Violences conjugales: identifier les signes avant-coureurs pour se protéger
Publié28. juillet 2026, 21:28
PréventionViolences dans le couple: les signes qui doivent alerter
Franchissement de limites, besoin de contrôle ou accès de colère: voici les comportements d’un partenaire dans une relation qui doivent être pris au sérieux.

Le cas de l'ancien député argovien Patrick Frei secoue la Suisse. Le Ministère public accuse le quinquagénaire de tentative de meurtre à plusieurs reprises, de viol qualifié, de dommages à la propriété et d'actes sexuels sur des mineurs. Selon l'acte d'accusation, il aurait drogué, agressé sexuellement et filmé plusieurs femmes et jeunes filles, dont Paula, la fille de 15 ans de sa partenaire. La présomption d'innocence prévaut.
Beaucoup se demandent s'il existe des signes avant-coureurs de comportements dangereux. La réponse est oui, mais aucun trait de caractère ne fait à lui seul d'une personne un agresseur. «C'est généralement une combinaison de facteurs qui rend une personne dangereuse», explique la psychologue légale Astrid Rossegger.
Franchissement de limites
Pour le psychiatre Marc Graf, le principal signal d'alarme est le non-respect des limites. «Si quelqu'un dit clairement non et que son partenaire insiste, le dévalorise ou réagit de manière agressive, il faut être prudent.» Les réactions typiques? «Tu es si sensible» ou «Pourquoi fais-tu tout un drame?».
Quatre groupes de cas d'agresseurs
Contrôle
Un besoin de contrôle marqué doit alerter, soulignent les spécialistes. Au début d'une relation, certains comportements peuvent sembler agréables, explique Astrid Rossegger. Échanger des dizaines de messages par jour ou savoir constamment où se trouve l'autre peut d'abord paraître flatteur. «Mais avec le temps, cela peut devenir une forme de contrôle.»
«L'isolement est un mécanisme essentiel pour exercer le pouvoir et le contrôle, ajoute Marc Graf. Beaucoup d'agresseurs recherchent délibérément des relations marquées par un déséquilibre de pouvoir, où leur partenaire est financièrement, socialement ou culturellement dépendante.»
Accès de colère et abus d'alcool
Selon Marc Graf, des accès de colère fréquents sont un autre signal d'alarme. Une personne qui s'emporte pour des broutilles ou jette des objets présente un risque accru de violences futures. «Il faut aussi se méfier des personnes qui n'assument jamais leurs responsabilités, ne s'excusent pas ou rejettent la faute sur les autres», ajoute le psychiatre légiste.
Astrid Rossegger souligne en outre que l'abus d'alcool augmente le risque de violence dans les relations de manière prouvée. Cependant, elle souligne qu'aucun facteur unique n'est suffisant pour évaluer de manière fiable la dangerosité d'un partenaire.
Que peuvent faire les personnes concernées?
Aborder les problèmes tôt
Le Dr Graf recommande de réagir dès les premiers comportements problématiques et de poser des limites claires. La réaction de l'autre personne est décisive: respecte-t-elle ces limites ou les ignore-t-elle? «Au plus tard, si un «non» clair est ignoré, si la distance demandée n'est pas respectée ou si quelqu'un continue d'appeler, d'écrire ou de se présenter à l'improviste malgré les demandes, une aide professionnelle devrait être sollicitée.» Les centres de conseil et la police peuvent alors évaluer la situation et apporter leur soutien.
En cas de peur de la violence, faire appel à des professionnels
Astrid Rossegger recommande aux femmes qui ont peur ou ont subi des violences de demander l'aide d'un professionnel. Ces spécialistes peuvent les aider à mieux comprendre leur situation. Le soutien de l'entourage est aussi précieux: «Un soutien social et financier peut aider à défendre ses droits et à engager un processus de séparation.»
Discuter d'une séparation avec des professionnels
Selon Pia Allemann, co-directrice d'un centre de conseil pour les femmes victimes de violence, les personnes concernées devraient se faire accompagner par des professionnels. Annoncer une séparation est souvent un moment particulièrement dangereux. «Nous conseillons toujours d'en discuter avec un centre d'aide aux victimes, un refuge pour femmes ou la police si la victime craint une réaction violente de son partenaire.» Des propos comme «En cas de séparation, je n'ai plus rien à perdre», des menaces de mort ou un comportement de harcèlement sont aussi des signaux d'alarme.
«Détabouiser» la violence domestique
Selon Astrid Rossegger, la violence domestique reste largement cachée. Beaucoup de victimes n'osent pas en parler par honte, ne savent pas à qui s'adresser ou craignent de manquer de soutien pour faire face à une séparation. «Il est essentiel de continuer à lever le tabou autour des violences domestiques et de faire en sorte que les violences envers les femmes ne soient plus tolérées. Les offres d'aide doivent aussi être facilement accessibles à toutes les personnes.»
Témoin, victime ou auteur·e de violence?
- Police: 117
- Urgences médicales: 144
- Aide aux victimes : 142 (numéro gratuit et confidentiel)
- La Main Tendue (adultes): 143
- Pro Juventute (jeunes): 147
- Aide aux victimes LAVI
- Violencequefaire (anonyme et gratuit, réponse dans les 3 jours)
(lch)

Lynn Sachs (sac), née en 1995, travaille pour 20 Minuten depuis 2020. Depuis janvier 2024, elle est cheffe adjointe de la rubrique "News & Gesellschaft".
Ton opinion
Section commentaires désactivée
Compte tenu du caractère sensible du sujet et pour éviter tout contenu blessant, nous avons décidé de désactiver la section commentaires. Merci de votre compréhension.Règles de la communauté