Un robotaxi Waymo joue les indics en dénonçant à la police de dangereux passagers à bord d'un véhicule
Un robotaxi Waymo a alerté la police de San Francisco après avoir repéré un fusil d'assaut à bord de l'un de ses véhicules autonomes. Deux jeunes passagers ont été interpellés lors d'un contrôle policier risqué, il y a quelques jours.

Un robotaxi qui appelle la police pour dénoncer ses propres passagers et joue un peu l'indic, non, nous ne sommes pas dans un film de science-fiction. C'est ce qui s'est produit le 3 septembre 2026 dans le quartier résidentiel d'Outer Richmond, situé en bordure du gigantesque Golden Gate Park de San Francisco, pour les connaisseurs. Grâce à ses multiples capteurs et caméras, la voiture autonome Waymo, la filiale d'Alphabet (Google) qui s'impose peu à peu outre-Atlantique, a repéré une arme dans l'habitacle et déclenché l'alerte, entraînant un contrôle policier musclé et deux arrestations. Les passagers, mineurs, ont depuis été placés en détention.
C'est SFGate qui a dévoilé cette affaire assez atypique, qui témoigne du changement d'époque technologique que nous vivons. Dans la nuit du 3 septembre, un peu avant 4 heures du matin, des employés de Waymo ont repéré une arme à feu dans l'un de leurs véhicules autonomes circulant dans le quartier d'Outer Richmond, du côté du 800ème bloc de la 40ème Avenue à San Francisco. L'entreprise a aussitôt stoppé la course et alerté les secours, avant de coopérer pleinement avec la police locale.
Une fois arrivées, les forces de l'ordre ont procédé à ce qui est sur place qualifié de « contrôle à haut risque », c'est-à-dire une procédure réservée aux interventions jugées potentiellement dangereuses. Dans l'habitacle, les agents mettent la main sur un fusil de type AR sans numéro de série, un ghost gun, donc intraçable par nature. Et ce n'est pas tout, puisqu'ils sont aussi tombés sur de la marijuana présumée et une bombe lacrymogène, comme a pu le préciser la porte-parole du SFPD (San Francisco Police Department), Allison Maxie.
Les deux passagers concernés, un garçon et une fille, ont été interpellés puis conduits au centre de détention pour mineurs de la ville. Ils doivent répondre de charges liées à la possession illégale d'une arme à feu. L'enquête, elle, reste ouverte, pour recueillir davantage d'éléments sur les deux mineurs et leurs agissements.

La surveillance embarquée des robotaxis en question
Cette interpellation n'est pas qu'un hasard ni un simple coup de chance. Les robotaxis embarquent de façon générale tout un arsenal de capteurs, jusqu'à 29 caméras, cinq lidars et six radars selon les modèles Waymo, le tout relié au logiciel de conduite maison, une sorte de cerveau numérique qui pilote et observe simultanément. Ce système surveille en continu l'habitacle, généralement pour assurer et veiller à la propre sécurité des passagers, mais aussi pour repérer des infractions mineures, comme l'absence de ceinture ou une cigarette allumée.
On ignore toutefois si les capteurs ont eux-mêmes détecté que l'arme était chargée, ou si cette précision provient de la fouille policière, attribuée après coup à l'alerte de Waymo. Cela limite un peu ce qu'on sait réellement du fonctionnement de cette surveillance embarquée.
Ce n'est en tout cas pas une première, puisqu'en juillet, Waymo avait déjà prévenu la police de San Mateo après avoir surpris deux adolescents de 15 ans en train de boire de l'alcool et de s'amuser avec des pistolets à billes gélifiées. Moralité, ce n'est pas parce qu'on monte à bord d'un robotaxi dépourvu de présence humaine qu'on peut faire et transporter ce qu'on veut à bord.