Les émissaires américains Jared Kushner et Steve Witkoff ont présenté à Kiev de nouvelles propositions, "plus efficaces", visant à mettre fin à la guerre avec la Russie, et le président Volodymyr Zelensky est en réunion ce dimanche soir avec eux deux, a déclaré dimanche à l'AFP un haut responsable de la présidence ukrainienne.

"Ce n'est plus comme avant. Cette fois-ci, c'est plus efficace", a déclaré ce responsable à l'AFP, ajoutant : "Ils sont toujours en pourparlers... Ils sont désormais à trois".

Malgré des pourparlers "positifs", Zelensky craint que la guerre se poursuive cet hiver

Volodymyr Zelensky avait mené dimanche de premiers pourparlers avec Steve Witkoff et Jared Kushner, à l'issue desquels le président ukrainien n'avait pas semblé optimiste.

"Nous comptons sur le soutien de nos partenaires européens si la guerre se prolonge durant l'hiver, ce qui semble être le cas pour l'instant", avait-il déclaré lors d'une conférence de presse dimanche soir après ses échanges à Kiev avec les émissaires de Donald Trump

De son côté, Steve Witkoff, qui s'était plus tôt félicité de discussions "très significatives" dimanche à Kiev après avoir été reçu au Kremlin samedi soir, a de son côté souligné que Moscou et Kiev devraient faire des compromis pour trouver une issue à la guerre qui les oppose depuis l'invasion russe du pays en 2022.

"Il faudra que les deux parties fassent des compromis et réduisent les divergences, et nous pensons disposer des éléments nécessaires pour y parvenir", a-t-il dit. "C'est très difficile, mais nous sommes déterminés", a-t-il ajouté.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à gauche) accueille les envoyés spéciaux américains Steve Witkoff (à droite) et Jared Kushner (au centre) avant leurs entretiens à Kiev, le 6 septembre 2026, dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine. © AFP

le président ukrainien Volodymyr Zelensky (au centre), l’envoyé spécial américain Steve Witkoff (à gauche) et le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner (à droite), posent pour une à Kiev, le 06 septembre 2026. © AFP

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à gauche) participe à une réunion avec l’envoyé spécial américain Steve Witkoff (2e à droite) et le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner (à droite), à Kiev le 6 septembre 2026, alors que l’Uk © –

"Je crois que chacune de ces rencontres fondamentales nous rapproche de la paix", a déclaré M. Zelensky à la presse.

"Nous remercions les États-Unis pour leur soutien ainsi que le président Trump d'avoir donné à la délégation américaine l'occasion d'être ici", a-t-il ajouté.

Mais le président ukrainien a maintenu que la question territoriale -- centrale dans le conflit -- ne pouvait être réglée que lors de rencontres entre chefs d'Etat.

"Je veux m'en tenir à ma position qui est que des questions aussi complexes (sur les territoires, NDLR) ne peuvent être résolues qu'au niveau des dirigeants", a dit Volodymyr Zelensky, qui appelle de longue date son homologue russe à négocier directement, ce à quoi Vladimir Poutine se refuse.

Une autre session de pourparlers impliquant les deux envoyés américains, la délégation ukrainienne et des conseillers européens, respectivement l'Allemand Günter Sautter, le Britannique Jonathan Powell et le Français Emmanuel Bonne, a également eu lieu.

Vladimir Poutine s'était quant à lui entretenu pendant trois heures samedi soir avec Steve Witkoff et Jared Kushner au Kremlin.

Aucune avancée jusqu'à présent

Il s'agit de la première visite en Ukraine de M. Witkoff, un homme d'affaires proche de M. Trump, et M. Kushner depuis le début de leur médiation.

Depuis son retour à la Maison Blanche début 2025, Donald Trump a amorcé plusieurs cycles de discussions pour trouver une issue à la guerre déclenchée par l'invasion russe de 2022, la plus meurtrière en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Mais ces tentatives n'ont jusqu'à présent mené à aucune avancée tangible.

Les négociations bloquent essentiellement sur la question territoriale, Moscou exigeant que l'armée ukrainienne se retire entièrement de la région orientale de Donetsk, ce que Kiev refuse catégoriquement.

Donald Trump n'a pas précisé si la proposition transmise par ses émissaires impliquait une cession de territoires de la part de l'Ukraine, comme il l'avait laissé entendre auparavant.

"On espère que ces négociations résoudront quelque chose. En tant qu'Ukrainienne, je veux que cela ait lieu avec une préservation de nos territoires", a dit à l'AFP Ioulia, 41 ans, rencontrée à Kiev. Elle dit venir des territoires sous occupation russe et travailler comme femme de ménage.

Iaroslav, 29 ans, un autre habitant de Kiev qui refuse de donner son nom de famille, était sceptique : "Il y a déjà eu tellement de négociations" sans que la paix n'advienne, dit-il à l'AFP.

A l'occasion de ces nouveaux pourparlers, Vladimir Poutine a décrété une cessation des frappes sur Kiev pour trois jours, de samedi jusqu'à lundi inclus. Volodymyr Zelensky a lui annoncé un arrêt des attaques visant Moscou pendant la même période.
 

Ailleurs en Ukraine et en Russie, les hostilités se poursuivent.

Dans la nuit de samedi à dimanche, Moscou a attaqué l'Ukraine avec 108 drones et des missiles, a rapporté l'armée de l'air ukrainienne, affirmant en avoir abattu la plupart et précisant que 11 sites du pays avaient néanmoins été touchés par ces bombardements.

Pour sa part, l'armée russe a affirmé avoir neutralisé 258 drones ukrainiens lancés sur la Russie pendant la nuit écoulée. Un incendie a touché une entreprise dans la ville de Riazan, au sud-est de Moscou, selon le gouverneur, le média russe ASTRA affirmant qu'il s'agissait d'une raffinerie.

Les négociations bloquent essentiellement sur la question territoriale, Moscou exigeant que l'armée ukrainienne se retire entièrement de la région orientale de Donetsk -- son objectif prioritaire -- ce que Kiev refuse catégoriquement.

"On espère que ces négociations résoudront quelque chose, en tant qu'Ukrainienne, je veux que cela ait lieu avec une préservation de nos territoires", affirme à l'AFP Ioulia, 41 ans, rencontrée à Kiev. Elle dit venir des territoires sous occupation russe et travailler comme femme de ménage.

Iaroslav, 29 ans, un autre habitant de Kiev qui refuse de donner son nom de famille, est sceptique : "Il y a déjà eu tellement de négociations" sans que le paix n'advienne, dit-il à l'AFP.
 

Le président russe Vladimir Poutine rencontre les émissaires spéciaux du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, au Kremlin à Moscou, en Russie, le 5 septembre 2026. © Getty Images

Un certain nombre d'idées

Vladimir Poutine s'est entretenu pendant trois heures samedi soir avec Steve Witkoff et Jared Kushner, une conversation que le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov a qualifiée de "constructive, extrêmement franche et empreinte de confiance".

Selon M. Ouchakov, les représentants américains ont "présenté un certain nombre d'idées sur les voies possibles menant à un règlement". La partie russe "s'est dite confiante dans la réalisation des objectifs fixés", a-t-il ajouté, sans dévoiler ces derniers.

Un porte-parole de la Maison Blanche a par la suite déclaré à l'AFP que les deux émissaires avaient "discuté de plans substantiels pour les prochaines étapes, qui seront annoncés dans les semaines à venir".

"La situation n'est bien sûr pas simple", a déclaré le président russe aux deux envoyés dans une vaste salle du Kremlin.

Le président américain n'a pas précisé si la proposition transmise par ses émissaires impliquait une cession de territoires de la part de l'Ukraine, comme il l'avait laissé entendre auparavant. Il a juste déclaré: "Nous avons une idée pour la paix".

Il a par ailleurs attribué la guerre, qui a débuté avec l'invasion russe de février 2022, à un "problème de personnalité" entre MM. Zelensky et Poutine.
 

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à droite), l'envoyé spécial américain Steve Witkoff (au centre) et le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner (à gauche), participent à une conférence de presse conjointe à l'issue de leurs entr © - AFP

Suspension des frappes sur Kiev

A l'occasion de ces nouveaux pourparlers, Vladimir Poutine a décrété une cessation des frappes sur Kiev pour trois jours, de samedi jusqu'à lundi inclus. Volodymyr Zelensky a lui annoncé un arrêt des attaques visant Moscou pendant la même période.

Ailleurs en Ukraine et en Russie, les hostilités se poursuivent.

Dans la nuit de samedi à dimanche, Moscou a attaqué l'Ukraine avec 108 drones et des missiles S8000 Banderol, a rapporté l'armée de l'air ukrainienne, affirmant en avoir abattu la plupart et précisant que 11 sites du pays avaient néanmoins été touchés par ces bombardements.

Pour sa part, l'armée russe a affirmé avoir neutralisé 258 drones ukrainiens lancés sur la Russie pendant la nuit écoulée. Un incendie a touché une entreprise dans la ville de Riazan, au sud-est de Moscou, selon le gouverneur, le média russe ASTRA affirmant qu'il s'agissait d'une raffinerie.