Samedi soir, on ne jouera pas à guichets fermés, à Sclessin. Le Standard a été sanctionné de disputer un match à huis clos partiel et un autre à huis clos complet, à la suite des débordements observés lors de Standard – Charleroi, en clôture des Europe playoffs.

Hasard du calendrier, ou pas, les sanctions seront purgées contre l'Antwerp, ce samedi, puis contre Charleroi, le dimanche 11 octobre. Le hasard de l'histoire veut que le huis clos partiel fait suite aux jets de gobelets ayant interrompu puis arrêté définitivement Standard – Antwerp, de la saison passée (phase régulière).

Le club liégeois, qui était sous le coup d'un sursis pour une partie de ses tribunes quand il a été sanctionné dans le dossier Standard – Charleroi, doit donc appliquer la sanction. Mais comment cela va-t-il se passer et quelles pourraient être les conséquences futures ?

Le conseil disciplinaire a sanctionné trois blocs (D, E, F) de la tribune 3 pour le huis clos partiel alors que le match avait été arrêté définitivement à la suite d'un jet de gobelet envoyé depuis la T1. Avant cela, le match avait été interrompu après un jet de gobelets venus de la T2. Pour le club liégeois, qui a identifié et sanctionné les auteurs des faits, les supporters de la T3, n'ont pas à être punis.

Un match ferme à huis clos et une amende salée: voici la sanction de Standard-Charleroi

Pierre François rappelle d'ailleurs que "la fédération sanctionne les clubs, pas les supporters fautifs, selon le principe de la responsabilité objective du club, avec des sanctions (le huis clos) qui ne fonctionnent pas". La direction liégeoise a donc décidé de remettre à disposition les 2300 places potentiellement "sanctionnées" ailleurs dans le stade.

Contre l'Antwerp, ce sera en T1, dans le bloc P (supérieur), notamment pour les Ultras, à qui il a été demandé de ne pas craquer de fumigènes, dans une tribune qui n'est pas une "habituée" des animations et peut souhaiter vouloir une autre expérience de match. Les autres supporters seront répartis dans les autres blocs de la tribune 1 supérieure. 820 fans, sur les 2300 places de la T3, ont fait la demande.

Ce mercredi, par courrier, le parquet de l'Union belge s'est, lui, étonné auprès du Standard de la remise à disposition des places. La réponse de Pierre François a été assez claire : "La sanction se traduit contre des blocs, pas contre des supporters. Je m'étonne tout de même de ce courrier alors que le club fait le nécessaire pour entretenir le dialogue avec ses supporters, pour les sensibiliser et limiter le nombre d'incidents."

Henry, Nkada et Zeqiri : comment le Standard a rééquilibré son attaque et a priori clôturé son mercato

Le directeur général ajoute : "Depuis le début de la saison, il n'y a eu des craquages que lors du match contre La Louvière, ils ont été encadrés et maîtrisés. Dans le même temps, le Standard est candidat à la période de test pour l'utilisation d'engins pyrotechniques, mais nous attendons toujours des nouvelles depuis la première réunion…"

Des actions de sensibilisation

Le club a donc voulu faire un geste pour ses supporters. En contrepartie, et cela vaut pour tout le monde, il est demandé la plus grande retenue afin d'éviter d'autres débordements. Le Standard, outre ses matchs à huis clos partiel et complet, est toujours sous le coup de deux matchs à huis clos avec sursis, valable jusqu'à la mi-août 2027.

Lors d'une réunion organisée par la direction, avec la Famille des Rouches et les trois groupes d'animation, un message de sensibilisation a été formulé, puis communiqué vers l'extérieur pour rappeler qu'"il est essentiel que chacun contribue à préserver l'image du Standard de Liège. Ensemble, faisons preuve de responsabilité, de respect et de solidarité afin de protéger notre club et de continuer à faire vibrer Sclessin comme il le mérite".

Malines-Standard : des supportrices se plaignent de fouilles inappropriées

S'il se porte mieux sur le plan financier, le Standard a besoin de chaque euro alors qu'il a déboursé, la saison passée, 128 000 € d'amendes. L'ambition est de ramener le total à 75 000 €. L'éventuelle économie sera versée à la Famille des Rouches pour des activités ou des déplacements.

C'est une manière de responsabiliser un public qui peut avoir un rôle, positive dans le soutien ; négatif en cas de débordements. Un match à huis clos complet représente en effet un manque à gagner de 400 000 € pour le club liégeois. Disputer trois matchs à huis clos cette saison, si le sursis est levé, constituerait une grande perte lors d'une saison où les Ultras fêtent leurs 30 ans et voudront animer les tribunes.

Comment le Standard finance-t-il son rachat?

Outre la dimension pécuniaire, il y a aussi l'image d'un club qui essaie de se trouver un investisseur. S'il est arrivé que des candidats au rachat, par le passé, ne soient pas inquiets à la vue de certains débordements, la plupart des investisseurs potentiels, s'ils veulent un cadre passionné, l'aiment autant sans débordement.

Une sécurité "visiteurs" à renforcer ?

La bêtise des supporters de Charleroi, qui ont investi le rez-de-chaussée de la T4 lors de Standard – Charleroi, pourrait donner de (mauvaises) idées à d'autres groupes de supporters visiteurs pas plus malins. Dans ce contexte, la question d'un renforcement de la sécurité à cet endroit du stade pourrait-elle se poser ?

Ce n'est pas à l'ordre du jour puisque la zone, au rez-de-chaussée, doit être accessible aux moins valides. Il est fait appel au bon sens, une notion que le football manie parfois avec légèreté. Dans un autre ordre d'idées, Pierre François a confirmé que le règlement de travail avait été modifié dans les contrats des joueurs, qui doivent avoir une attitude exemplaire, pas provocatrice à l'égard des supporters visiteurs, sous peine d'amende.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.