Springboks et All Blacks au rendez-vous du Championnat des nations, l'Irlande déçoit : le baromètre des sélections
L'Afrique du Sud tient son rang
Les doubles champions du monde, numéros un au ranking de World Rugby, ont assuré pour leurs trois rendez-vous à domicile avec trois victoires bonifiées et une première place de la poule de l'hémisphère sud devant la Nouvelle-Zélande à égalité mais en tête grâce à une meilleure différence de points. Les Springboks comptent de fait la meilleure attaque de la compétition avec une moyenne de 43,3 points inscrits par match.
L'ÉQUIPE
publicité
L'ÉQUIPE
publicité
Rassie Erasmus continue de consolider et a largement fait appel à la nouvelle génération face à l'Écosse et au Pays de Galles sans perdre de points après avoir puni l'Angleterre en ouverture de la compétition 45-21 et sept essais marqués. Sans Siya Kolisi et Eben Etzebeth forfaits avant le coup d'envoi mais avec Cheslin Kolbe, Thomas Du Toit, Jesse Kriel et autre Damian Willemse qui ont montré qui sont les patrons du rugby mondial.
La jeunesse sud-africaine a souffert face à l'Écosse, dominée dans la possession et l'occupation, ce qui ne l'a pas empêchée de planter 42 points avec un réalisme offensif impressionnant puis de s'amuser du pays de Galles (43-0). Novembre proposera des tests plus relevés pour les Springboks qui, après l'Italie défieront les Bleus (13 novembre) et l'Irlande (21 novembre).
Nouvelle-Zélande, débuts réussis pour Dave Rennie
C'est peu dire que tous les regards du pays étaient tournés vers Dave Rennie, successeur en mars dernier de Scott Robertson à la tête de la sélection. D'autant que le programme était relevé avec la réception de la France, de l'Italie et de l'Irlande.
L'ÉQUIPE
publicité
L'ÉQUIPE
publicité
À l'arrivée, trois victoires bonifiées. Contre les Bleus, le potentiel offensif des Néo-Zélandais qu'incarne magnifiquement Will Jordan toujours aussi efficace (6 essais en trois matches) a répondu présent (victoire 34-32) même si les hommes de Rennie ont souvent souffert défensivement face aux joueurs de Fabien Galthié.
Après une formalité face à l'Italie (47-17), la Nouvelle-Zélande a réussi haut la main le test de solidité face à l'Irlande. Les Blacks ont étouffé leur adversaire et l'ont dominé dans tous les secteurs. Transition réussie pour Dave Rennie qui va pouvoir travailler avec sérénité et confiance dans les mois à venir. Avec des choix payants, notamment la charnière Roigard-Love aux dépens de Beauden Barrett. Et rassurants.
L'Irlande en pente douce
On avait eu ce sentiment d'une sélection irlandaise en déclin lors du dernier Tournoi même si les joueurs d'Andy Farrell, après des débuts manqués face à la France, avaient su réagir sans vraiment impressionner. On a le même à l'issue de cette première partie de compétition.
Avec deux victoires bonifiées face à l'Australie et au Japon, les Verts sont toujours dans la course. Mais leur victoire in extremis face aux Wallabies (31-33) grâce à un essai de Thomas Clarkson à trois minutes de la sirène puis une pénalité australienne manquée, n'a pas été rassurante.
Et surtout, les Irlandais ont bu la tasse face aux Néo-Zélandais samedi à l'Eden Park d'Auckland (40-21). Jamais les joueurs d'Andy Farrell n'ont été en mesure de faire douter leur adversaire, dominés physiquement, stratégiquement avec un Sam Prendergast toujours aussi inconsistant, maladroits et pris de vitesse par les Blacks.
L'Angleterre toujours sur un fil
Les discussions et les polémiques autour du XV de la Rose - avec ou sans Marcus Smith, avec ou sans Henry Pollock etc. - et de son sélectionneur Steve Borthwick ne sont pas prêtes de s'éteindre après cet été. L'Angleterre continue d'avancer sans grandes certitudes si ce n'est celle qu'elle est toujours capable de trouver les ressources nécessaires quand elle est en danger.
La défaite nette et sans discussion en Afrique du Sud avait relancé le débat sur la pertinence de conserver Borthwick à la tête de la sélection. Le XV de la Rose a répondu en humiliant les Fidji 73-8 et surtout en réussissant un gros test de caractère en Argentine samedi avec une victoire bonifiée 24-31. Trois jours après la demi-finale de Coupe du monde de foot entre les deux nations, le match s'est disputé dans une ambiance très hostile, avec beaucoup de nervosité et d'agressivité de part et d'autre (7 cartons jaunes distribués au total).

La joie des Anglais après leur victoire contre l'Argentine samedi. (Fe. Ariaz/Reuters)
Mais le XV de la Rose a su maîtriser pour d'abord dominer puis résister en fin de rencontre afin de conserver ses chances dans une compétition qui s'achèvera à Twickenham et offrir ainsi à Borthwick un peu de répit avant le Tournoi des 6 Nations.
L'Écosse s'accroche, l'Australie espère
Deux défaites pour débuter face à l'Irlande et à la France avant une large victoire face à l'Italie qui termine la première partie avec un zéro pointé, l'Australie ne s'est pas vraiment rassurée à quatorze mois de sa Coupe du monde. Même si les Wallabies ont confirmé qu'ils avaient de très bonnes individualités (Joseph Sua'ali'i et Len Ikitau au centre) et des séquences de jeu performantes.
L'Écosse tient son rang, en embuscade derrière la France au classement de l'hémisphère nord. Après une victoire en Argentine, les joueurs de Gregor Townsend ont défié les Sud-Africains les yeux dans les yeux, les ont souvent dominés mais ont encaissé une défaite faute d'avoir su concrétiser. Un manque d'efficacité qui a failli leur jouer des tours face aux Fidji samedi avant que le ban, et notamment les entrées de Jamie Dobie et Pierre Schoeman, ne renverse le score.
Avec trois défaites en autant de matches, les Fidjiens comme les Italiens ont passé un sale été. Rendez-vous en novembre pour la suite des festivités.