Surpris avec son GSM au volant, il se lance dans une course-poursuite sur l'E411 avant d'être arrêté en essayant de fuir à pied à Habay : "J'étais à bout de souffle"
En mars 2025, un banal contrôle de police s'est transformé en véritable course-poursuite dangereuse sur l'E411. Surpris avec son GSM au volant alors qu'il circulait sur l'E411 depuis le Grand-Duché vers la Belgique, près de l'ancien AC Restaurant de Hondelange, le conducteur, un jeune de 21 ans, n'a pas répondu aux injonctions de la police, qui circulait dans le cadre d'une opération visant à lutter contre les distractions au volant. Après avoir fait mine d'obtempérer et de rejoindre un parking, il a, au dernier moment, repris l'autoroute, avec des pointes "entre 130 et 150 km/h et a, à plusieurs reprises, essayé de percuter les deux véhicules de police qui le poursuivaient, déplore M Bernes, l'avocat des quatre policiers constitués parties civiles. Cela ne doit pas faire partie des risques du métier !" Le jeune conducteur a ensuite pris la sortie Stockem avant de filer sur la nationale Arlon-Étalle, "où plusieurs véhicules ont dû être immobilisés pour éviter des accidents", souligne la substitute du procureur du roi, Céline Monnaie.
Son véhicule immobilisé après un accrochage avec la police près de Habay, il a tenté de fuir à pied, avant d'être arrêté après 500 m de course, car, avait-il expliqué, "il était à bout de souffle".
Le trafic du désespoir ?
Mais pourquoi donc ce simple contrôle a-t-il dégénéré ? C'est que le prévenu, absent au tribunal correctionnel d'Arlon ce lundi mais représenté par son avocat, dit avoir pris peur car il transportait illégalement du tabac. Un délit pour lequel il avait déjà été interpellé quelques semaines auparavant. Pour ces nouveaux faits, le jeune homme est poursuivi pour entrave méchante à la circulation, rébellion armée (avec une voiture) et pour différentes infractions de roulage. Son avocat, Me Xavier Guiot, ne nie pas les faits, mais précise que son client "n'a pas voulu percuter la police, il donnait des coups de volant pour ne pas être dépassé par eux. Et s'il en percute un à la fin, c'était sans le vouloir." Me Guiot poursuit: "En situation précaire, il était sous la coupe d'un commanditaire. C'était, pour lui, la fuite du désespoir. Il ne s'explique pas les risques pris et présente ses excuses aux policiers pour les désagréments subis. Mais désormais, c'est une personne qui s'est formée et a un emploi fixe depuis un petit temps. Il n'a donc plus de raison de poursuivre dans les moyens illégaux et il n'avait d'ailleurs pas de casier judiciaire au moment de ces faits." Entre-temps, le prévenu vient d'être jugé en août pour la première interpellation.
Me Guiot demande d'éviter l'emprisonnement ferme "et nous sommes dans les conditions pour demander un sursis simple ou probatoire. D'autant qu'il devra déjà supporter les conséquences et indemnités financières dues au trafic, alors que sa vie est revenue sur les bons rails." Pour le parquet, Mme Monnaie requiert six mois d'emprisonnement et trois mois de déchéance du permis de conduire. Quant aux parties civiles, elles réclament un montant de 1000€ par inspecteur de police. "Il faut prendre en compte les répercussions. Heureusement ici, personne n'a été blessé, mais le préjudice moral est bien présent puisqu'on a tenté de les mettre dans le décor", assure Me Bernes. Le jugement sera rendu le 26 octobre.
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