Michèle et Marc, de Montréal, visitent tous les deux ans la Belgique, la Suisse, Paris ou encore la région lyonnaise. Mais l’Alsace, c’est leur coup de cœur de cette année. « Hier, on était à Obernai, au Mont Sainte-Odile, et sur la route des Crêtes. Demain, ce sera Kaysersberg et le Haut-Koenigsbourg. Je planifie le circuit mais c’est mon épouse qui décide », confie Marc, informaticien de 57 ans.

Marc, informaticien de 57 ans de Montréal, a pris part au dernier jour de vendange.   Photo Michel Tschann

Marc, informaticien de 57 ans de Montréal, a pris part au dernier jour de vendange.   Photo Michel Tschann

Pente très raide et graviers secs

Munis d’un seau de 15 litres et d’un sécateur, le couple canadien et 14 autres vendangeurs descendent prudemment les alignements de ceps de vigne, à partir du chemin Montaigne jusque vers la rue du Vignoble, qui longe la Thur. En ce début de matinée, l’air frisquet et le sol encore relativement humide rendent la descente plus aisée.

Mais dès 9 h, il faut caler ses semelles sur une pente très raide (45° par endroits) et sur des graviers volcano-sédimentaires rendus de plus en secs et instables avec la chaleur d’un soleil devenu généreux.

Les bacs de 45 kg sont entreposés sur un transporteur à chenille.   Photo Michel Tschann

Les bacs de 45 kg sont entreposés sur un transporteur à chenille.   Photo Michel Tschann

« Nous n’utilisons pas de hottes, car l’intervalle des rangées dépasse ici 1,5 m et les seaux sont versés au fur et à mesure dans des bacs de 45 kilos. Ces derniers sont chargés sur un transporteur à chenille », explique le maître des lieux, Bruno Herz, qui gère un domaine d’un hectare sur les 18,5 que compte le Rangen, seul vignoble alsacien à être classé grand cru dans sa totalité.

« Durant la matinée, nous espérons récolter entre six et sept hectolitres de raisin. Les grappes sont de bonne qualité sans aucune pourriture et, malgré la canicule, les rendements sont appréciables : 30 hectolitres par hectare pour le pinot gris et 50 pour le riesling, seuil limite imposé par la charte locale. »

Pause-café à 9 h 30 pour l’équipe des vendangeurs   Photo Michel Tschann

Pause-café à 9 h 30 pour l’équipe des vendangeurs   Photo Michel Tschann

Pas de sécheresse à Thann

Le viticulteur, qui gère l’essentiel de ses vignes à Eguisheim, soit 6 ha dont 62 ares en grand cru Pfersigberg, ne craint pas la sécheresse à Thann. « Le sol est bien drainé et s’alimente avec la montagne. » En raison de la chaleur exceptionnelle de cet été, les vendanges ont commencé dès le 17 août et le travail débute tôt le matin et jusqu’à 13 h. Cela représente un décalage de deux mois par rapport aux décennies précédentes. « Je me souviens du 15 octobre 1984 et de ses -5 °, avec cette gelée imprévue, nous avons produit malgré nous des vins de glace. »

Ce 11 septembre était le dernier jour de vendange. Elle s’achèvera à 11 h et toute l’équipe s’attablera autour d’une succulente paella servie dans la cour intérieure des bâtiments Hertz, datant des XVe et XVIe siècles à Eguisheim. On parlera de la qualité des vins et, pour leur part, les Québécois vanteront les vertus du sirop d’érable canadien.