Une visite d'État inédite attend le roi Philippe et la reine Mathilde : "Il y a beaucoup de sens à consolider nos liens"
Cap sur le Kazakhstan, partenaire clé de la Belgique en Asie centrale, pour le roi Philippe et la reine Mathilde qui s'envoleront le 11 octobre pour cette deuxième et dernière visite d'État de l'année. Une visite inédite pour un souverain européen dans ce pays.
"Nous sommes entrés dans une nouvelle étape de notre développement politique", nous dit Roman Vassilenko, l'ambassadeur du Kazakhstan en Belgique. La délégation compte 110 personnes dont 25 CEO, 7 recteurs et 4 ministres : Jean-Luc Crucke, qui remplace le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, retenu par le conclave budgétaire ; les ministre-Présidents Boris Dilliès et Adrien Dolimont et la ministre flamande Cieltje Van Achter.
Au cœur du périple : une coopération stratégique sur les minerais critiques, des partenariats économiques et académiques, notamment autour de l'intelligence artificielle. Cette visite va notamment mettre en lumière des projets concrets dans les domaines de la connectivité, de l'éducation, de l'innovation, de l'énergie, de l'industrie et des investissements.
Le Palais royal diffuse un nouveau portrait du prince Emmanuel pour ses 21 ans (PHOTO)Nouveaux partenariats
Elle devrait "agir comme un accélérateur" sur ces chantiers communs : transport et logistique, matières premières critiques, pétrochimie, agriculture, transformation numérique, intelligence artificielle et finance, coopération universitaire et scientifique. Le chef de l'État kazakh espère notamment faire oublier les affaires de corruption - dont le Kazakhgate - qui ont sali son prédécesseur.
Kassym-Jomart Tokaïev a souligné qu'il accordait "une importance exceptionnelle" à la venue du roi des Belges. Le commerce bilatéral dépasse désormais le demi-milliard de dollars. Sans oublier un intérêt européen croissant pour l'Asie centrale, dont le pays est la porte d'entrée. En tant que prince héritier, Philippe s'était déjà rendu au Kazakhstan à trois reprises.
L'objectif principal de cette visite d'État est de poursuivre la ligne de diversification des partenariats belges comme précédemment en Afrique du Sud, au Vietnam ou au Chili. Maxime Prévot souligne aussi l'impact du volet économique. "La Belgique est le 6e partenaire économique du Kazakhstan en termes de nombre d'entreprises présentes et actives dans le pays. Il y a donc effectivement beaucoup de sens dans cette période de recherche de partenaires économiques fiables, de diversification de nos relations commerciales et diplomatiques, à consolider des liens avec le Kazakhstan et ses pays voisins."
Dans l'autre sens, le président Tokaïev décrit la Belgique comme "l'un des partenaires clés du Kazakhstan au sein de l'Union européenne". Siège des institutions européennes et de l'Otan, Bruxelles est un point d'accès politique incontournable pour un pays qui cherche également à diversifier ses engagements et à renforcer ses liens avec l'Occident.
guillement"La Russie demeure un partenaire et un investisseur très important pour le Kazakhstan, pour l'économie."
Sur la question des Droits humains et de la proximité avec le grand voisin russe, l'ambassadeur en poste à Bruxelles indique que le Kazakhstan "travaille sur ces sujets" et précise que son pays "partage avec la Russie la plus longue frontière terrestre continue au monde. Elle fait 7 591 km. Il est choquant pour nous que ces deux pays puissent être en guerre. Notre position est fondée sur le respect des principes de la charte de l'Onu, dont le respect de la souveraineté, de l'intégrité des frontières et la solution des problèmes entre les pays par la diplomatie. Le président a appelé à arrêter le conflit armé, à retourner aux négociations et à se diriger vers un cessez-le-feu." Il ajoute : "La Russie demeure un partenaire et un investisseur très important pour le Kazakhstan, pour l'économie."
Face à Poutine, le président kazakh lance un rare appel à "arrêter" la guerre en Ukraine: "C'est regrettable, des jeunes meurent..."Le film Borat, de Larry Charles (2006), avec un personnage principal kazakh incarné par le comédien et humoriste Sacha Baron Cohen reste dans toutes les mémoires. Cette caricature d'un pays choisi peut-être pour son apparente opulence, a eu le mérite de mettre en lumière ce pays géant et peu touristique, de le faire entrer dans les chaumières, de gré ou de force parfois, avec un humour noir qui visait aussi les œillères d'une Amérique peu informée. Cette publicité inespérée a rendu culte ce pays. L'ambassadeur kazakh se réjouit que la délégation belge se rendra compte que "le vrai Kazakhstan n'est évidemment pas comme ça !"…
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