La princesse Delphine lors de la fête nationale.

La princesse Delphine lors de la fête nationale.

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Emmanuelle Jowa 22/07/2026 à 21:47

La Princesse portait, en ce jour de Fête nationale, une robe fuchsia chatoyante. Étonnante aussi dans sa coupe, aux allures un peu fin XIXe, sa tenue raconte une histoire d’amour du travail et de la vie. Un article paru à l'origine dans Paris Match Belgique.

Son t-shirt avec ce slogan « I love my job ». « Delphine l’a vu sur une de mes tenues et elle a aimé ça. Ensemble, nous avons souhaité intégrer un équilibre travail-vie, et amour pour le travail. De là, nous sommes passés au thème de l’amour tout court. »

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Et à cette forme de cœur donc, une signature graphique du designer qui se marie aux lettrages et peintures sur l’amour reflétant la « Delphine’s touch ». Quant au message sur le travail, il suggère en nous des passerelles avec la personnalité Delphine que nous avons souvent décrite comme une « workaholic », passant le plus clair de son temps dans son studio et ne prenant que rarissimement quelques jours de break. On songe aussi, en voyant la ligne des épaules imposantes des collections de Bert à cette image des années 80, à ces femmes d’affaires qui commençaient doucement à grimper dans les organigrammes. Femmes de pouvoir, femmes de tête. Femme de cœur aussi, évidemment. Il y a enfin ce fameux lettrage récurrent « Please sign before reading ». Une forme d’ironie sur la façon dont les contrats peuvent piéger les moins vigilants. C’est une allusion, confirme Bert De Coninck, à une mésaventure qu’il a vécue dans le milieu de la mode. Leçon retenue donc.

Dans cette question de contrat, évoquant cette prudence qui s’impose, nous voyons un lien avec Delphine qui, de longue date, agit en grande pro. Travail acharné, rigueur dans ses engagements. Tout cela, combiné avec un humour décalé, parfois déroutant, aux accents souvent un peu anglo-saxons, compose sa griffe. Ce décalage revendiqué est une signature en soi. Celle de Delphine qui imprime sa marque sur ce qu’elle crée, aime, sélectionne. Elle a pu, tout en valorisant les créateurs, rester elle-même et davantage. À travers ces rencontres, elle se nourrit et nourrit les autres, nous rappelle-t-elle.

La voici qui apparaît entre deux essayages. Elle porte la robe de ce 21 juillet. Un taffetas fuchsia. « C’est le ton exact », nous dit Elke Janda, de la maison Stoffen van Leuven, un « family business », 3e génération comme elle le dépeint. Ils ont fourni l’étoffe magnifique, épaisse et miroitante. « C’est un matériau très difficile », note-t-elle. « Je pense que nous nous sommes vraiment dépassés avec ce que nous pouvions faire. C’était beaucoup d’expérimentation, de nouvelles techniques à tester. D’habitude nous travaillons davantage sur du prêt à porter, ici c’est de la couture pure. » La robe de Delphine est longue devant, ultra courte derrière avec renflement d’étoffe, un rembourrage soft, effet postérieur joliment rebondi. C’est là un des twists de la tenue. Face, classique, voire historique donc, et pile, audacieuse et ludique.

L'équipe qui a oeuvré à la tenue de la princesse Delphine pour la Fête nationale belge ce 21 juillet 2026. Autour de Delphine, de gauche à droite, Maïté de la maison Rubaiyat, créatrice des gants, Jody Van Geert, styliste, Bert De Coninck, qui a créé la robe-événement, la maquilleuse Annick Wouters et la coiffeuse Caroline Laurent.

L'équipe qui a oeuvré à la tenue de la princesse Delphine pour la Fête nationale belge ce 21 juillet 2026. Autour de Delphine, de gauche à droite, Maïté de la maison Rubaiyat, créatrice des gants, Jody Van Geert, styliste, Bert De Coninck, qui a créé la robe-événement, la maquilleuse Annick Wouters et la coiffeuse Caroline Laurent.

© Wim Van de Genachte, usage réservé Paris Match B

Bert De Coninck résume ainsi le parallèle qu’il voit entre Delphine et son travail. « C’est avant tout une question de combinaison entre amour et de compréhension réciproque qui correspond aussi à l’esprit de ce pays. De plus Delphine aime le fuchsia, le rouge, les couleurs de l’amour. Le dessin du cœur, ce symbole récurrent traduit aussi cet amour. Tout cela offrait une bonne combinaison. Delphine a souhaité donner une touche supplémentaire à l’ensemble. Le côté plus sérieux, évoquant davantage le boulot, à l’avant, le côté court, volanté, plus festif à l’arrière. C’est le genre de » twist « qu’elle aime. » Il y a une constante chez la princesse : un cocktail composé de travail assidu, on l’a déjà mentionné, et d’aisance dans la représentation, quelle qu’elle soit. Elle a un sens de l’officiel associé à une fantaisie créative et une liberté infinie. « Elle combine, ce qui n’est pas toujours naturel pour une artiste, la créativité avec ce sens du devoir », résume Bert. « La jupe à l’arrière fait référence à un style d’inspiration » parisien « de la fin XIXe siècle. L’idée était de jouer avec cette notion d’ancienne noblesse dans la longueur de face, avec l’esprit moderne du court pour la version pile. Dans la structure globale, émerge un aspect femme cadre qui s’assume. » Suit cette synthèse dont la simplicité émeut : « C’est un style qui, je pense, n’a pas encore été porté au Palais. » Le jeune designer décrit ainsi l’objectif de ce croisement entre volet officiel d’un côté, fantaisie de l’autre : « Nous voulions quelque chose qui se démarque, mais rien de trop agressif ni dominant. Nous voulions aller vers la notion d’amour. La forme de cœur imprime cette douceur. »

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Quant à l’aspect évoquant une « femme libérée, dynamique », le perçoit-il comme « dominant » ? « Je ne l’ai pas vu comme ça, mais il est vrai que cette notion de » dominant «, en parlant de l’amour, pourrait nous convenir je pense. Car oui, l’amour devrait être plus dominant, guider le monde. Ce ressenti que vous évoquez est peut-être finalement un heureux accident… »

« Une entreprise de mode nous faisait travailler comme des esclaves »

Revenons à cette phrase « Sign before reading ». « C’est lié à mon projet de fin d’études », rappelle Bert. « Il portait sur une mauvaise expérience professionnelle qui a évolué en une collection. Cette mauvaise expérience professionnelle m’avait dégoûté de mon métier, ensuite je suis littéralement retombé amoureux de la mode. » Il raconte ainsi sa déconvenue. « À l’époque je travaillais pour un autre créateur, dans une entreprise qui fabrique des tricots. C’était horrible, ils nous traitaient comme des esclaves, je devais accomplir le travail de plusieurs personnes. C’était très lourd, je détestais ça. Mais plus tard, vous savez, on retombe amoureux… Ça s’est passé au moment où j’ai dû préparer ma collection de fin d’études à Sint-Niklaas et là j’ai ressenti le déclic à nouveau. J’ai pu passer outre le dégoût… Ma collection s’intitulait » Veuillez signer avant de lire « car en effet, souvent vous signez quelque chose qui a l’air génial, mais quand vous prenez plus tard le temps de lire les petits caractères, et vous réalisez que vous vous êtes fait arnaquer. »

Aujourd’hui, l’enthousiasme est là, dit-il. Et la joie. Ces émotions se retrouvent dans la tenue de Delphine, avec ces touches un peu bédéesques, pop arty. Il y a ce cœur bien sûr, cette signature de Bert en gimmick, les couleurs vives, cet éclat de l’étoffe chatoyante, les talons vertigineux, sans oublier ce petit chapeau piquant signé Elvis Pompilio.

Dans le registre des couleurs et de l’émotion encore, nous relevons la pétillance des yeux, leur luminosité, ce regard de Delphine à la Lauren Bacall… Glamour dans le sens noble, hollywoodien des grandes heures. « Il y a une connotation pop art, oui, indéniablement », confirme Bert De Coninck. « Glamour aussi, mais pas dans la séduction au sens habituel du terme. La tenue est une déclaration personnelle, celle de Delphine, c’est son » statement «. Ce que Delphine porte, vous voyez qu’elle le porte parce qu’elle l’a voulu seule. Et non en raisonnant dans le sens de ce qui l’embellira à tout prix. Elle veut juste être elle-même. Et c’est formidable qu’elle puisse l’être même avec son statut de princesse. Elle ne raisonne pas en termes de » qu’en dira-t-on «. Elle fait cela dans le respect bien sûr des règles imposées mais en-dehors de ce point, ne se laisse pas guider par d’autres critères que les siens. » Le créateur espère réaliser un jour ses propres collections en privilégiant de temps à autre des collaborations « avec des personnes plutôt qu’avec des entreprises parce que cela induit un vrai soutien réciproque, des apports créatifs respectifs. Celle-ci, avec la princesse Delphine, est passionnante. »

La princesse Delphine lors de l'essayage de sa tenue pour le 21 juillet 2026. Le créateur, Bert De Coninck a voulu une touche

La princesse Delphine lors de l'essayage de sa tenue pour le 21 juillet 2026. Le créateur, Bert De Coninck a voulu une touche "historique", fin XI X. La couleur, fuschia, est, explique-t-il, une des couleurs de l'amour que Delphine aime.

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La connexion avec Delphine s’est faite très facilement, poursuit Bert. « Je ne savais pas à quoi m’attendre la première fois que je l’ai rencontrée, mais elle s’est montrée très amusante, amicale, ouverte. Elle portait un pull couvert de peinture. Je me suis senti à l’aise rapidement et il a été très simple de discuter de la conception de la tenue avec elle. Tout s’est passé dans la fluidité. Lorsque je lui ai suggéré de faire une coupe plus courte à l’arrière de la robe, elle m’a simplement dit : c’est une super idée, allons-y ! La glace a été brisée immédiatement. C’est amusant qu’elle apporte de la créativité à un événement aussi strict et formel que le défilé militaire de la Fête nationale belge, et qu’elle permette ce zoom sur des designers indépendants. C’était agréable de sentir que je pouvais émettre des suggestions librement et qu’elle les regarderait avec un esprit ouvert. » Nous lui demandons s’il a suivi dans le passé ce défilé du 21 juillet. « Je l’ai déjà vu à la télévision mais je n’ai jamais imaginé que je puisse un jour travailler pour cet événement ! C’est un peu fou quand on y pense… Souvent les créateurs rêvent de faire des » robes de princesse «, moi je fais aujourd’hui une robe pour une princesse, c’est assez surréaliste ! D’autant que ma carrière ne fait que commencer. »

La tenue de Delphine est agrémentée d’un sac croquignolet et de longs gants de cuir frappés du logo Love qui est une signature récurrente de Delphine. Le sac, dans le même tissu que la robe, est une création d’Annelies Timmermans. Elle dirige une marque belge indépendante qui produit des sacs en Italie de façon artisanale et combine formes graphiques et couleurs vives. Plus habituée à des lignes plutôt pures et classiques, elle a pris « un immense plaisir », nous dit-elle, à créer ce sac, qu’elle décrit comme « un oreiller, ou un ours en peluche ». Un accessoire « doudou » tel Delphine les aime, avec des détails à la fois extravagants et apaisants. De ces pointes de folie et de douceur qui donnent une touche de confiance en toutes circonstances.

« Habituellement je travaille avec du cuir. Ici c’est une occasion spéciale. Donc un tissu qui offre un effet coussin, parfait pour un sac doux avec du rembourrage. Quant au dessin avec le cœur, c’est une touche de Delphine à l’intérieur. » C’est le logo Love, reconnaissable entre tous.

La princesse Delphine lors des essayages de sa tenue pour le 21 juillet 2026. Ici avec Bert De Coninck, qui a créé sa robe.

La princesse Delphine lors des essayages de sa tenue pour le 21 juillet 2026. Ici avec Bert De Coninck, qui a créé sa robe.

© Wim Van de Genachte, usage réservé Paris Match B

"Le signe de l’amour que vous voyez ici", précise Delphine, "vient d’un tableau que j’ai fait il y a quelques années. C’est devenu en quelque sorte ma signature symbolique. J’étais heureuse que ces deux créatrices belges de talent l’utilisent, l’une à l’intérieur du sac, l’autre sur les gants. Au final, cela donne une silhouette complète à laquelle je me sens totalement intégrée. Bien au-delà d’être un simple mannequin. Notre but est d’essayer de "croiser" nos disciplines et talents respectifs, c’est cela qui me plaît." "Pour le confort", explique Annelies, "j’ai proposé une poignée à glisser au poignet. Cela permet à la princesse par exemple de serrer les mains ou d’applaudir librement". "Je n’aime pas les bandoulières, intervient Delphine. "D’abord je trouve ça terriblement inconfortable, et puis ça vous donne des airs de Pancho Villa ! Je trouve ça un peu agressif."

En parlant de serrage de mains, Delphine précise qu’elle a tenu à ce que les longs gants – appropriés dit-elle pour cacher les premiers signes de l’âge (une coquetterie de perfectionniste) – soient sans doigts, ou presque. Des « mitaines » en quelque sorte, mais en mode élégant. « Je trouve malpoli de serrer les mains avec des gants. » N’y voir bien sûr aucune allusion directe à la reine Elizabeth qui en portait régulièrement. Y voir plutôt un détail entre pin-up fifties, glamour des grands jours et touche vintage de choix. Les gants sont signés Maïté, de la Maison Rubaiyat. Elle s’est spécialisée dans la peinture sur cuir. « Traditionnellement », explique-t-elle, « nous faisons des sacs en cuir dans des formes classiques auxquels nous ajoutons une peinture pop art. » Aux gants de la Princesse, elle ajoute une teinture spéciale pour les hydrater. Qu’ils restent souples et résistent à toutes les températures ainsi qu’à la pluie.

Elle décrit Delphine comme incarnant la liberté. « Quand nous avons entendu parler de la possibilité de faire quelque chose pour elle, c’était incroyable pour nous car à nos yeux, elle est la définition-même de notre marque ! »

La créatrice des gants sur un projet avec Dolly Parton

Depuis Anvers où elle est basée, Maïté travaille régulièrement avec les États-Unis. « Nous avons beaucoup de commandes là-bas ». Parmi celles-ci, l’engagement pour une collaboration avec une icône de la musique country : Dolly Parton herself… « Nous en sommes très fiers. C’est une chanteuse incroyable et nous nous réjouissons de la rencontrer ! » Maïté raconte ainsi son premier contact avec la star aux chemises western et brushing platine : « C’est son équipe de stylistes qui m’a contactée, c’était d’abord par un message direct sur Instagram, ensuite par e-mail. Je n’y croyais pas ! C’était la nuit avec le décalage horaire aux États-Unis. Quand j’ai réalisé, après avoir vérifié l’adresse de son site officiel, que la personne qui m’appelait travaillait réellement pour Dolly Parton, j’ai réveillé mon mari ! Ensuite il y a eu une visioconférence et là je me suis dit : ce n’est pas possible, ça doit être une manipulation de l’IA ! Quand nous avons été sûrs que Dolly Parton était bien à l’origine de ces contacts, nous avons sorti une bouteille de Cava du frigo et l’avons bue à 6 heures du matin pour célébrer la nouvelle… C’était le petit déjeuner des champions ! » Maïté se prépare maintenant à passer plusieurs semaines en Amérique pour œuvrer à une nouvelle collection avec Dolly Parton. « Avec ses stylistes, elle va ouvrir un pop-up store aussi à Nashville et à la Nouvelle-Orléans. Nous devons peindre sa veste et une série de gants car les gants reviennent en force aujourd’hui dans les collections. »

Le sac et les gants portés par la princesse Delphine le 21 juillet 2026. Le sac est signé Annelies Timmermans et les gants Maïté de la Maison Rubaiyat, qui va travailler avec Dolly Parton.

Le sac et les gants portés par la princesse Delphine le 21 juillet 2026. Le sac est signé Annelies Timmermans et les gants Maïté de la Maison Rubaiyat, qui va travailler avec Dolly Parton.

© Wim Van de Genachte, usage réservé Paris Match B

« J’aime cette idée de travailler avec différents talents créatifs pour le 21 juillet », rappelle Delphine. « Cela fait partie de qui je suis, de mon éducation, de mon parcours. Et c’est vraiment ce côté que je peux le mieux mettre en avant. C’est la raison pour laquelle j’aime prévoir des déjeuners collectifs comme aujourd’hui. Le fournisseur belge, les artistes et artisans, y compris le photographe, Wim Van de Genachte, la maquilleuse Annick Wouters, la coiffeuse Caroline Laurent, tous sont assis à la même table. Ensemble nous discutons pour obtenir les meilleurs produits. Nous sommes tous attachés à la qualité, à l’excellence. Et nous nous inspirons mutuellement pour y arriver. Tous travaillent conçoivent cette tenue du 21 juillet de façon bénévole, conçoivent quelque chose de spécial pour cette occasion. Ils le font avec leur cœur pour la Belgique. En retour nous leur offrons une plateforme de qualité. » « La conception et la fabrication des tenues et accessoires de Delphine s’inscrivent dans le respect des normes, c’est à dire des personnes qui en assurent la fabrication », ajoute Jim O’Hare, le compagnon de Delphine.

La Princesse aborde avec empathie les difficultés du métier

Cette dernière souligne l’esprit dans lequel elle conçoit chaque année pour le 21 juillet une collaboration vestimentaire épinglant de jeunes créateurs belges. « Mes frères et sœurs ont eu une éducation en partie militaire, ils sont rompus de longue date à l’événement de la Fête nationale. Personnellement, j’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice. J’utilise mon parcours artistique, ma passion pour mettre en lumière de jeunes créateurs. »

La Princesse aborde avec empathie les difficultés du métier et les connaissances pratiques, prosaïques souvent que cela induit forcément. « L’un des jeunes couturiers belges qui a conçu une de mes tenues pour le 21 juillet, Pol Vogels, venait aussi de cette école de Sint-Niklaas. (Il était l’auteur de la robe rouge que Delphine portait en 2022, ornée d’une colombe de paix blanche d’inspiration Magritte. NDLR). Ce que je trouve remarquable dans cette Académie de Sint-Niklaas c’est que les étudiants y ont en parallèle un boulot. Ce n’est pas une éducation à temps plein. C’est une école moins coûteuse que d’autres mais tout aussi performante, réellement ouverte à tous les talents, et qui me semble du coup brasser une population plus variée – en âges notamment. Sinon les écoles de mode et d’art en général sont souvent chères. J’ai eu personnellement la chance d’étudier à la Chelsea School of Arts à Londres à une époque où elle était soutenue par le gouvernement. Cette école était donc réellement ouverte à tous les talents, avant de devenir par la suite plus élitiste dans ses prix. Il est donc important de voir des écoles comme cette Académie de Sint-Niklaas rester ouverte aux talents sans conditions financières astronomiques. Cela permet de faire émerger des talents qu’on n’aurait jamais connus dans des écoles qui exigent des » sponsorings « dès l’inscription. Parce que lorsque vous êtes étudiant, vous faites juste de l’art et de l’art et de l’art. Et puis soudainement, vous êtes projeté dans le business. Beaucoup d’entre eux ne peuvent pas faire face. »

Delphine lors des essayages de la tenue qu'elle porte ce 21 juillet 2026. Une robe signée Bert De Coninck.

Delphine lors des essayages de la tenue qu'elle porte ce 21 juillet 2026. Une robe signée Bert De Coninck. "Le ton est fuschia, une des couleurs de l' amour", précise le créateur .

© Wim Van de Genachte, usage réservé Paris Match B

Quant au slogan de Bert De Coninck, « Please sign before reading », qu’inspire-t-il à Delphine ? Fait-elle un parallèle avec certaines situations qu’elle a vécues dans l’univers de la création ? « Je dirais que le monde de l’art est un univers passionnant mais parfois difficile. Il est très compétitif et les jeunes artistes doivent apprendre à protéger leurs idées et leur travail. Beaucoup arrivent dans ce milieu uniquement avec leur sensibilité artistique et découvrent ensuite les réalités professionnelles. J’aime mon travail de peintre, j’aime créer, cela reste l’essentiel pour moi. Heureusement, il existe aussi de très belles collaborations fondées sur le respect et la confiance. Nous avons aujourd’hui la chance de travailler avec des personnes sérieuses et honorables. Je mesure combien c’est précieux. »

Un article paru à l'origine dans Paris Match Belgique.