans la soirée, ils sont mis hors de cause et remis en liberté.

Les pompiers s'apprêtent à passer la nuit sur place pour éviter toute reprise du feu. De son côté, l'enquête de gendarmerie se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de ces départs de feu et identifier leur auteur.