En novembre 1956, Francesco Di Zinno, dit Franco, arrive en Belgique. Comme beaucoup d'Italiens, il quitte sa terre natale pour travailler, dans une période d'après-guerre compliquée en Italie. Et alors qu'il ne pensait poser ses valises au plat pays que pour quelques années, 70 ans plus tard, Franco est assis place des Italiens, à Huy, pour découvrir avec sa famille la nouvelle fresque qui ornera cette place et rendra hommage aux hommes et aux femmes qui partagent son histoire.

"Nous étions un peu moins de 20 à débarquer ici depuis Montagano, un tout petit village du Molise. Il ne reste plus que moi, explique le nonagénaire. Nous arrivions ici avec un contrat déjà signé et, donc, l'espoir d'une vie meilleure. J'ai passé un mois au Portugal parce que j'ai suivi un de mes patrons qui me voulait avec lui, mais je ne suis pas resté. La Belgique était beaucoup plus intéressante pour ma famille. "

L'immigration italienne a marqué toute une ville

Se remémorant ses années de travail, Franco n'a pas caché sa fierté lors de la présentation de cette nouvelle œuvre, dévoilée officiellement ce samedi et sur laquelle il apparaît. "C'est beaucoup de fierté et d'émotion. Des années plus tard, on se rend compte que l'immigration italienne a marqué toute une ville. Une ville qui nous a tant donné. Huy, c'est une partie de notre histoire, et cette place, où il y aura cette fresque pour de nombreuses années, aussi. "

Cette place n'a d'ailleurs pas été choisie au hasard. Nommée dans un premier temps place d'Italie, Huy a décidé de changer le nom en place des Italiens pour mettre l'accent sur les hommes et les femmes qui sont venus s'installer dans la ville.De nombreux Italiens l'empruntaient à pied pour se rendre à l'usine.

Franco ne faisait pas exception. "Je l'ai traversée des centaines de fois, cette place. Je suis très ému d'être ici des années plus tard. On se rappelle, on pense à ceux qui ne sont plus là.Jepense que c'est une très bonne idée d'avoir rénové cette fresque, comme ça, les passants pourront découvrir notre histoire."

"Cette histoire rejoint celle de mon mari, qui est sicilien, et donc, par conséquent, celle de mes enfants"

Cette histoire, c'est Fabienne Loodts, artiste hutoise, qui a eu la lourde tâche de la raconter à travers quatre tableaux symbolisant les différentes étapes de l'immigration. Quatre représentations que l'artiste voyait pour la première fois réunies. "Je n'avais pas encore eu l'occasion de les voir côte à côte parce que je travaillais toujours sur les toiles de manière individuelle. Je suis contente du rendu. C'était une première pour moi de travailler sur un tel sujet. Et je voulais le faire de belle manière parce que cette histoire rejoint celle de mon mari, qui est sicilien, et donc, par conséquent, celle de mes enfants. J'ai un peu du mal à réaliser que ce soit fini parce que je travaille dessus depuis très longtemps. Mais je suis contente des premiers retours. "

En effet, en traversant la place, les éloges pleuvent sur cette fresque colorée qui habille désormais un lieu chargé d'une histoire à l'accent italien.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.