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  30 août 202630/08/2026 • 20:00

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La Bambu Lab A2L en pleine impression, flanquée de l'AMS Lite et de ses quatre bobines
Rien ne dépasse : l’A2L se branche sur une prise domestique classique.

Avec cette imprimante 3D, Bambu Lab joue une nouvelle carte sur le marché des imprimantes ouvertes accessibles. La Bambu Lab A2L se veut être une imprimante 3D accessible capable d’imprimer de grosses pièces, mais aussi de découper ces dernières.

Fiche technique

Avant d’entrer dans le détail, voici ce que Bambu Lab annonce et ce que nous avons pu vérifier au banc d’essai :

CaractéristiquesDétails
TechnologieFDM, cinématique bedslinger (plateau mobile en Y)
Volume d’impression330 × 320 × 325 mm, soit 34,3 litres
Vitesse max annoncée500 mm/s
Accélération max10 000 mm/s²
Température buseJusqu’à 300 °C
Température plateauJusqu’à 80 °C
Filaments compatiblesPLA, PETG, TPU
MulticouleurAMS Lite en option, jusqu’à 4 AMS
Zone de découpe300 × 300 mm
Zone de dessin300 × 255 mm
ConnectivitéWi-Fi, cloud Bambu Handy
Consommation900 W en pointe, 120 W en régime établi
Poids12 kg avec l’AMS
Prix379 € seule, 489 € en pack Combo
Modèle Bambu Lab A2L
Fiche produit

Déballage et installation : une demi-heure de tournevis

Le contenu du carton confirme ce que le prix laissait deviner : exit les boîtes d’accessoires rigides des modèles précédents, outils et consommables arrivent en sachets souples.

Surtout, le portique n’est pas monté. Là où une A1 sortait du carton prête à imprimer, l’A2L demande une trentaine de minutes : dresser la colonne, la visser au bâti, router les nappes, fixer le support de bobines, brancher l’AMS Lite. Les instructions sont claires, les outils fournis, et un seul point de vigilance mérite d’être signalé : plusieurs connecteurs se ressemblent, et une nappe engagée à l’envers vous vaudra un démontage.

Une partie de l’assemblage a donc été transférée à l’acheteur. C’est l’un des postes sur lesquels Bambu Lab a rogné pour tenir son tarif, et sans doute le plus honnête : mieux vaut une demi-heure de tournevis qu’un compromis sur la mécanique.

Une fois montée, la machine fait son travail, calibration automatique, mesure de la résonance, réglage du décalage en Z : aucune intervention manuelle, aucune feuille de papier à glisser sous la buse. La première impression part dans la foulée et elle est bonne. Sur ce terrain, l’écosystème Bambu Lab reste sans rival pour qui débute.

Ergonomie : prévoyez la place

Sur le papier, l’A2L occuperait moins de volume qu’une machine à enceinte fermée, mais dans l’espace, c’est l’inverse.

Le plateau va et vient sur toute sa profondeur : dégagez 65 centimètres devant le meuble, sous peine de voir la pièce en cours d’impression percuter un obstacle. Ajoutez l’AMS Lite sur le côté, et prévoyez près de 80 centimètres de large. Mesurez votre espace avant de commander la machine ! Sur nos photos, l’imprimante et son chargeur occupent à eux seuls une table de salon entière et il ne reste pas de quoi poser une pince…

Gros plan sur la tête d'impression Bambu Lab et le plateau texturé de l'A2L
Le volume d’impression est sérigraphié sur la façade du plateau : 330 × 320 × 325 mm.

Ce va-et-vient secoue aussi le support : les outils posés à proximité bougent, une bobine finit par tomber, et l’AMS Lite glisse s’il n’est pas calé. Une machine de ce format demande un plan de travail stable et profond, pas une table d’appoint.

Le reste tient ses promesses : le châssis en aluminium ne vibre pas, l’écran tactile reste lisible de loin, et le plateau PEI texturé se retire d’une main. Des aimants de coin haute puissance verrouillent la plaque, un détail qui prend tout son sens sur une grande pièce en PETG dont les angles ont tendance à se relever. La tête d’impression, enfin, se démonte sans outil : un capot amovible donne directement accès au bloc de chauffe.

Tête d'impression Bambu Lab vue de face, portant la mention Remove this cover for hotend replacement
La tête d’impression se démonte sans outil : le capot avant annonce le remplacement du bloc de chauffe.

Logiciel : complet, à condition de rester connecté

L’interface embarquée est entièrement traduite en français, claire, et donne accès à l’essentiel depuis l’écran d’accueil : gestion du filament, contrôle manuel des axes, réglages et assistant de détection d’anomalies.

Écran d'accueil de la Bambu Lab A2L en français
L’interface est traduite en français, avec un assistant de détection d’anomalies accessible depuis l’accueil.

Côté préparation, Bambu Studio reste l’un des slicers les plus aboutis du marché : profils prêts à l’emploi pour chaque filament maison, prévisualisation fidèle, et la possibilité d’importer vos propres profils.

Pendant notre test, une mise à jour a introduit un mode « Fast » qui optimise les transitions de filament en multicouleur. Le gain n’est pas cosmétique : sur une même pièce, le temps d’impression est passé de 3 h 53 à 2 h 40, soit 31 % de moins, et les déchets de purge ont reculé d’un quart. Nous y revenons plus bas, chiffres en main.

Deux réserves, toutefois : primo, la détection d’accumulation de plastique sur la buse ne s’active que pendant les purges de changement de couleur. Une impression monochrome de quinze heures n’est donc surveillée par personne, ce qui est précisément le cas où cette détection serait la plus utile.

Secondo, par carte microSD, la caméra est désactivée, les notifications disparaissent et l’application mobile ne suit plus rien ! À 379 euros hors option, cela peut se comprendre, mais faites l’achat en connaissance de cause.

Suivi à distance : pratique, tant que le cloud répond

L’application Bambu Handy reste l’un des atouts les plus sous-estimés de la marque : lancer une impression depuis son canapé, vérifier une première couche, recevoir une alerte, tout fonctionne sans configuration.

Sur l’A2L, la caméra n’est pas intégrée au châssis comme sur les modèles supérieurs : elle est déportée sur le portique. La qualité suffit pour surveiller une impression et lever un doute, pas pour produire un timelapse flatteur.

Performances d’impression : le vrai test

Commençons par le rituel. Le 3DBenchy sort en 39 minutes en PLA sur profil normal, et le résultat est irréprochable : aucun ringing visible sur les flancs, aucun défaut de surface, une extrusion d’une régularité exemplaire jusqu’aux zones en surplomb de la cheminée. En profil rapide, le même bateau tombe à 23 minutes avec une unique marque visible sur la proue : un défaut cosmétique qu’il faut chercher pour le voir. En TPU 90A, comptez 1 h 13, à condition d’utiliser un filament correctement séché ; le résultat est propre, ce qui n’allait pas de soi sur une machine à entraînement déporté.

Gros plan de trois quarts sur la tête d'impression Bambu Lab et le rail linéaire
Le rail linéaire porte la tête sur toute la largeur : c’est lui qui encaisse les 10 000 mm/s² annoncés.

Côté précision, l’équerrage des axes X et Y accuse 0,04 degré d’écart. C’est excellent dans l’absolu, et il faut le souligner sur une machine de ce prix. Nuance : cette valeur n’est pas corrigeable manuellement depuis le micrologiciel, ce qui signifie qu’une machine moins bien lotie à la sortie d’usine ne pourra pas être rattrapée par l’utilisateur.

Sur les jeux de pièces mobiles imprimées en un seul bloc, 0,2 mm de tolérance passent sans difficulté sur les géométries simples : charnières, engrenages, boîtiers à glissière se libèrent d’une pression du pouce. Sur des ensembles plus complexes, il nous est arrivé de rester bloqués aussi bien à 0,1 qu’à 0,2 mm, ce qui invite à prévoir large sur les mécanismes ambitieux.

Le plateau, bridé à 80 °C, affiche une homogénéité thermique remarquable : 3 °C d’écart maximum relevés sur toute sa surface. Sur 330 millimètres de côté, c’est une performance, et cela se traduit directement par une adhésion identique au centre et dans les angles.

Ce plafond de 80 °C est un choix assumé, destiné à ne pas surcharger un circuit électrique domestique : la machine grimpe déjà à 900 W pendant la chauffe initiale, avant de redescendre à 120 W en régime établi en PLA, et 140 à 150 W en PETG. Conséquence directe et non négociable : PLA, PETG et TPU sont au programme, l’ABS et l’ASA non.

Le mode multicouleur mérite qu’on s’y arrête, car c’est là que se cache le potentiel surcoût : sur une figurine de panda de 15 grammes, l’AMS Lite a généré 84 grammes de purge en mode standard, et 64 grammes une fois le mode Fast activé. Cinq à six fois le poids de la pièce, jetés à la poubelle.

Mais le chiffre serait trompeur si on s’arrêtait là. Sur une seconde pièce, un écureuil volant articulé : 50 grammes d’objet fini, 44 grammes de purge. Cette fois le gâchis est inférieur au poids de la pièce.

Écureuil volant articulé imprimé en PLA noir et blanc posé sur une balance de cuisine
L’écureuil volant articulé sur la balance : 50 grammes de pièce finie.

L’explication tient en une phrase : la purge dépend du nombre de changements de couleur, pas du volume imprimé. Chaque transition vide la buse, quelle que soit la taille de l’objet. Une figurine de quelques grammes multipliant les changements paie donc un tribut disproportionné, là où une grande pièce amortit les mêmes purges sur bien plus de matière.

Bol rempli de spaghettis de purge multicolores sur une balance de cuisine
Et 44 grammes de purge pour le fabriquer : sur une grande pièce, le gâchis reste inférieur au poids de l’objet.

La conséquence pratique est simple, et aucune fiche produit ne vous la donnera : le multicouleur se justifie sur les grandes pièces et ruine les petites. Groupez vos impressions colorées, et méfiez-vous de la figurine de 15 grammes en quatre teintes : elle vous coûtera plus cher en purge qu’en matière utile.

Le mécanisme de changement, justement, mérite un mot. Les quatre filaments restent engagés dans leurs tubes PTFE au plus près de la tête, ce qui rend les transitions sensiblement plus rapides qu’avec un AMS fermé classique. La coupe et la purge, elles, s’effectuent à l’extrême gauche de l’axe X, contre une butée dédiée.

Butée de coupe du filament de la Bambu Lab A2L
La butée qui permet à l’extrudeur de sectionner le filament, sollicitée à chaque changement de couleur.

C’est précisément cet organe qui nous a valu le seul incident du test. En plein changement de filament, la machine s’est arrêtée d’elle-même sur un message sans ambiguïté : « La distance de coupe du coupe-filament est trop grande, le moteur XY peut perdre des pas ». Une coupe qui s’effectue en bout de course, contre une butée physique, ne pardonne aucun déréglage. À son crédit, la machine a détecté la dérive avant de perdre des pas, et non après : l’impression n’a pas été sacrifiée.

Écran de la Bambu Lab A2L affichant une erreur de coupe-filament
L’A2L s’arrête d’elle-même : la distance de coupe du coupe-filament dérive et menace de faire perdre des pas au moteur XY.

Autre fragilité de l’AMS Lite, connue mais réelle : les filaments cassants, typiquement un PLA+ humide ou vieillissant, peuvent se briser à l’intérieur des tubes lors des rétractions. Le nettoyage est alors long et pénible, et c’est un argument de plus en faveur d’un stockage sérieux des bobines.

Enfin, l’architecture bedslinger montre ses limites là où on l’attend : sur les pièces hautes et fines. L’inertie du plateau génère des vibrations parasites d’autant plus marquées que la pièce grandit, et l’activation du mode « Slow down at height » devient nécessaire pour ne pas voir une impression de douze heures échouer dans ses cent derniers millimètres.

Côté sonore, comptez environ 50 dB à un mètre. Au repos en revanche, le ventilateur de tête émet un sifflement aigu persistant, nettement plus présent que sur une A1, et fatigant si la machine partage votre bureau. Ajoutons une curiosité : les bips de démarrage et d’alerte ne sortent pas d’un haut-parleur mais sont produits en faisant vibrer les moteurs eux-mêmes. Ils sont très forts, et aucun réglage de volume n’existe. C’est tout ou rien.

Découpe et dessin : la machine change de métier

C’est ici que l’A2L cesse d’être une simple imprimante 3D. Un rail frontal accueille le module d’outils, dont l’installation prend moins d’une minute : on le présente, on l’insère, la machine le reconnaît seule.

Main engageant le module Bambu Lab sur la tête d'impression de l'A2L
Le module se présente sur le rail frontal et s’encliquette : moins d’une minute pour changer de fonction.
Module de découpe Bambu Lab posé à plat, sa lame protégée par un capuchon.
Le module de découpe, livré lame capuchonnée : c’est lui qui transforme l’A2L en machine de découpe.

Le module de découpe embarque une lame oscillante (la même que sur la série H2, nettement plus chère) et surtout un capteur de force qui maintient une pression constante sur le matériau. Cette pression se règle au gramme-force près dans Bambu Suite : comptez 150 à 175 gF pour du vinyle laminé ou du cartonné robuste. L’intérêt du capteur n’est pas théorique : il compense les défauts de planéité du support, là où une machine à pression fixe raterait une portion de la découpe sur une feuille légèrement gondolée.

Macrophotographie de la pointe du module de découpe Bambu Lab
La lame ne dépasse que de quelques dixièmes de millimètre, réglables à la molette.

Le kit livre un tapis adhésif quadrillé, double face : un côté StrongGrip pour les matériaux qui tirent, un côté LightGrip pour les supports fragiles. On le retourne selon le travail, sur une base qui protège le plateau. La machine procède ensuite à un étalonnage du support en trois temps : origine de la tête d’outil, contrôle de la plateforme, nivellement automatique, au terme duquel elle annonce sobrement que le module est prêt.

Écran de la Bambu Lab A2L affichant l'étalonnage du support terminé
Étalonnage terminé : « ce module de coupe est prêt pour fabriquer ».

Vient alors le choix du type de coupe, via l’option Sticker Tool : découpe traversante, qui passe à travers le matériau et son support, ou kiss cut, ce pré-découpage qui n’entame que la couche adhésive du vinyle en laissant intact le film protecteur situé dessous. C’est cette seconde option qui intéressera quiconque fabrique des autocollants : elle permet de sortir une planche entière que l’on pèle ensuite motif par motif.

Bambu Suite, entièrement traduit, récapitule le module monté (une lame à pointe fine), le profil de matériau et le temps estimé, avant de renvoyer vers l’écran de la machine pour confirmer que la lame est en place.

Bambu Suite récapitule le module monté, le profil de matériau et le temps estimé avant de renvoyer vers l’écran de la machine.

Pendant la découpe, l’application diffuse le flux de la caméra : celle qui ne suffisait pas aux timelapses trouve ici son meilleur emploi, surveiller une lame qu’on ne laisse pas travailler seule.

Nous avons donné à la machine un exercice qui ne pardonne rien : le logo de ce site, dont les lettres cumulent contre-formes fermées et angles serrés.

Gros plan sur un film radiologique posé sur le plateau, les lettres découpées au trait fin
La lame suit les contours dans un film radiologique de récupération : le pochoir se dessine avant même le retrait du surplus.

Une fois le surplus échenillé, les contours sont francs, les contre-formes du R et du D se détachent proprement, aucun angle n’est arrondi. Sur du vinyle, l’A2L fait le travail d’un plotter dédié.

Nous avons découpé le même logo dans un film radiologique de récupération, support idéal parce qu’il est rigide, fin et gratuit.

Une fois le surplus retiré, les lettres restent nettes jusque dans les contre-formes du R et du D.
Bambu Lab A2L de face, le film découpé sur le tapis, écran affichant Fabrication Terminée
Fabrication terminée : la machine invite à retirer le matériau, et à se méfier de la pointe.

Toute la difficulté d’un pochoir tient dans ses îlots : le centre du O, celui du D, la contre-forme du R. Sans ponts de matière pour les retenir, ils tombent et la lettre devient une tache. La découpe les a préservés au millimètre.

Les contre-formes du R, du O et du D tiennent sur des ponts de matière de quelques millimètres.

Le test grandeur nature s’est fait à la bombe de peinture, sur un carton. Le tracé ressort net, sans bavure sous les bords, et le film n’a pas gondolé sous le solvant. Un pochoir de cette taille coûterait une vingtaine d’euros en boutique de loisirs créatifs ; ici, il sort en deux minutes d’un déchet médical.

Le pochoir après usage, et le résultat à la bombe sur un carton : les ponts n’ont pas bougé.

Les matériaux acceptés plafonnent à 0,5 mm d’épaisseur : papier, cartonné, vinyle, tissu, feutrine, cuir fin, film de transfert textile. C’est la limite d’un plotter domestique, ni plus ni moins, et elle exclut le carton plume comme le cuir épais. Le tapis, lui, est un consommable : l’adhésif se fatigue, et il faudra le remplacer au rythme de vos séries.

La zone utile, elle, tombe à 300 × 300 mm contre 330 × 320 en impression. Le format A4 comme le format Letter y entrent confortablement. Cependant, le grand format, principal argument de vente de la machine, ne se transmet pas intégralement aux fonctions qui la différencient. Vous perdez 30 millimètres en X, et jusqu’à 65 en Y en dessin. Vérifiez-le avant de dimensionner votre planche.

Un mot sur la qualité du tracé, car elle repose sur un détail logiciel qui se voit à l’œil. Le moteur de parcours d’outil de Bambu Suite prend en charge les arcs de cercle physiques et les courbes de Bézier issues de vos fichiers SVG, au lieu de les approximer par une succession de segments. Concrètement, la tête ne marque pas de microarrêts dans les courbes, et les arêtes ressortent nettes là où une machine moins bien programmée laisse un aspect facetté.

Changez l’embout, et la même machine se met à dessiner. Le porte-outil accueille stylos, crayons et feutres d’un diamètre de 10,5 à 12,5 mm, sur une aire de 300 × 255 mm. La finesse du trait ne dépend d’aucun réglage : elle tient exclusivement à la pointe montée, le kit fournissant des marqueurs fins à base d’huile.

Le même logo, cette fois au feutre : la machine passe du métier de découpeuse à celui de traceur en changeant d’embout.

Le rendu des contours et des textes vectoriels est très propre, et l’exercice peut séduire au-delà du gadget : un prénom dans un soleil, et l’imprimante 3D devient une machine à coloriages personnalisés.

Feutre monté sur l'A2L traçant un soleil, le prénom Léonore au centre
Un prénom dans un soleil : la finesse du trait tient à la pointe montée, pas à un réglage.

Un piège mérite toutefois d’être signalé, relatif au palpage : pour déterminer sa hauteur de départ, la tête vient appuyer la pointe sur le support jusqu’à détecter le contact. Avec un feutre à encre fluide, un marqueur acrylique ou une pression réglée trop haut, ce contact prolongé dépose systématiquement une goutte au point de départ du tracé. Les stylos à bille et les feutres fins classiques s’en accommodent bien mieux.

Sur un dessin destiné à être colorié, la bavure disparaît sous la couleur. Sur un tracé technique ou un gabarit, elle oblige à recommencer. La fonction dessin est réelle, mais demande de choisir sa pointe avec soin.

Reste le vrai point faible de l’ensemble : l’alignement. L’A2L ne dispose pas de la caméra zénithale embarquée sur la série H. Pour positionner un motif sur une chute de vinyle déjà entamée, photographiez le plateau avec votre smartphone, l’application se chargeant ensuite de caler le tracé sur l’image. Le procédé fonctionne, mais il est indirect, et Bambu Suite manque encore de maturité : sur des projets multicouches, des tracés se sont décalés d’un envoi à l’autre, imposant un réalignement manuel à l’écran.

Pour qui est cette machine ?

L’A2L s’adresse d’abord aux fabricants d’accessoires. Un casque de cosplay, un élément d’armure, une pièce de décor : le volume permet de sortir en une seule fois ce qui demandait auparavant un découpage dans le slicer, puis un collage et un ponçage des jonctions. Moins de coutures, moins de post-traitement, et un résultat structurellement plus solide.

Elle vise ensuite les ateliers créatifs hybrides, ceux qui veulent une imprimante 3D et un plotter de découpe sans acheter deux machines ni leur consacrer deux plans de travail. Stickers, flex textile, pochoirs, gabarits en carton : le module de découpe rentabilise l’écart de prix dès les premières séries.

En revanche, passez votre chemin si vous imprimez des pièces techniques. Le plateau bridé à 80 °C exclut l’ABS, l’ASA et le nylon, et le débit reste en retrait des séries H2S et H2D. Les partisans du tout-local passeront également leur tour.

Prix et disponibilité

La Bambu Lab A2L est proposée à 379 euros seule et 489 euros en pack Combo avec l’AMS Lite. À ce tarif, aucune machine ne propose un tel volume assorti de cet écosystème logiciel.

La concurrence à châssis ouvert, chez Elegoo ou Anycubic, affiche parfois des volumes comparables pour un peu moins cher. Cependant, il faut alors renoncer à la calibration automatique, à l’application mobile et à la bibliothèque de profils. Face à la Centauri Carbon 2 d’Elegoo, l’A2L perd sur la température de plateau et sur la palette de matériaux, mais gagne largement sur le volume et sur la polyvalence.

Rapportée au volume imprimable, l’A2L est aujourd’hui l’offre la plus agressive du marché.

Reste le kit de découpe, vendu séparément 69 euros. Il comprend le module, son adaptateur pour passer au stylo, deux lames de rechange et le tapis double face. À intégrer au budget si c’est pour lui que vous venez : l’A2L complète revient alors à 558 euros.

La comparaison lui est favorable. Une machine de découpe dédiée démarre autour de 130 euros chez Cricut, pour un format plus petit et sans rien imprimer en trois dimensions. Cricut et Silhouette gardent le catalogue d’accessoires et la découpe en rouleau ; l’A2L, quant à elle, propose 300 × 300 mm et une imprimante 3D autour.

Bambu Lab A2L au meilleur prix

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Bambu Lab A2L

Note finale du test

8 /10

L'A2L n'est pas une rupture technologique, et Bambu Lab ne la présente pas comme telle : c'est une A1 agrandie, soigneusement optimisée, et vendue à un prix qui n'existait pas sur ce volume. L'exercice est réussi. La qualité d'impression se hisse au niveau de ce que la marque fait de mieux, la calibration automatique reste imbattable pour débuter, et le grand format tient ses promesses. Le kit de découpe, lui, change la nature de l'objet : pour 69 euros de plus, on repart avec un plotter capable de sortir des planches d'autocollants en kiss cut et de tracer au feutre, un usage que ce tarif ne laissait pas espérer et qu'aucune imprimante 3D concurrente ne propose aujourd'hui.

Deux réserves méritent réflexion avant de sortir la carte bleue. L'encombrement réel, d'abord, très supérieur à ce que suggèrent les dimensions du châssis : 65 centimètres de profondeur et 80 de large, ce n'est pas un détail dans un appartement, alors sortez le mètre avant de vous décider. La dépendance au cloud ensuite, qui vide la machine d'une partie de ses fonctions dès que vous la déconnectez. À 379 euros seule, 489 en pack Combo et 558 une fois le kit de découpe ajouté, l'A2L reste l'offre la plus agressive du marché rapportée au volume imprimable. Si ces deux réserves ne vous arrêtent pas, vous peinerez à trouver mieux sous 400 euros.

Points positifs du Bambu Lab A2L

  • Un volume de 330 × 320 × 325 mm, soit 34,3 litres, à moins de 400 euros

  • Une qualité d'impression irréprochable

  • Un plateau d'une homogénéité remarquable : 3 °C d'écart sur toute la surface

  • Le kit de découpe à 69 euros, qui transforme l'imprimante en plotter et en traceur

  • La calibration automatique et l'écosystème logiciel, imbattables pour débuter

Points négatifs du Bambu Lab A2L

  • Un encombrement réel de 65 cm de profondeur et 80 cm de large avec l'AMS Lite

  • Une expérience fortement dégradée dès qu'on coupe le cloud Bambu Lab

  • Un plateau bridé à 80 °C, qui exclut l'ABS, l'ASA et le nylon

  • Une purge ruineuse sur les petites pièces : 84 g pour une figurine de 15 g

  • L'alignement des découpes, qui passe par une photo au smartphone faute de caméra zénithale