Avec sa veste bleu ciel, il était l’un des fauteurs de troubles le plus reconnaissable. Le tribunal correctionnel de Toulon a jugé ce lundi selon le mode de la comparution un ressortissant polonais interpellé à la fin de la manifestation qui s’est soldée par des scènes de chaos ce samedi à Toulon.

Poursuivi pour des « violences sans incapacité et des outrages » commis à l’encontre de policiers nationaux, ce sans domicile fixe âgé de 21 ans a été condamné à 5 mois de prison. Il a été incarcéré dans la foulée.

Selon les éléments de la procédure qui repose largement sur les images d’un drone de la police, Pawel P. s’est livré à des jets de projectiles alors que les forces de l’ordre étaient violemment prises à partie dans le centre-ville, boulevard Maréchal-Leclerc, du côté du cinéma Pathé.

Le centre-ville de Toulon ce samedi après-midi

« Je ne voulais pas participer [à cette manifestation] mais mon frère handicapé a reçu une grenade et ça m’a énervé », a avancé le prévenu assisté d’une interprète. Le jeune homme qui a présenté des excuses, tête baissée, à la barre du tribunal était en état d’ivresse au moment des faits.

« Ce n’est pas un simple dossier d’outrages et de violences, c’est une atteinte à l’autorité publique, aux institutions », a plaidé Me Élodie Pellequer, aux intérêts de quatre plaignants de la brigade anticriminalité (Bac).

« Les policiers nationaux n’en peuvent plus, ils m’ont fait part de leur fatigue et de leur désarroi. Ce qui est frappant c’est l’évolution de cette journée et finalement le peu d’effectifs de police pour faire face à 150 casseurs… »

« Ça mérite de la prison ferme »

« Vous devez apporter une réponse extrêmement ferme aux violences dont les agents de la République sont victimes », a-t-elle insisté.

Le prévenu a affirmé à la barre du tribunal avoir utilisé un extincteur pour éteindre un incendie.
Le prévenu a affirmé à la barre du tribunal avoir utilisé un extincteur pour éteindre un incendie.
Camille Dodet / Var-Matin

De son côté, la procureure Sandra Fargetas a requis dix mois d’emprisonnement. « Il ne s’agit pas de juger dans l’émotion mais de condamner celui-là pour ce qu’il a fait sans lui imputer ce qu’ont fait les autres », a-t-elle posé avant de rendre un hommage appuyé au travail des policiers.

« Je n’ignore pas que le prévenu n’a pas de casier judiciaire mais il s’est acharné sur des policiers pendant deux heures et ça mérite une peine de prison ferme. »

« Ce n’est pas un bandit de grand chemin »

« Ce n’est pas le dossier du casseur exemplaire auquel on pourrait s’attendre », a plaidé en défense, Me Stéphanie Pitavin. « C’est un SDF de la ville de Toulon qui s’est implanté là avec son frère, il était comme à son habitude à l’angle de l’avenue Vauban en train de s’alcooliser… »

« Les projectiles qu’il a lancés n’ont pas atteint les policiers, il reconnaît les outrages. Il a été interpellé parce qu’il ne s’enfuit pas, comme un lapin pris dans les phares d’une voiture, ce n’est pas un bandit de grand chemin. »

Le tribunal présidé par la juge Marie-Laure Arnouil a assorti la condamnation de Pawel P. à 5 mois de prison ferme d’une interdiction du territoire français pendant dix ans. « Vous n’avez pas participé aux pillages, si tel avait été le cas, la peine aurait été beaucoup plus élevée. »