Quand Vincent Kompany vient à Bruxelles, tous les politiciens libèrent leur agenda. C'est ce qui s'est vérifié à un événement de son club, le BX Brussels, qui présentait ses nouvelles infrastructures ainsi qu'un partenariat avec le sponsor Foodmaker. Vincent s'est tellement plu dans son club qu'il a fait stresser son chauffeur… Tim Borguet.

On s'attendait à voir des (ex-)footballeurs au club situé dans le quartier La Roue, et ils étaient bien là en la personne de Nicolas Frutos, Paul-José Mpoku et Theo Leoni.

"On ne parle pas des Diables"

Mais il y avait aussi une flopée de politiciens. Et pas seulement son père, Pierre, toujours député fédéral pour Les Engagés à la Chambre des représentants, et le bourgmestre d'Anderlecht, Fabrice Cumps (PS). Étaient également présents : le ministre-Président Boris Dilliès (MR) et les ministres Laurent Hublet (Les Engagés), Ahmed Laaouej (PS), Karine Lalieux (PS) et Audrey Henry (MR). Tiens, la politique bruxelloise n'était-elle pas en pleine discorde ? Visiblement, quand "Le Prince" arrive, les couteaux sont temporairement rangés.

Malgré ses 90 victoires en 117 matchs, Kompany n'était d'ailleurs pas là pour parler du Bayern Munich. Il n'a pas non plus souhaité s'exprimer sur Anderlecht ou les Diables rouges. Lorsqu'une question lui a été posée sur Mark van Bommel, sa réponse a été claire : "Aujourd'hui, je ne suis là que pour le BX, je ne dévierai pas de cela."

guillement

Les autres villes sont jalouses du jeune talent qu'il y a à Bruxelles.

En revanche, notre collègue a reçu un compliment quand il a posé une question sur Joshua Nga Kana d'Anderlecht. "Tu es un connaisseur", dit Vincent. "Nga Kana vient effectivement du BX Brussels (NdlR : il y a joué entre ses 5 et 7 ans et a été titularisé huit fois cette saison avec Anderlecht). Et je vous dis : d'autres vont suivre. Tous les jeunes bruxellois ne passent pas leurs journées sur leur PlayStation. Il y a beaucoup de talent à Bruxelles et beaucoup d'ambition. Les autres villes en sont jalouses. En 2013, j'étais frustré d'entendre que Bruxelles ne faisait l'actualité que de manière négative. C'est pour cela que j'ai fondé ce club."

Le Prince a ensuite enfilé son costume de politicien pour livrer un message percutant. "Je trouve que le rôle du sport n'est pas estimé à sa juste valeur, surtout dans les grandes villes. Chaque enfant a besoin d'un environnement avec des valeurs positives, un endroit où l'on constate que l'on n'est pas tout seul. C'est ce que nous offrons à ces enfants."

Kompany avec sa compagne Carla, les joueurs accompagnés des WAGS, le drôle (et cher) chapeau d'Olise: les joueurs du Bayern ont fêté l'Oktoberfest

12 millions injectés

Généralement, Kompany se montre très discret sur les chiffres, mais cette fois, il les a dévoilés : "Il y a 13 ans, nous avons injecté 12 millions € dans ce club, après déduction des impôts. Pas pour faire du profit comme d'autres clubs. 90 % de notre budget est alloué au volet social. Nous comptons 1 150 jeunes, dont 130 filles, et 700 autres sont sur liste d'attente. Notre objectif n'est pas d'atteindre la D1 avec l'équipe première, ce serait ridicule. En revanche, nous espérons pouvoir un jour rendre heureux et aider 5 000 jeunes."

Pour cela, Kompany a remercié les politiciens présents ("Vous avez été bienveillants, mais au début, c'était difficile") ainsi que le nouveau sponsor principal Foodmaker, une chaîne de restaurants belge et producteur de repas frais. Nicolas Rolis (directeur général du club) s'est exprimé sur l'aspect financier : "Au début, Vincent a énormément investi dans le club. Aujourd'hui, nous sommes un peu plus indépendants de lui."

Pour l'anecdote, un Kompany joue actuellement en équipe première : son frère François. L'équipe pointe à la 14e place sur 16 en P1. Vincent rigole : "Il ne fait pas ça pour moi, mais pour garder la forme."

Pour sa première conférence de presse de la saison, Vincent Kompany s'offre un moment surréaliste

À la fin de son discours, il a d'ailleurs fait rire tout l'auditoire : "Vraiment plus de questions ? Pas même de ta part, Theo Leoni, pour me demander pourquoi je te faisais si peu jouer à Anderlecht ?"

Mais le meilleur restait à venir. Kompany avait son vol de retour pour Munich programmé à 19h30 et devait donc quitter Anderlecht pour 17h00, compte tenu des embouteillages sur le Ring. Seul problème : tout le monde continuait à le solliciter en lui demandant des photos ou des conseils ou en lui serrant la main.

Cela a donné lieu à des scènes hilarantes. L'ancien CEO d'Anderlecht Tim Borguet, ami de Vincent, est venu lui souffler à l'oreille à plusieurs reprises qu'il était temps d'y aller. En vain. Son père, Pierre, a fini par s'en mêler aussi : "Vincent ! Et alors ?" Ce à quoi il a répondu : "Une seconde, papa." Et il était reparti pour quelques séances photo. Tout le monde stressait, sauf Vincent.

C'est finalement peu après 17h30 qu'il a pris place dans la voiture de Borguet. Espérons que ce dernier n'ait pas dû emprunter la bande d'arrêt d'urgence pour arriver à temps…

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