Test du Nothing Headphone (1) Pro : le casque Nothing devient vraiment plus "Pro"
Tech
Avec son premier casque circum-aural, Nothing avait surtout réussi à imposer une identité : design transparent, commandes physiques originales et application particulièrement complète. Le Headphone (1) Pro conserve cette recette, mais change nettement d’ambition. Architecture à trois transducteurs, tweeter xMEMS, égaliseur très poussé, mode Flat EQ et collaboration avec Metropolis Studios : cette fois, Nothing veut clairement parler à ceux qui ne considèrent pas leur casque comme un simple accessoire Bluetooth. Cette orientation plus mélomane ne se fait heureusement pas au détriment du quotidien. Malgré un poids toujours conséquent, le Headphone (1) Pro se révèle notamment plus agréable à porter pendant de longues sessions, tandis que la réduction de bruit progresse et que les excellentes commandes physiques sont toujours présentes.
Notre avis
Note finale
9/10
Avec le Headphone (1) Pro, Nothing ne se contente pas d'améliorer son premier casque : la marque lui donne une orientation beaucoup plus mélomane. Son architecture à trois transducteurs, son excellent égaliseur, le Flat EQ développé avec Metropolis Studios et ses nombreuses possibilités de personnalisation justifient bien davantage l'appellation Pro. Il conserve en parallèle les excellentes commandes physiques de Nothing tout en devenant plus confortable lors des longues écoutes. Quelques concessions subsistent, notamment sur le poids et l'autonomie, mais l'ensemble constitue un casque particulièrement complet pour qui aime réellement façonner son expérience musicale.
Notes
- Design9/10
- Confort9/10
- Audio9/10
- Réduction du bruit9/10
- Autonomie8/10
Avantages
- Une approche beaucoup plus mélomane avec trois transducteurs et une personnalisation sonore très poussée
- Un confort nettement meilleur pour les longues sessions
- Nothing X et les commandes physiques toujours excellents
Inconvénients
- Une autonomie inférieure à celle du Headphone (1)
- La richesse des réglages pourra être superflue pour ceux qui veulent un casque totalement plug-and-play
Design : Nothing affine sa formule
Pas besoin de chercher longtemps pour reconnaître un produit Nothing. Le Headphone (1) Pro conserve les grandes oreillettes rectangulaires aux angles arrondis et, surtout, cette utilisation de la transparence devenue la signature de la marque. Nothing ne repart donc pas de zéro, mais travaille davantage les matériaux. On retrouve ici de l’aluminium, du titane usiné ainsi qu’un verre Panda Glass 9H protégeant la partie extérieure. Sous cette surface transparente apparaît même une représentation des trois transducteurs employés par le casque. Le résultat reste assez imposant, mais particulièrement réussi visuellement. Dans un marché où beaucoup de casques haut de gamme finissent par se ressembler, Nothing continue d’assumer une proposition différente.
Avec 327 grammes, le Headphone (1) Pro n’est toutefois pas devenu un poids plume. La marque n’a d’ailleurs pas vraiment cherché à gagner des dizaines de grammes, mais plutôt à mieux les répartir. Le bandeau est désormais 12 % plus épais et 10 % plus large, les oreillettes peuvent pivoter sur 20 degrés et les mousses sont annoncées 50 % plus souples et ça se ressent ! C’est probablement l’une des améliorations les plus appréciables à l’usage.
Fiche technique :
- Type : casque circum-aural sans fil
- Transducteur grave : dynamique 40 mm
- Transducteur médium : dynamique 13 × 8 mm
- Transducteur aigu : xMEMS 3,2 × 6 mm
- Réponse en fréquence : 20 Hz à 40 kHz
- Bluetooth : 6.1
- Codecs : SBC, AAC, LDAC, LC3 pour Broadcast Audio
- Réduction de bruit : ANC adaptative, jusqu’à 46 dB
- Microphones : 10
- Audio spatial : dynamique avec suivi des mouvements de tête
- Audio USB-C : jusqu’à 24 bits/192 kHz
- Entrée jack 3,5 mm : oui
- Connexion multipoint : oui
- Auracast : émission et réception
- Autonomie : jusqu’à 68 heures sans ANC, 30 heures avec ANC
- Autonomie LDAC : jusqu’à 53 heures sans ANC, 28 heures avec ANC
- Charge rapide : jusqu’à 4 heures d’écoute en 5 minutes sans ANC
- Batterie : 1 060 mAh
- Poids : 327 g
- Certification : IP52
- Coloris : noir ou blanc
- Prix : 349€

Pour accompagner son casque, Nothing propose une coque assez particulière, qui peut se transformer en sac à main, malheureusement sans rangement pour les câbles… De quoi lui donner un côté premium ou en tout cas visible et transportable car le coque est quasiment plus lourde que le casque lui même…


Les commandes physiques restent une excellente idée
Nothing a heureusement résisté à la tentation de remplacer ses commandes physiques par de grandes surfaces tactiles. On retrouve ainsi son Roller, une petite molette permettant de modifier le volume de manière très naturelle. Une pression contrôle la lecture et une pression prolongée permet de changer de mode de réduction du bruit. Le Paddle permet de passer au morceau suivant ou précédent, mais également d’avancer ou de reculer à l’intérieur d’une piste. Un bouton supplémentaire peut être personnalisé depuis Nothing X pour déclencher différentes fonctions, dont l’assistant vocal ou ChatGPT sur les appareils compatibles. Le Headphone (1) Pro ajoute surtout le fameux interrupteur du Flat EQ.
C’est simple, immédiatement compréhensible et surtout utilisable sans regarder le casque. Cela reste l’une des meilleures idées ergonomiques de Nothing.
Beaucoup plus agréable sur les longues sessions
Le Headphone (1) Pro peut toujours sembler assez massif lorsqu’on le prend en main, mais il se fait davantage oublier une fois installé. Les coussinets épousent mieux la forme du visage et le bandeau répartit plus efficacement la pression sur le sommet du crâne. Lorsqu’on conserve le casque plusieurs heures, il se montre ainsi plus agréable que le Headphone (1). C’est particulièrement important pour un produit qui veut mettre en avant l’écoute musicale prolongée. Que ce soit pour travailler avec de la musique pendant plusieurs heures, écouter quelques albums successivement ou effectuer un long trajet, le confort est ici nettement plus convaincant. Le poids reste perceptible lors des mouvements rapides, mais il devient beaucoup moins gênant en utilisation sédentaire.

Une architecture à trois transducteurs pour passer un cap
C’est à l’intérieur des écouteurs que Nothing apporte son changement le plus important. Au lieu de confier l’ensemble du spectre à un unique transducteur, le Headphone (1) Pro repose sur une architecture à trois transducteurs. Un modèle dynamique de 40 mm prend principalement en charge le grave et une bonne partie du spectre. Il est accompagné d’un second transducteur dynamique de 13 × 8 mm destiné à renforcer la restitution des fréquences intermédiaires, puis d’un minuscule transducteur xMEMS en silicium qui prend le relais dans les hautes fréquences.
Sur le papier, l’idée est particulièrement intéressante. Chaque transducteur peut être davantage spécialisé plutôt que de demander à une seule membrane de reproduire l’intégralité du spectre. Nothing annonce ainsi une réponse allant de 20 Hz à 40 kHz. Le Headphone (1) reposait pour sa part sur un unique transducteur de 40 mm. C’est l’une des rares comparaisons vraiment nécessaires entre les deux modèles : avec le Pro, Nothing ne s’est pas contenté de retoucher son égalisation. L’architecture acoustique elle-même change. Et c’est surtout cette évolution qui donne du sens au suffixe Pro.

Un casque qui s’adresse davantage aux mélomanes
Mais le positionnement plus haut de gamme du Headphone (1) Pro ne tient pas uniquement à ses trois transducteurs. Il faut également regarder tout ce que Nothing a construit autour. La marque s’est associée avec Metropolis Studios, studio londonien ayant travaillé avec de nombreux artistes internationaux, afin de développer plusieurs éléments de son traitement sonore. Le casque dispose notamment d’un véritable Flat EQ, accessible directement grâce à un interrupteur physique.
Une fois activé, le casque abandonne une partie des traitements destinés à rendre l’écoute plus spectaculaire. L’égalisation personnalisée et l’audio spatial sont notamment désactivés afin de proposer une restitution volontairement plus neutre. L’objectif n’est évidemment pas de transformer ce casque Bluetooth en véritable casque de monitoring de studio. Ce mode traduit plutôt la philosophie générale du produit : permettre à l’utilisateur de choisir beaucoup plus précisément la manière dont il veut écouter sa musique. Et c’est justement ce qui rend l’appellation Pro assez pertinente. On peut très bien profiter d’un réglage plus flatteur au quotidien, puis basculer vers le Flat EQ pour écouter un morceau avec moins de coloration.
La collaboration avec Metropolis Studios va d’ailleurs plus loin que ce simple mode. Nothing propose également cinq profils développés avec le studio :
- Neo-Jazz
- British Rock
- UK Rap + Grime
- Electronica
- UK Bass
Ce ne sont évidemment pas des réglages indispensables, et tout mélomane aura ses propres préférences. Mais l’approche est intéressante. Là où de nombreux constructeurs se limitent à quelques profils très génériques comme « Bass », « Voice » ou « Treble », Nothing cherche ici à proposer des signatures plus spécifiques à certains styles musicaux.

Nothing X : l’une des applications audio les plus complètes
C’est d’ailleurs probablement avec Nothing X que le potentiel du casque s’exprime le mieux. Pour ceux qui ne souhaitent rien régler, plusieurs égalisations simples permettent toujours de modifier rapidement les basses, les aigus, les voix ou les instruments. Mais l’égaliseur avancé est nettement plus intéressant. Plutôt que d’imposer quelques bandes de fréquences fixes, Nothing permet de déplacer différents points sur une plage allant de 20 Hz à 20 kHz et d’intervenir précisément sur leur fréquence, leur intensité et la largeur de la correction. Cela permet de réellement construire une signature sonore selon ses préférences.
Et c’est ici que le Headphone (1) Pro se démarque d’un casque Bluetooth plus classique. Il est parfaitement possible de ne jamais ouvrir cet égaliseur et de profiter du produit avec ses réglages par défaut. Mais celui qui aime affiner ses basses, replacer légèrement certaines voix ou modifier le comportement des aigus dispose d’une marge de manœuvre considérable. Nothing propose également une fonction Personal Sound, qui réalise une analyse auditive afin de créer un profil tenant compte de la manière dont chaque utilisateur perçoit certaines fréquences. Entre le Flat EQ, les presets Metropolis Studios, l’égaliseur avancé et le profil personnalisé, il existe donc énormément de façons différentes d’écouter le même casque. C’est peut-être même sa caractéristique la plus « Pro ».

Un audio spatial qui devient lui aussi personnalisable
Nothing pousse la même logique avec son audio spatial. Le Headphone (1) Pro dispose d’un suivi dynamique des mouvements de la tête et surtout de plusieurs environnements acoustiques. On retrouve ainsi :
- Standard, qui reste le plus polyvalent.
- Studio B, inspiré d’une régie de Metropolis Studios et pensé pour proposer une scène ouverte et précise.
- Live House, qui apporte volontairement davantage de réverbération.
- Club, plus énergique et logiquement destiné aux musiques électroniques, dance ou pop.
- Et enfin Concert Hall, qui privilégie davantage l’espace et se destine notamment aux musiques orchestrales.
Tout le monde ne sera pas sensible à ces traitements et les puristes préféreront probablement conserver une écoute stéréo traditionnelle. Mais, encore une fois, Nothing laisse le choix.
Une ANC plus ambitieuse
Le Headphone (1) Pro ne se concentre heureusement pas exclusivement sur les amateurs de musique. Il reste avant tout un casque sans fil destiné à être utilisé quotidiennement, avec une réduction active du bruit largement retravaillée. Nothing utilise désormais dix microphones, soit cinq par côté. Trois microphones feed-forward et deux feedback travaillent ensemble afin d’analyser les bruits environnants.
L’ANC adaptative peut automatiquement modifier son intensité entre plusieurs niveaux et Nothing annonce une réduction pouvant atteindre 46 dB. Par rapport au Headphone (1), le constructeur évoque une réduction moyenne supérieure de 5 dB et une plage de fréquences couverte 40 % plus importante. Un travail particulier a également été effectué autour du vent. Les microphones ont été davantage orientés vers l’intérieur afin d’éviter qu’un flux d’air arrive directement sur leur membrane. Un mode Transparence reste évidemment disponible lorsqu’il faut entendre rapidement son environnement sans retirer le casque.
LDAC, USB-C 24 bits/192 kHz et Auracast
La connectivité est elle aussi particulièrement riche. Le casque utilise désormais le Bluetooth 6.1 et prend en charge les codecs SBC, AAC et surtout LDAC. La connexion simultanée à deux appareils est toujours disponible, tout comme Google Fast Pair et Microsoft Swift Pair.
Les amateurs de meilleure qualité audio peuvent également passer par une connexion filaire. Le port USB-C permet une lecture jusqu’en 24 bits/192 kHz, tandis que Nothing conserve également une entrée jack 3,5 mm.
C’est un point particulièrement cohérent avec le positionnement du produit : quelqu’un qui souhaite utiliser le casque devant un ordinateur peut donc complètement contourner le Bluetooth. Plus original encore, le Headphone (1) Pro peut fonctionner aussi bien comme récepteur que comme émetteur Auracast. Il peut donc rejoindre une diffusion compatible, mais également transmettre lui-même le son vers plusieurs appareils compatibles.
Une autonomie confortable, mais qui ne progresse pas
Le Headphone (1) Pro embarque une batterie de 1 060 mAh.
Avec le codec AAC, Nothing annonce jusqu’à :
- 68 heures sans ANC
- 30 heures avec ANC
En LDAC, on descend à :
- 53 heures sans ANC
- 28 heures avec ANC
Ces valeurs restent largement suffisantes pour utiliser le casque plusieurs jours sans réfléchir en permanence à sa batterie. La recharge rapide permet par ailleurs de récupérer jusqu’à quatre heures d’écoute en cinq minutes sans ANC, ou deux heures avec la réduction de bruit activée.
C’est en revanche l’un des rares domaines où le Headphone (1) était plus généreux, puisqu’il pouvait atteindre une autonomie supérieure. Rien de réellement pénalisant dans l’absolu, mais le passage à une architecture acoustique et électronique plus complexe ne s’accompagne pas d’une progression de l’endurance.
Verdict
Avec le Headphone (1) Pro, Nothing réussit surtout à donner une véritable direction à sa gamme de casques. Le premier modèle avait installé une identité. Cette version Pro cherche davantage à construire une personnalité sonore autour de cette identité.
L’architecture à trois transducteurs attire évidemment l’attention, mais elle ne suffit pas à elle seule à expliquer l’intérêt du produit. C’est l’association entre cette conception acoustique, le Flat EQ, l’égaliseur avancé, les profils conçus avec Metropolis Studios, le Personal Sound et les différentes possibilités d’écoute filaire qui donne vraiment du sens à l’appellation Pro. Nothing vise clairement un public plus mélomane, qui aime autant écouter sa musique que modifier la façon dont elle lui est présentée. Cela ne signifie pas pour autant que le casque abandonne les usages grand public. Au contraire. La réduction de bruit progresse, les excellentes commandes physiques restent présentes et, surtout, le confort est meilleur lors des longues sessions. Un point loin d’être secondaire pour un casque de 327 grammes.
On pourra reprocher à Nothing une autonomie légèrement inférieure à celle du modèle précédent ou considérer que la multitude de réglages est excessive pour quelqu’un qui recherche uniquement la simplicité. Mais c’est aussi précisément ce qui fait l’intérêt de ce Headphone (1) Pro : il laisse énormément de liberté à celui qui veut réellement façonner son écoute.
Hadrien Miche
Spécialiste Tech
Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2009, avec une expertise en cybersécurité et en tests de produits high-tech.
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