l'essentiel Joris Laurencin, 21 ans, s'est suicidé le 12 juillet à Châtonnay (Isère), après avoir expliqué dans une lettre la souffrance provoquée par des années de harcèlement en raison de ses origines. La mairie a reçu des menaces, et la famille a lancé un appel à témoins, soutenu par SOS Racisme, pour éclaircir les circonstances.

L'enquête autour de la mort de Joris Laurencin, ce jeune homme de 21 ans qui s'est suicidé le 12 juillet à Châtonnay (Isère), continue de provoquer de vives tensions. Alors que la justice enquête sur des faits présumés de harcèlement à caractère raciste et de provocation au suicide, la mairie de Châtonnay a reçu un courriel de menaces, rapporte son édile au Dauphiné Libéré.

Ce message, envoyé quelques jours après la médiatisation de l'affaire, contient notamment la phrase : "Il va falloir payer", précise le maire Jean-Michel Noguerras. "Nous allons déposer plainte. Il faut que l'enquête avance et qu'elle aille vite. C'est la meilleure façon de stopper tout ça."

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"On le traitait de sale bougnoule"

Joris Laurencin a mis fin à ses jours après avoir expliqué dans une lettre la souffrance provoquée par des années de harcèlement en raison de ses origines. D'après sa famille, un évènement survenu plus tôt au mois de juin pourrait avoir eu une conséquence dramatique sur son passage à l'acte.

Lors d'une fête de village voisin à Saint-Jean-de-Bournay, le jeune homme avait été publiquement pris à partie pour des motifs racistes. Joris Laurencin ayant des origines algériennes par sa mère. "On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe", a témoigné son oncle auprès de France 3.

La famille a par ailleurs lancé un appel à témoins pour recueillir des éléments sur cette fête communale. SOS Racisme a relayé cet appel à témoins dans un communiqué.

Un appel à témoins lancé par la famille

"Face au harcèlement raciste, le silence protège les auteurs", écrit l'ONG. "Ce drame n'est pas un simple fait divers", ajoute-t-elle en déplorant une "banalisation" de la parole raciste.

Une enquête a été diligentée, ce lundi 20 juillet, après une plainte pour harcèlement moral et provocation au suicide déposée par les parents de la victime.

De son côté, le maire de Saint-Jean-de-Bournay appelle à la prudence tant que les investigations sont en cours. "Aujourd'hui, des communes rurales sont pointées du doigt comme des communes racistes. Je vous confirme que ce n'est pas le cas", pointe-t-il auprès de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.