Un incendie à Paris le jour des manifestations "contre la vie chère", avec la tour Eiffel en arrière-plan, le 17 octobre 2026

Un incendie à Paris le jour des manifestations "contre la vie chère", avec la tour Eiffel en arrière-plan, le 17 octobre 2026 - Guillaume Saligot © 2019 AFP

Plusieurs sources sécuritaires et policières jointes par BFMTV affirment que des membres de l'ultragauche, hors de tout parti politique, sont à l'origine du chaos généré samedi, et ont été rejoints par "des jeunes des quartiers populaires" en petite couronne, venus en nombre piller dans des commerces.

Ce sont des scènes qui ont marqué tous les esprits ces 17 et 18 octobre: des commerces pillés, des bâtiments incendiés, des violences débridées, en parallèle de cortèges pacifiques de manifestants venus très nombreux pour exprimer des revendications sociales, quelque 550.000 selon le ministère de l’Interieur, plus de 800.000 selon les organisateurs.

Des revendications rendues parfois inaudibles par la multiplicité des violences commises en dehors des cortèges. Plus les heures passent, plus les éléments judiciaires et de renseignement permettent aux autorités de dresser le profil des personnes soupçonnées d’avoir commis ces exactions.

Selon une source sécuritaire à BFMTV, samedi, "des membres de l’ultragauche étaient présents tout au long de la journée sur la place de la République, et ont commencé à prendre à parti les forces de l’ordre dès 13h."

Que recouvre ce terme générique d’ultra gauche? "L’ultra gauche, ce sont des groupuscules violents, radicaux, en marge du champ démocratique et républicain, et hors de tout parti politique : parmi eux les antifa - les plus nombreux, souvent bien insérés, étudiants ou jeunes actifs, avec une vision très radicale de la politique -, les anarcho-autonomes, qui vivent souvent en marge de la société dans des ZAD (zones à défendre) ou dans des squats par exemple, et les anarchistes, plus minoritaires."

Au total, le renseignement comptabilise un peu plus de 5.000 personnes qu’ils rattachent à cette catégorie en France. "Ces groupuscules rejettent l’État, l’autorité, la justice, les partis politiques, et ils profitent de certaines contestations pour imposer leur violence", abonde une autre source sécuritaire, jointe par BFMTV. Une violence qui existe aussi à l'ultra droite, "mais qui ne s'est pas mobilisée le 17 octobre".

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"Une porosité née lors du mouvement lycéen"

Les membres d'ultra gauche sont-ils identifiés par les autorités comme étant derrière les pillages à Paris ? "Non", répond l’une des deux sources. "Ce sont plutôt des jeunes majeurs, venus des cités et qui ont répondu à des appels sur les réseaux sociaux à venir piller et profiter de la casse par opportunisme." Une autre source policière nous précise que sur les personnes interpellées lors de pillages à Paris, "environ 20% seulement résident dans la capitale, la grande majorité viennent de petite couronne."

Une alliance "inédite" à Paris, selon l’une des sources sécuritaires, "entre professionnels de la violence et de la perturbation appartenant à l'ultra gauche, et jeunes des quartiers populaires qui sont venus les alimenter en très grand nombre", née notamment grâce à "une porosité entre ces deux mondes qui s’est installée durant un mois grâce au mouvement lycéen." Pour attester de cette analyse, ces sources sécuritaires citent notamment les nombreuses vidéos de pillage sur les réseaux sociaux, mais aussi des "appels postés le jour même à venir tout casser, à localiser précisément où il fallait aller, appels que l’on a retrouvés a posteriori à la fois sur des réseaux sociaux mais aussi sur des réseaux très fermés de jeux video par exemple".

Des appels émanant tantôt de personnes identifiées comme étant d'ultra gauche, tantôt comme jeunes des quartiers populaires, et qui, selon ces sources, ont continué tout au long de l’après-midi et de la soirée. "Ils ont eu du sang neuf et des renforts toute la journée, contrairement à nous", lâche, amer, une source policière. "Les jeunes des quartiers populaires qui sont venus ont constitué ce carburant, cette force, qui a permis ce chaos que veut voir arriver l’ultra gauche, qui veut faire tomber les institutions", analyse une des sources sécuritaires.

Tous les soirs dans Le Titre à la Une, découvrez ce qui se cache derrière les gros titres. Zacharie Legros vous raconte une histoire, un récit de vie, avec aussi le témoignage intime de celles et ceux qui font l'actualité.

Manque d’anticipation et perte de contrôle face aux pilleurs: comment expliquer le fiasco policier du 17 octobre?

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Des affiches en IA parfois fausses qui ont ralenti le renseignement

Le renseignement territorial a-t-il failli à prévoir cette alliance et ce volume de personnes violentes ? "Il y a eu plusieurs difficultés dans le travail d’anticipation, notamment une carte recensant des actions mais qui pour certaines étaient farfelues et n’ont jamais existé, or les policiers ont pris du temps à toutes les analyser en amont, parfois pour rien. Et puis une multiplicité d’affiches générées par IA, qui étaient là aussi de faux appels pour beaucoup d’entre elles. Tout cela a dilué les capacités d’appréciation", estime l’une des sources sécuritaires. 

Prochaine journée de mobilisation sociale en ligne de mire pour le renseignement: le 5 novembre. "Le 17 octobre n’est pas la dernière journée difficile qu’on aura à connaître", prédit l’une des sources policières.

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