Publié le 02 octobre 2026 à 07:30 par Christian D.

En voulant rebaptiser l'IA en Super Intelligence, le président américain a involontairement transformé le code internet d'un petit pays européen en eldorado pour spéculateurs. Les noms de domaine en .si sont pris d'assaut !

Donald Trump

Cette semaine, lors d'un discours à l'Assemblée générale des Nations Unies, Donald Trump a officialisé un changement sémantique qui a provoquée une ruée sur le marché des noms de domaines du web. Jugeant le mot « artificiel » trop « faux », il a signé un décret pour que toutes les agences gouvernementales américaines adoptent désormais le terme Super Intelligence, ou son acronyme SI.

Cette décision a immédiatement créé un appel d'air pour le domaine .si, le suffixe internet de la Slovénie, pays d'origine de la Première Dame Melania Trump.

Les spéculateurs du monde entier, flairant la bonne affaire, se sont jetés sur ces adresses, pariant sur une future valorisation exponentielle. La hausse fut si brutale que le registre slovène, Register.si, a parlé d'une activité « sans précédent », avec un nombre d'enregistrements inédit dans son histoire.

Pourquoi le domaine .si est-il soudainement si populaire ?

La popularité soudaine du domaine .si est la conséquence directe et mécanique de la volonté de Donald Trump de remplacer le terme intelligence artificielle par Super Intelligence.

L'acronyme SI correspondant au code pays de la Slovénie (.si), les investisseurs et cybersquatteurs ont massivement acheté ces domaines, anticipant qu'ils deviendraient l'équivalent du .ai pour cette nouvelle terminologie.

trump decret super intelligence

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Les chiffres illustrent une véritable ruée vers les noms de domaine du pays. Alors qu'une journée normale voyait l'enregistrement d'une centaine de domaines .si,  ce chiffre a grimpé à 3 234 au lendemain du discours de Trump.

Et en l'espace de onze jours, le nombre total de domaines .si est passé de 241 846 à 262 319, soit une croissance de 8,5 % pour l'ensemble de la zone. La dynamique qui dépasse largement le simple effet de mode et devient une véritable spéculation de masse sur l'avenir d'un acronyme.

Qui profite réellement de cette ruée vers les domaines .si ?

Les principaux bénéficiaires de cette flambée sont les spéculateurs et investisseurs en noms de domaine, une pratique connue sous le nom de cybersquatting, à savoir l'enregistrement d'adresses web dans le but de les revendre plus cher.

En revanche, pour la Slovénie, le gain financier reste modeste. Le registre national ne perçoit qu'une petite commission sur chaque vente, estimée à environ 300 000 euros de revenus supplémentaires pour le mois de septembre.

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Ce n'est pas l'eldorado financier qu'a connu l'île d'Anguilla avec son .ai, qui a rapporté 85,3 millions de dollars en 2025, soit près de la moitié de son budget gouvernemental.

Pour la Slovénie, l'impact est plus symbolique que financier. Les vrais gagnants sont ceux qui ont enregistré des noms comme « build.si », mis en vente pour 10 millions de dollars.

La plupart de ces adresses ne sont pas utilisées et attendent simplement un acheteur dans le cadre d'un pur marché spéculatif.

Cette manœuvre cache-t-elle un délit d'initié de l'entourage Trump ?

Des soupçons de délit d'initié ont rapidement émergé, portés par des analystes sur les réseaux sociaux. Ils pointent une hausse anormale des enregistrements de domaines .si dès l'été 2026, bien avant l'annonce officielle.

Le soupçon est que des proches du pouvoir, informés de la future décision sur la Super intelligence, auraient acheté massivement des domaines pour engranger des millions.

Les preuves restent circonstancielles car les enregistrements sont souvent anonymes. Cependant, l'achat de noms de domaine très connotés et les liens familiaux du président avec la Slovénie nourrissent la thèse d'une manœuvre orchestrée en coulisses.

La contre-argumentation souligne que le terme « superintelligence » existait déjà et gagnait en popularité, notamment via des figures comme Mark Zuckerberg. Mais cette affaire expose une fois de plus la porosité entre décision politique, spéculation numérique et les potentiels conflits d'intérêts au plus haut sommet de l'État.

Quels sont les risques concrets liés à cette explosion des domaines .si ?

Au-delà de la spéculation, cette ruée vers le .si engendre un risque majeur de sécurité : le typosquatting. Sur un clavier qwerty, la touche « s » est située juste à côté de la touche « a », ce qui rend la confusion entre un domaine .si et son équivalent .ai très facile.

Des acteurs malveillants pourraient exploiter cette proximité pour des campagnes de phishing (hameçonnage). Selon l'entreprise de sécurité Netcraft, plus de 44 000 domaines .si partagent déjà leur nom avec un domaine .ai existant.

Un utilisateur pensant se connecter à un service d'IA connu pourrait ainsi atterrir sur une page frauduleuse simplement en faisant une faute de frappe. Le registre slovène a lui-même conseillé aux détenteurs de marques de sécuriser leur domaine .si au plus vite pour éviter ce genre de détournement qui pourrait un nouveau problème de cybersécurité.

Journaliste GNT spécialisé en mobilité / Ante-Geek des profondeurs du Web et d'ailleurs

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