20 Minutes avec AFP

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Publié le 20/10/2026 à 01h47 • Mis à jour le 20/10/2026 à 02h57

L'essentiel

  • A deux semaines des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, Donald Trump a utilisé, ce lundi, les violences en France pour dénoncer l’immigration et appeler les autorités françaises à fermer leurs frontières.
  • J.D. Vance et Donald Trump Jr. ont repris les critiques du président américain contre la politique migratoire française pour en faire un argument de campagne contre les démocrates.
  • Malgré cette offensive, l’économie et le pouvoir d’achat restent les principales préoccupations des électeurs américains. Selon les experts, les violences en France pourraient surtout servir à mobiliser l’électorat conservateur.

A deux semaines des midterms du 3 novembre, Donald Trump et son entourage tentent de faire des violences survenues en France samedi et dimanche un argument politique. Alors que les sondages annoncent une possible victoire démocrate au Congrès, le président américain multiplie les attaques contre la politique migratoire européenne. Une stratégie destinée à mobiliser son électorat conservateur, malgré des préoccupations économiques qui dominent la campagne.

Lundi, Donald Trump a affirmé sur Truth Social que « les migrants ont conquis la France », appelant les autorités françaises à « FERMER LES FRONTIÈRES, ET VITE ». Le président américain a aussi rapporté avoir mis en garde Emmanuel Macron plusieurs années auparavant : « Vous faites une grande erreur en France. Vous laissez rentrer tout le monde. […] Bientôt Paris sera une ville musulmane. » Des déclarations qui prolongent sa campagne de 2024, largement axée sur la lutte contre l’immigration clandestine. « Dites-vous bien que c'est ce que les démocrates veulent faire à l'Amérique », a-t-il lancé plus tard lors d'un meeting à Wichita au Kansas.

Les progressistes ont « importé le tiers-monde en France », selon Vance

Son vice-président J.D. Vance a lui aussi exploité les événements français pour attaquer les démocrates américains. Dès samedi, il dénonçait sur X les « progressistes occidentaux » qui auraient « importé le tiers-monde en France ». Partageant des images de la mairie de Limoges en feu, il a assuré : « Voilà l’avenir que les parlementaires démocrates veulent pour notre pays. » Donald Trump Jr. a repris cette offensive avec un slogan : « Ne francisez pas notre Amérique ».

Pour Justin Vaïsse, historien spécialiste des Etats-Unis à l’université Johns Hopkins, cette récupération politique s’inscrit dans une stratégie ancienne. « Depuis le début du mouvement MAGA (Make America Great Again), l’Europe est le prolongement du champ de bataille de la politique intérieure américaine », explique-t-il. Célia Belin, directrice du bureau français du Conseil européen pour les relations internationales, évoque une « exportation de la politique intérieure » américaine et une volonté de « souffler sur les braises » des divisions européennes.

L’économie est plus importante que l’immigration pour les Américains

Reste à savoir si cette offensive peut peser sur les élections du 3 novembre. Selon un récent sondage Pew Research, 82 % des électeurs américains considèrent l’économie comme un enjeu très important dans leur vote, contre 59 % pour l’immigration et 36 % pour les questions raciales. Malgré les mesures prises contre l’immigration clandestine, Donald Trump reste confronté à une inflation élevée et à une impopularité croissante, notamment en raison de ses promesses non tenues sur le pouvoir d’achat.

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J.C. Lintzenich, expert associé au German Marshall Fund, observe d’ailleurs que les campagnes locales portent principalement sur la santé et les difficultés économiques. Les événements français occupent une place secondaire face aux préoccupations nationales ou aux crises internationales comme celles en Ukraine et en Iran. Justin Vaïsse estime ainsi que cette rhétorique identitaire « ne va pas faire gagner une voix » aux républicains, même si elle pourrait contribuer à « galvaniser les troupes » conservatrices à l’approche des midterms.