10 coups de chances ou de génie ? Les décisions insolites du T1 d'Anderlecht Vitor Bruno font toutes mouche : quelle sera sa surprise contre le PAOK ?
Vitor qui ? Quand, le 22 juin, nous avons cité pour la première fois le nom du Portugais Vitor Bruno comme grand candidat au poste d'entraîneur d'Anderlecht, beaucoup de supporters se sont demandé qui était cet illustre inconnu. Nous aussi, il faut bien l'avouer : il avait fallu fouiller les archives de la presse portugaise pour mieux cerner le personnage.
Presque deux mois plus tard, le constat est assez spectaculaire. Trois victoires, un nul et, surtout, un Anderlecht qui semble déjà métamorphosé dans son animation et son audace.
Mais il y a autre chose. Depuis son arrivée, presque tout ce que tente Vitor Bruno fonctionne. Même ses choix les plus surprenants, ceux qui pourraient passer pour des coups de poker finissent par lui donner raison.
Bruno a-t-il une patte de lapin, comme Rudi Garcia pendant la Coupe du monde ? Ou a-t-il simplement quelques coups d'avance sur tout le monde ?
Voici dix paris osés en quatre matchs qui ont tous porté leurs fruits. Reste à découvrir le onzième, ce jeudi face au PAOK.
1. Nga Kana et Onia Seke titulaires à Hammarby
On avait compris pendant la préparation que Bruno était tombé sous le charme de ses deux ailiers de 17 ans, Onia Seke et Nga Kana. On pouvait imaginer qu'il en lance un à Hammarby, malgré la pression du public suédois. Il a fait beaucoup plus fort : il a titularisé les deux.
Europa League : Anderlecht apprend une nouvelle importante pour la suite de son parcoursEt pas n'importe comment : au détriment notamment de Mihajlo Cvetkovic, le joueur le plus cher de l'effectif, mais aussi de joueurs comme Bertaccini ou Degreef. Les deux adolescents, eux, ont joué sans le moindre complexe.
2. Il confie les coups francs à Sikan
Lors de ses rares apparitions la saison passée, Danylo Sikan avait surtout laissé l'image d'un attaquant généreux, davantage bosseur que finisseur. Ce qu'on connaissait moins, c'était la qualité de sa frappe. Et encore moins ses talents sur coup franc.
Bruno, lui, les connaissait. Il lui a confié cette responsabilité et, à Hammarby, l'Ukrainien a envoyé un bijou dans la lucarne. Même un certain Messi, pourtant gaucher lui aussi, n'aurait pas forcément fait mieux.
3. Kalonji lancé quand Anderlecht se retrouve à dix
À Hammarby, lorsque Saliba est exclu à un quart d'heure du terme et qu'Anderlecht doit protéger son avance, la logique aurait voulu que Bruno fasse appel à un joueur expérimenté, capable de gérer la fin de rencontre. Lui choisit… Noah Kalonji, 17 ans.
Un pari culotté dans un contexte brûlant. Le jeune ne tremble pas et Anderlecht tient finalement son résultat sans réellement paniquer.
4. Le joker Cvetkovic fait basculer le match
Au retour contre Hammarby, nouvelle surprise : Mihajlo Cvetkovic débute encore sur le banc. Une manière de le piquer dans son orgueil ?
Toujours est-il que le Serbe entre avec une faim de loup. Il change le visage de l'attaque anderlechtoise, marque et contribue largement à faire basculer la rencontre. Là encore, le scénario semble avoir été écrit par son entraîneur.
5. Le remplaçant Degreef marque aussi
Autre coaching gagnant face à Hammarby : la montée de Tristan Degreef. Cinq minutes après son entrée, le jeune Anderlechtois inscrit le 3-1.
Bruno est tellement heureux qu'il sprinte vers son joueur pour célébrer avec lui. À ce rythme-là, la question commence forcément à se poser : hasard, instinct ou véritable génie du coaching ?
6. Saliba sur le banc dans l'enfer du PAOK
S'il y avait bien un joueur que Besnik Hasi ou Jérémy Taravel auraient probablement inscrit parmi les premiers sur leur feuille de match pour un déplacement aussi bouillant que celui du PAOK, c'est Nathan Saliba, de retour de suspension.
Bruno voit les choses autrement. Il aligne un triangle Kana-Llansana-Ambros dans l'entrejeu. Llansana n'avait-il pas été jugé un peu trop tendre et trop peu dynamique la saison passée ? Pas aux yeux du Portugais.
Résultat : son milieu tient la route et Anderlecht s'impose 0-1.
7. Sikan monte au jeu comme numéro 10
Si on a appris à Hammarby que Sikan était un spécialiste des coups francs, Bruno nous a fait découvrir contre La Louvière qu'il peut aussi jouer en numéro 10.
Il sort Saliba et place l'Ukrainien au milieu de terrain. Ce dernier s'illustre par deux frappes flottantes de loin qui ont failli surprendre le gardien Peano. C'est en partie grâce à son apport que La Louvière est asphyxiée.
8. Il retarde un changement… et Nga Kana marque
On joue la 69e minute contre La Louvière quand Bruno décide, à 0-1, de sortir Nga Kana et Degreef pour Oliver Antman et Adriano Bertaccini. Les deux joueurs attendent au bord de la ligne de touche aux côtés du 4e officiel, mais Bruno laisse le jeu se poursuivre un instant avant de demander au team manager de lever le panneau électronique annonçant les changements.
Anderlecht, en supériorité numérique, renverse La Louvière dans les arrêts de jeu grâce à Bertaccini (2-1)Pendant ce temps, Maamar sert Nga Kana, qui propulse le ballon au fond du but de Peano. Le stade explose de joie, Bruno renvoie Antman et Bertaccini s'échauffer. Ils n'entreront en jeu que neuf minutes plus tard. "Parfois, il faut un peu de chance", sourit Bruno.
9. Ojea, 16 ans, lancé à 1-1
Et que dire du remplacement de Marco Kana par Noa Ojea, alors âgé de seulement 16 ans, à la 89e minute ? À 1-1, dans une fin de match tendue, beaucoup d'entraîneurs auraient privilégié l'expérience. Bruno lance un gamin.
Ojea n'est pas directement impliqué dans le but du 2-1, mais le symbole est fort : en quatre rencontres, le Portugais a déjà utilisé quatre adolescents. Et il n'a peut-être pas terminé. Le défenseur central Kaïs Barry (20 ans), fils de l'ancien gardien Copa Barry, pourrait bien être l'une des prochaines surprises du chef.
10. Le joker Bertaccini offre la victoire
L'homme du match face à la RAAL aura finalement été Adriano Bertaccini. Pas grâce à un but spectaculaire, mais parce qu'il se trouvait exactement là où il fallait au moment décisif.
Une nouvelle fois, le coaching de Bruno fait mouche. "Berta", qui n'avait encore débuté aucune rencontre, avait forcément été piqué dans son orgueil. Il est entré avec l'envie de montrer qu'il méritait davantage. Et il a donné la victoire à Anderlecht.
En ce moment, tout ce que touche Vitor Bruno semble se transformer en or. Hasard, réussite ou vrai talent pour sentir les matchs ? Le temps permettra de trancher. Mais une chose est certaine : après quatre rencontres, le Portugais n'a quasiment pas fait un faux pas.
Prochain test ce jeudi face au PAOK. Et, désormais, on ne se demande plus si Bruno va nous surprendre mais comment il va encore le faire.
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