À quelques heures de l’arrivée du pape, vendredi 25 septembre, les derniers préparatifs s’accélèrent à Paris, à Metz et à Lourdes, les étapes du voyage de Léon XIV en France. Derrière l’événement retransmis dans le monde entier, une chaîne d’artisans, de religieuses et de professionnels locaux a fabriqué, ces dernières semaines, l’ensemble des objets qui accompagneront la venue du pape.

Les vêtements liturgiques

À Lourdes, sœur Martha, religieuse mexicaine responsable de l’ouvroir liturgique du sanctuaire, a confectionné avec des bénévoles la chasuble et la mitre que portera le pape, ainsi que les nappes d’autel. « Quand j’ai reçu la nouvelle, je suis restée choquée, mais mon cœur a commencé à se remplir d’une très grande joie », confiait-elle dans une vidéo diffusée par le sanctuaire. Aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire), la maison Chéret a travaillé en parallèle sur les ornements destinés à Paris. Antoine et Éliane Chevillard ont fourni en deux mois sept chasubles et sept étoles, ainsi que la mitre de la messe place de la Concorde.

À Troyes, ce sont les Clarisses qui ont pris en charge les nappes d’autel pour Notre-Dame et la Concorde, avec des dimensions hors norme : 5 mètres sur 1,50 pour l’autel parisien. « Cela nous permet d’être proches avec vous pour la venue du Saint-Père », confiait sœur Marie Raphaëlle à Aleteia.

5 000 étoles venues du Roannais

Dans la Loire, quatre entreprises ont fabriqué gratuitement 5 000 étoles liturgiques destinées aux 4 000 prêtres et 1 000 diacres qui officieront à Paris, Lourdes et Metz. Les Tissages de Charlieu ont tissé le jacquard en polyester-coton recyclé en quinze jours, avant que cinq femmes en parcours d’insertion de l’atelier Le Tri d’Emma n’assurent la confection. « C’est important que tout le monde sache que c’est nous qui les avons faites à Roanne », plaisantait Muriel Mayombo Ngolo, salariée de l’association, dans un reportage de TF1.

Une centaine de paroissiennes bénévoles ont ensuite repassé les étoles, avant conditionnement par les Cartonnages du Roannais et acheminement gratuit par les Transports Cognard vers les trois villes. Au total, l’opération représente près de 3 000 heures de travail, selon TF1.

Croix et mobilier

À Lourdes, les services techniques du sanctuaire ont fabriqué et suspendu une croix de 200 kg et 6 mètres de hauteur, qui surplombe le podium de 600 m2 installé sur la prairie. Le même atelier a réalisé huit caisses capables de contenir chacune 40 000 hosties, soit 320 000 au total, pour la communion des fidèles. Pour le Stade de France, l’association SOS Calvaires a fabriqué une croix de cinq mètres, confiée à Louis Joseph et son apprenti Sacha, les mêmes artisans qui avaient déjà travaillé sur la croix de la venue du pape François en Corse.

Toujours pour la veillée parisienne, cinq apprentis ébénistes de 17 à 20 ans du lycée Saint-Jean de Sannois, dans le Val-d’Oise, ont réalisé en vingt jours seulement la cathèdre en chêne sur laquelle siégera Léon XIV. « Le Saint-Siège voulait un fauteuil assez sobre », précisait leur professeur Mathieu Dafonseca à Aleteia. À Paris toujours, l’ébéniste Gabriel Hostachy a livré dans le même délai serré le reliquaire destiné à la sainte tunique du Christ, présentée aux 80 000 jeunes réunis au Stade de France.

Repas et fromages à Lourdes

À l’évêché de Tarbes-et-Lourdes, le cuisinier Guillaume Lahet prépare les trois repas de Léon XIV : poule au pot en croûte, porc noir, truite des Pyrénées, haricots tarbais et gâteau à la broche, jusqu’au pain confectionné avec un levain à l’eau de Lourdes. Un menu pensé comme une déclaration d’attachement au territoire pyrénéen.

Selon La Dépêche du Midi, qui y consacrait sa une locale, le fromager Dominique Bouchait, meilleur ouvrier de France installé à Montréjeau (Haute-Garonne), a composé pour l’occasion un plateau de 40 à 45 fromages, dont 20 % de production locale, une manière pour la filière régionale de s’associer, elle aussi, jusque dans l’assiette du pape.

La musique, de Paris à Metz

À Paris, l’enjeu choral est considérable. Trois niveaux de chœur animeront la messe de la Concorde, du chœur pilote de la maîtrise de Sainte-Anne-d’Auray à un ensemble de plus de 1 000 choristes venus de toute la France. « Assurer une animation liturgique à la hauteur de l’événement en un temps record de répétitions » est le vrai défi, selon le père Guillaume Normand, responsable de la liturgie pontificale. Pour la veillée du Stade de France, une chorale géante de 2 000 jeunes se prépare depuis juin sous la houlette de l’association Ecclesia Cantic.

À Metz, dernière étape du voyage le 28 septembre, c’est la maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne qui portera l’ensemble de la journée, rencontre interreligieuse, messe et déambulation, dans ce qui s’annonce comme un véritable marathon musical pour l’ensemble choral local.

Moquette et logistique

Au sol, l’entreprise familiale des Hautes-Pyrénées Masseboeuf&Fils pose près de 1 200 mètres carrés de moquette, dont 800 m² pour le seul podium de la messe de Lourdes. Bastien et Pierre Masseboeuf avaient déjà été mobilisés pour les visites de Jean-Paul II et de Benoît XVI, ce qui en fait l’un des rares prestataires locaux à avoir accompagné trois pontificats.

À Paris, cette mission logistique change d’échelle, c’est le groupe lyonnais GL events, fort de 6 500 collaborateurs et déjà présent lors de la venue de Jean-Paul II en 1986, qui a été chargé des podiums et de la gestion des flux, aux côtés de 2 500 sanitaires installés pour la foule.