Test du Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II : la référence des zooms transstandards APS-C
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Lancé à l’automne 2024, le Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II est la deuxième version du zoom transstandard « pro » en monture X. Il conserve l’ouverture constante à f/2,8 et la plage 16-55 mm du modèle de 2015 (équivalent 24-84 mm en 24×36), mais perd près de 250 g face à son aîné de 2015.
Cet allègement s’accompagne d’une formule optique revue, et pour la première fois sur une optique XF, d’une bague d’ouverture débrayable pensée pour la vidéo.
Reste à savoir si cette cure d’amaigrissement s’est faite sans compromis optique. Ce zoom est-il en mesure de gérer le capteur APS-C de 40 Mpx du X-T5 ? Est-il l’objectif à tout faire des hybrides APS-C de Fujifilm ? Voici notre test du Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II.

Sommaire
- Présentation du Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II
- Ergonomie et prise en main
- Qualité d’image du Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II
- Autofocus du Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II
- Face à la concurrence
- Conclusion : Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II, le transstandard remis à niveau
Présentation du Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II
Le zoom transstandard à ouverture constante f/2,8 est un grand classique de chaque monture. Chez Fujifilm, ce rôle était tenu depuis 2015 par le XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR premier du nom. Une optique réputée pour son piqué, mais lourde (655 g), dépourvue de stabilisation et conçue bien avant l’arrivée des capteurs de 40 Mpx. Sur un X-T5, un X-H2, ou un X-E5, elle commençait à montrer ses limites.

D’où cette deuxième mouture, plus légère, retravaillée pour la haute définition et dotée de quelques fonctions bienvenues côté vidéo. Nous ne reviendrons pas en détail sur la fiche technique, déjà décryptée lors de son annonce. Retenons la formule optique de 16 éléments répartis en 11 groupes, dont 4 lentilles asphériques, 1 lentille Super ED et 3 lentilles ED, chargées de contenir les aberrations et la distorsion.

L’ouverture constante à f/2,8 s’appuie sur un diaphragme circulaire à 11 lamelles (contre 9 sur la version précédente). La distance minimale de mise au point est de 30 cm sur toute la plage, pour un grossissement porté à 0,21x. L’autofocus emploie une motorisation linéaire, et la stabilisation optique reste absente : le zoom repose sur l’IBIS du boîtier.

Cet équivalent 24-84 mm en plein format est ainsi un allié bien pratique au quotidien, à l’aise dans un nombre très varié de situations : reportage, paysage, portrait, architecture, etc. De fait, il s’agit de l’optique privilégiée des amateurs comme des professionnels.


Voici la liste des caractéristiques comparées entre les Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II et XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR :
| XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II (nouveau) | XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR | |
|---|---|---|
| Plage focale | 16-55 mm (équivalent 24-84 mm en plein format) | 16-55 mm (équivalent 24-84 mm en plein format) |
| Angle de champ | 83.2°- 29° | 83.2°- 29° |
| Ouverture max | f/2,8 | f/2,8 |
| Ouverture min | f/22 | f/22 |
| Formule optique | 16 lentilles en 11 groupes (4 asphériques, 3 ED, 1 Super ED) | 17 lentilles en 12 groupes (3 asphériques, 3 ED) |
| Diaphragme | 11 lamelles, circulaire | 9 lamelles, circulaire |
| Distance minimale de mise au point | 0,3 m (de 16 à 55 mm) | 0,3 m (à 16 mm), 0,4 m (à 55 mm) |
| Grossissement max | 0,21x | 0,16x |
| Stabilisation optique | Non | Non |
| Tropicalisation | 12 joints d’étanchéité | 14 joints d’étanchéité |
| Mise au point | Motorisation LM | Motorisation LM |
| Diamètre du filtre | ø 72 mm | ø 77 mm |
| Dimensions | 16 mm : ø 78,3 mm × 95 mm 55 mm : ø 78,3 mm × 122 mm | 16 mm : ø 83,3 mm × 106 mm 55 mm : ø 83,3 mm × 129,5 mm |
| Poids | 410 g | 655 g |
| Accessoires fournis | Bouchons, pare-soleil, étui en tissu | Bouchons, pare-soleil, étui en tissu |
| Monture compatible | Fujifilm X | Fujifilm X |
| Prix au lancement | 1349 € | 1099 € |
Ergonomie et prise en main
Au premier abord, le Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II se distingue par son poids réduit. Avec 410 g sur la balance, il fait oublier les 655 g de son prédécesseur. Monté sur le X-T5 (557 g), l’ensemble reste sous la barre du kilogramme et conserve un centre de gravité proche du boîtier. On tient là un couple équilibré, adapté à une longue journée de reportage ou de balade.

Côté dimensions, comptez 9,5 cm de long pour un diamètre de 7,8 cm, soit un gabarit nettement plus contenu que celui du modèle de 2015. En contrepartie, Fujifilm a renoncé au zoom interne : le fût s’allonge d’environ 2,7 cm lorsque l’on passe de 16 à 55 mm. Rien de rédhibitoire, mais les possesseurs de la version 1 seront peut-être un peu déçus.


La construction, elle, reste au niveau attendu. Le fût mêle métal et matériaux composites, avec 12 joints d’étanchéité, une résistance annoncée jusqu’à -10 °C et un traitement au fluor sur la lentille frontale. Le diamètre de filtre passe à 72 mm (contre 77 mm).

On retrouve les habituelles bagues de zoom et de mise au point, larges et suffisamment souples, ainsi que la bague d’ouverture. La nouveauté se cache sur le côté du fût, avec un commutateur qui permet de (dé)cranter la bague d’ouverture. Un système inédit sur les optiques XF, bien appréciable pour ajuster l’exposition en douceur pendant un enregistrement vidéo.


On regrettera simplement l’absence d’un vrai bouton de fonction sur le fût, que l’on trouve sur certaines optiques concurrentes. Hormis ce point, Fujifilm livre un objectif bien construit, bien fini et agréable à utiliser.
Qualité d’image du Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II
Nous avons utilisé le Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II sur un Fujifilm X-T5 et son capteur X-Trans de 40 Mpx, l’un des plus exigeants en APS-C.
N’hésitez pas à cliquer sur chaque image pour l’afficher en plus grand.



Sensation de piqué et netteté
Avec sa formule optique entièrement revue, le XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II était attendu au tournant. Bonne nouvelle : le zoom encaisse sans peine les 40 Mpx du X-T5. À 16 mm, le piqué est déjà élevé au centre dès f/2,8 et se maintient bien jusqu’aux bords.

Toutefois, les angles extrêmes accusent une légère mollesse à pleine ouverture, qui se résorbe progressivement en fermant à f/4, et disparaît à f/5,6.

Le comportement reste très solide sur l’ensemble de la plage. À 35 mm comme à fond de zoom, le centre demeure bien piqué dès f/2,8 et les bords suivent de près.

Fermer d’un cran suffit à améliorer le rendu des coins. Sur le terrain, on peut travailler à pleine ouverture en confiance, ce qui n’allait pas de soi avec la génération précédente sur un capteur aussi défini.

En clair, Fujifilm livre l’un des zooms standards APS-C les plus homogènes qu’il nous ait été donné d’utiliser. Il n’y a pas de vrai point faible sur la plage focale, et le gain par rapport au 16-55 mm de première génération est net.

Aberrations et distorsions
La correction des distorsions, du vignetage et des aberrations chromatiques se fait automatiquement sur les JPEG, et via le profil intégré aux logiciels de développement sur les RAW.
La gestion des aberrations chromatiques constitue un vrai point fort : elles sont très bien maîtrisées et ne se manifestent que très discrètement dans les zones les plus contrastées.



La distorsion, en revanche, est bien réelle une fois le profil désactivé. Les déformations en barillet sont bien nettes à 16 mm, et celles en coussinet sont visibles à 55 mm.


De même, le vignetage est marqué à pleine ouverture aux deux extrémités de la plage. Ces deux défauts sont largement gommés par les corrections automatiques.


Distance minimale de mise au point et bokeh
La distance minimale de mise au point est fixée à 30 cm sur toute la plage, mais le grossissement grimpe à 0,21x (contre 0,16x auparavant). De quoi s’approcher davantage des sujets et cadrer des détails avec un rendu plus flatteur.

Côté bokeh, un zoom ne joue évidemment pas dans la même cour qu’une focale fixe lumineuse. Cela dit, à 55 mm et f/2,8, l’arrière-plan s’efface délicatement et offre des bulles rondes au centre.



Sur les bords, ces bulles adoptent la forme « en œil de chat » classique. Les transitions restent assez douces tant que la différence entre le sujet et l’arrière-plan est suffisamment marquée.


Autofocus du Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II
Le zoom s’appuie sur une motorisation linéaire (LM), sensiblement plus rapide et plus silencieuse que sur la version précédente. En pratique, l’accroche est quasi instantanée et la mise au point parfaitement discrète, y compris en vidéo.

La détection du sujet (visages, yeux, animaux) offerte par le X-T5 fonctionne très bien. Ce n’est pas la focale que l’on choisira en priorité pour l’action, mais il n’y a rien à redire sur sa vivacité, y compris en intérieur ou dans des conditions de lumière difficiles.
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Bon point pour les vidéastes : le focus breathing est très maîtrisé, ce qui rend les transitions plus naturelles. Combiné à la bague d’ouverture débrayable, cet aspect fait du 16-55 mm II un compagnon vidéo convaincant.

En l’absence de stabilisation optique, le zoom s’en remet entièrement à l’IBIS du boîtier. Sur le X-T5, cela suffit largement pour la photo à main levée ; on descend sans difficulté à des vitesses lentes à 16 mm, mais ce sera plus délicat à 55 mm. Avec un hybride non stabilisé plus ancien, comme un X-Pro3 ou un X-E4, le nombre de photos nettes, notamment à fond de zoom, sera plus faible avec une vitesse d’obturation trop lente.
Retrouvez ci-dessous une sélection des photos capturées avec le Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II :













Face à la concurrence
Sur la monture Fujifilm X, le transstandard f/2,8 n’est plus un terrain aussi désert qu’auparavant. Le XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II doit compter avec plusieurs concurrents :
- Sigma 18-50 mm f/2,8 DC DN Contemporary : bien plus compact (285 g) et proposé sous les 550 €, il offre un rapport qualité-prix redoutable. En contrepartie, sa plage est plus courte (équivalent 27-75 mm), il ne dispose pas de bague d’ouverture et sa tropicalisation se limite à un joint situé au niveau de la baïonnette.
- Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD : affiché autour des 600 à 700 €, il mise sur une plage plus polyvalente (équivalent 25,5-105 mm) et sur une stabilisation optique intégrée. Il est cependant plus encombrant (525 g) et lui aussi privé de bague d’ouverture.
- Sigma 17-40 mm f/1,8 DC Art : le plus lumineux de cette sélection. Il offre une ouverture f/1,8 constante, un zoom interne et une bague d’ouverture décrantable, le tout pour 999 €. Optique à fort piqué, elle est aussi plus lourde (530 g), sa plage s’arrête plus tôt au télé (équivalent 25,5-60 mm), car elle est davantage pensée pour la vidéo.
On pourra aussi lorgner du côté du Fujinon XF 16-50 mm f/2,8-4,8 R LM WR, plus léger et plus abordable (749 €) mais à ouverture glissante, ou du XF 16-80 mm f/4 R OIS WR (800 €), stabilisé et doté d’une plage plus longue, pour qui peut se passer du f/2,8 constant.
Conclusion : Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II, le transstandard remis à niveau
Avec cette deuxième version, Fujifilm ne réinvente pas son transstandard pro : il le remet à niveau, et de belle manière. Le poids réduit (près de 250 g de moins) change concrètement l’expérience au quotidien, et la qualité d’image suit le rythme des 40 Mpx des boîtiers les plus définis du constructeur, avec un piqué élevé qui se maintient sur toute la plage focale.
L’autofocus rapide et silencieux, le focus breathing bien géré et la bague d’ouverture débrayable en font par ailleurs un bon outil « hybride », aussi à l’aise en photo qu’en vidéo. Les aberrations chromatiques sont bien maîtrisées et le bokeh est plus que convaincant pour un zoom.

Tout n’est pas parfait pour autant. La distorsion et le vignetage reposent beaucoup sur les corrections logicielles, l’objectif abandonne le zoom interne de son aîné, et l’absence de stabilisation le rend dépendant des boîtiers stabilisés. Son tarif, enfin, le place nettement au-dessus des solutions signées Sigma ou Tamron.
Ces réserves n’entament cependant pas l’essentiel : le XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II est le transstandard f/2,8 le plus abouti de la monture X, et le compagnon tout indiqué d’un boîtier comme le X-T5. Il s’avère donc idéal pour qui cherche un objectif à tout faire, sans se ruiner en focales fixes.
Le Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II est proposé au tarif de 1349 €.
Vous pouvez retrouver ce zoom chez Digit-Photo, IPLN, Digixo, MN Photo Vidéo, Camara, Photo Univers, à la Fnac et dans les boutiques spécialisées.
Test du Fujinon XF 16-55 mm f/2,8 R LM WR II : la référence des zooms transstandards APS-C
Fabrication / finitions
8.8
Ergonomie
8.8
Qualité d'image
8.8
Qualité du Bokeh
8.6
Vitesse de l'autofocus
8.4
Fonctionnalités
8.2
Rapport qualité-prix
8.1
Points forts
Plage focale de 16-55 mm assez polyvalente
Ouverture à f/2,8 lumineuse
AF précis et réactif
Qualité de fabrication et de finitions
Rapport de grossissement et distance de MAP constants
Très bonne qualité d'image et homogènéité dès la pleine ouverture
Points faibles
Absence de stabilisation
Zoom externe
Bien plus cher que la concurrence
8.6
sur 10
Où acheter