Publié aujourd'hui à 19h24

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Magali Rangin avec AFP

Le monde littéraire est secoué depuis lundi par des accusations d'usage de l'intelligence artifielle visant Thélyson Orélien, auteur de "C'était ça ou mourir", phénomène de la rentrée,

L'affaire est née sur les réseaux sociaux et ne cesse de prendre de l'ampleur, au fil des nouveaux développements. C'était ça ou mourir, phénomène littéraire de la rentrée, signé de l'écrivain canadien d'origine haïtienne, Thélyson Orélien, est accusé depuis le 22 septembre d'avoir été généré par une IA.

Encensé par la critique et véritable succès avec 35.000 exemplaires vendus, ce premier roman d'un auteur inconnu en France s'est vu décerner le prix Fnac lundi 21 septembre. Il figure également dans les premières sélections du prix Goncourt, du prix Goncourt des lycéens, du prix Décembre, du Prix Renaudot, du Prix Renaudot des lycéens, ou encore du Prix Femina 2026.

• Comment est née la polémique?

C'est sur les réseaux sociaux que tout a commencé. L'accusation a été lancée lundi 21 septembre par un compte anonyme baptisé "Balance ton Claude", jusqu'alors confidentiel avec 92 abonnés, qui a affirmé que le roman avait été "presque intégralement" écrit par intelligence artificielle. Pour étayer son propos, il indique avoir utilisé pour l'analyse d'extraits le logiciel américain de détection Pangram, dont il vante la fiabilité.

Ce post, devenu très viral, a été repartagé plus de 1.000 fois et a accumulé près de 4 millions de vues.

À 20 minutes, le compte anonyme a confié s'être intéressé à ce livre en raison des "nombreux lecteurs" qui "le soupçonnaient, assez pour que ça parvienne plusieurs fois à nos oreilles".

• Comment réagissent l'auteur et son éditeur?

Grasset, qui édite en France le livre de Thélyson Orélien, a pris la défense de l'auteur, réfutant toute utilisation de l'IA et "condamnant fermement tout propos malveillant" à son égard.

Ces propos "affirment de façon péremptoire que le livre aurait été nourri ou écrit par une IA" et "blessent affreusement l'écrivain au parcours exceptionnel", poursuit Grasset, défendant un "homme venu à Paris défendre son travail de création, original, puissant".

"J'ai commencé à écrire C'était ça ou mourir à l'automne 2017 et j'en ai achevé le premier jet en 2019", se défend Thélyson Orélien, selon une déclaration rapportée par Grasset. "On peut discuter de mon style, mais faire de ses procédés des preuves d'intelligence artificielle n'a rien à voir avec la critique littéraire".

"Mes traditions sont haïtiennes et caribéennes. Les images, les répétitions et les rythmes sont une parole vivante, elles sont miennes", justifie-t-il encore.

L'éditeur canadien de l'auteur, Boréal, qui l'a publié au printemps au Canada a également réagi à ces accusations, indiquant à l'AFP avoir "pris connaissance des allégations" et ne pas les "prendre à la légère", disant toutefois sa "confiance envers le travail de Thélyson Orélien".

Le président de l'Académie Goncourt, Philippe Claudel, a appelé mercredi à "la prudence" avant de "jeter en pâture" l'écrivain.

• Que disent les nouvelles accusations à l'encontre de Thélyson Orélien?

Mercredi 23 septembre, de nouvelles accusations visant Thélyson Orélien ont émergé au Canada.

Le quotidien québécois La Presse a ainsi indiqué avoir constaté qu'une chronique de Thélyson Orélien publiée en 2013 par le journal était dans sa "quasi-totalité" une "traduction légèrement remaniée" d'un article diffusé quelques jours plus tôt par le journal philippin The Philippine Star, qui est toujours accessible en ligne.

Le quotidien québécois ainsi que le groupe audiovisuel public Radio-Canada évoquent d'autres textes, contenant des passages plagiés, publiés par l'écrivain notamment dans le HuffPost Québec ou sur des blogs.

Radio-Canada indique par ailleurs dans son article qu'une nouvelle de Thélyson Orélien, ayant remporté un prix décerné par le groupe public dans les années 2010, contient des phrases tirées du livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, publié en 1960.

Thélyson Orélien a dénoncé ce jeudi 24 septembre auprès de l'AFP une "volonté" de le "faire taire".

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"Par rapport à tout ce qui se passe dans l'actualité, je suis prêt à m'exprimer quand tout sera calme", a-t-il expliqué. "Parce que maintenant, il y a quand même cette volonté, non seulement d'attaquer le livre, mais surtout ma voix (...), de me faire taire", a-t-il ajouté. "Je préfère donc prendre un peu de recul et attendre que tout se calme", a-t-il conclu, sans indiquer s'il entendait prochainement retourner au Canada, où il habite.

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