Viol à Tournai, où une jeune femme se réveille à moitié dévêtue : "La honte doit changer de camp"
Farid (prénom d'emprunt), 43 ans, est détenu. Il doit répondre du viol d'une jeune femme commis dans la nuit du 5 au 6 décembre 2025 à Tournai. Ils étaient montés dans la voiture du prévenu. Ce dernier nie tout acte non consenti.
"Elle m'a sauté dessus et nous nous sommes embrassés", assure-t-il.
La partie civile a déroulé ses arguments, qui sont nombreux. "Cette affaire fait froid dans le dos et chaque femme aurait pu être ma jeune cliente, a d'emblée annoncé l'avocate de la victime. Ma cliente a un amoureux depuis trois ans. Elle était partie boire un verre avec des amies sur les quais. Elle était un peu bourrée. Elle a l'alcool festif. Elle a consommé un joint et de la vodka. Elle a eu une amnésie traumatique."
A partir de minuit trente, la jeune femme ne se souvient plus de rien. "A 2h07, on la voit sortir d'un bar, ivre. En se dirigeant vers le pont Notre-Dame, elle est accostée par un homme. Il la maintient par les hanches et l'installe dans la voiture. On le voit sur les images. Le matin, vers 7 h, elle s'est réveillée en rue à même le sol sous un auvent, avec le pantalon baissé sur la moitié des cuisses. Elle ne se sentait pas bien et ressentait des douleurs aux parties intimes. Elle s'est rendue chez ses copines, sentant que quelque chose de grave s'était passé."
Là, elle avait pris la direction des urgences du CHwapi. "On pouvait voir un suçon, un gonflement des joues, des griffures et des rougeurs. Ma cliente a subi une agression physique ! Elle avait le regard vide et ne comprenait pas. Elle a développé une auréole violette autour de la bouche, signe de stress."
Le prévenu avait pu être identifié bien plus tard. "Tu me plais, lui aurait dit la jeune femme. Mets-moi des tartes, ça m'excite."
Peur d'être contaminée
La partie civile ne peut concevoir de tels paroles prononcées par sa cliente. "C'est sordide." La jeune femme fond en larmes à l'audience. Elle est secondée par le personnel d'aide aux victimes.
"Aucun préservatif n'a été utilisé et ma cliente a eu peur d'une contamination. Elle a dû prendre un traitement et a perdu beaucoup de poids. Elle rumine et a un sentiment de culpabilité. Nous demandons 10 000 € à titre provisionnel."
A travers une lettre lue à l'audience, la victime a confié sa peur d'être seule, ses angoisses, la solidité de son couple aussi malgré cette épreuve. "La honte doit changer de camp."
Le ministère public a réaffirmé que quand elle était sortie du bar, la victime titubait. "C'est lui qui l'a abordée. Il est allé vers sa proie. Ces faits sont crapuleux. Je requiers 6 ans."
La défense, vu la position adoptée par son client, a sollicité l'acquittement. "Il y a un doute. Mon client soutient qu'il y a eu consentement. Si pas, nous demandons un sursis simple ou probatoire."
Au moment de quitter la salle, Farid s'est adressé à la présidente. "Je suis prêt à me couper la main pour montrer que je suis innocent."
Jugement le 26 novembre.
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