Sydney Sweeney au Festival international du film de Santa Barbara, en Californie, aux États-Unis, le 8 février 2026.

Sydney Sweeney au Festival international du film de Santa Barbara, en Californie, aux États-Unis, le 8 février 2026. IMAGE PRESS AGENCY / NURPHOTO VIA AFP

Sydney Sweeney très dénudée vantant les mérites d’un site de paris sportifs : l’actrice étasunienne de 29 ans suscite un tollé parmi de nombreuses athlètes qui fustigent une « sexualisation » du sport féminin.

• 58 secondes de promotion… le plus souvent nue

L’héroïne de la série « Euphoria » et du film « La femme de ménage » apparaît depuis vendredi 11 septembre dans un spot pour la plateforme Novig, dont elle est actionnaire. Pendant 58 secondes, l’actrice pose le plus souvent nue avec des accessoires de sport (gants de boxe, ballons, raquette, club de golf…) dans le but de promouvoir les paris, « pas sur la guerre, pas sur la mort, pas sur la politique. Juste le sport »

• Une image « immonde » du sport féminin

Dans la foulée de sa diffusion sur les réseaux sociaux, le spot a déclenché un tir de barrage de nombreuses sportives de haut niveau qui y ont vu une « régression ». L’ancienne nageuse australienne Ariarne Titmus s’est dite « furieuse ». « Non seulement c’est un affront pour toutes les femmes qui ont consacré leur vie à perfectionner leur art, mais aussi pour toutes celles qui apprécient le sport pour ce qu’il est vraiment : le travail d’équipe, l’amitié, le dévouement, l’excellence, l’unité… », a écrit sur Instagram la quadruple championne olympique, fustigeant « un monde où la monétisation du corps des femmes et la sexualisation du sport féminin sont encore monnaie courante ».

« Immonde » : la triathlète française Mathilde Tily a écrit de son côté qu’« aucune somme d’argent ne devrait convaincre une femme d’offrir cette image » au moment où les athlètes féminines « se battent encore pour la même reconnaissance, les mêmes primes… et bien plus encore ».

La nageuse australienne Brianna Throssell, médaille d’or du relais 4x100m aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021 se filme dans différents bassins de compétition et lance : « voilà à quoi ressemblent les femmes dans le sport Sydney Sweeney ! » La sprinteuse américaine et championne olympique américaine du 200 m Gabby Thomas a relayé le message. Comme la quadruple championne d’Europe britannique Amy Hunt, arrivée quatrième du 200 m aux championnats Ultimate dimanche à Budapest, qui a lancé en zone mixte : « Sydney Sweeney, voilà à quoi ressemble le sport féminin ! »

• Pas la première pub polémique

Sydney Sweeney cambrée sur le capot d’une Mustang avant de passer ses mains sur ses fesses. Sydney Sweeney cambrée encore sur un canapé, se tortillant pour fermer sa braguette. Sydney Sweeney, décolleté pigeonnant, qui réprimande la caméra : « Hey, dans les yeux ! » La campagne de la marque de jeans American Eagle, lancée le 23 juillet 2025, ne fait pas dans la subtilité. L’hypersexualisation de l’actrice, dénoncée par les fans de la série « Euphoria », bat à son plein.

Mais c’est le slogan de cette publicité qui a surtout fait le buzz : « Les gènes se transmettent des parents à la progéniture, déterminant souvent des traits comme la couleur des cheveux, la personnalité et même la couleur des yeux. Mes gènes/jeans sont bleus », déclare lascivement l’actrice dans un des spots, avant qu’un narrateur assène : « Sydney Sweeney a de superbes jeans. » La phrase repose sur un jeu de mots apparemment innocent entre « jeans » et « genes » (« gènes » en anglais) mais qui a suscité le malaise.

Dans les Etats-Unis de Donald Trump, louer les « gènes » d’une jeune femme blanche, blonde, aux yeux bleus a été perçu par de nombreux internautes comme maladroit au mieux, eugéniste voire tirant sur le suprémacisme blanc au pire. L’actrice n’a pas commenté la polémique. L’action d’American Eagle a rebondi de près de 20 % en une semaine, alors qu’elle avait perdu 40 % depuis fin janvier.

Par  Service Actu (avec AFP)