Y a-t-il un candidat pour sauver l'école ?
Si ce candidat existe, on n’a guère entendu sa voix hier, couvrir le fracas du rapport PISA sur le niveau en déclin des élèves français, en lecture comme en math.
Publié le mercredi 9 septembre 2026 à 07:42
« Rupture éducative majeure » disait le ministre de l’Education Edouard Geffray. Pour qui la fréquentation des portables et des réseaux sociaux provoque chez les enfants un « phénomène massif de destruction cognitive et intellectuelle. » « Notre intelligence collective et individuelle s’affaisse de façon alarmante » tempête aussi le docteur en neurosciences Michel Desmurget dans le journal Libération. En expliquant qu’un adolescent qui ne lit pas ou ne comprend pas ce qu’il lit, ne sait plus penser, et que « cela remet en cause tout notre fonctionnement démocratique ».
Avouez qu’il y aurait largement de quoi nourrir la conversation publique. Quoi de plus essentiel, voire de plus existentiel, que le système éducatif et la formation qui feront l’avenir de nos enfants ?
Hélas en France, les questions scolaires sont généralement peu débattues dans un cadre électoral. Et le scrutin à venir ne devrait pas faire exception.
Pourtant, plusieurs candidats ont déjà présenté des projets éducatifs
Les propositions circulent. Edouard Philippe fait de l’école « sa priorité absolue », Gabriel Attal sa « première priorité », Raphaël Glucksmann avance un « plan de sauvetage », Marine Le Pen dit que ce sujet sera « l’un des piliers » de son projet, Bruno Retailleau promet une « révolution culturelle », etc…
Mais sur les plateaux, on ne parle au mieux que du salaire des profs et des fermetures de classes. Comme si les débats politiques étaient devenus allergiques à la pensée complexe et au temps long. Ne pas perdre de vue que les effets d’une réforme scolaire se mesurent sur 10 ou 15 ans, quand une campagne raisonne à 5. Et si l’éducation est une préoccupation prioritaire des Français (à près de 90% d’après un récent sondage IFOP), elle ne fait pas figure d’enjeu, elle n’est pas un critère de vote.
D’ailleurs, quand avez-vous entendu une proposition éducative devenir structurante, et faire irruption dans un débat présidentiel ? Il faut remonter à 2012 et à la promesse de François Hollande 60.000 postes dans l’éducation. Rappeler aussi 2017, quand Emmanuel Macron s’engageait à dédoubler les classes de CP-CE1 dans les réseaux d’éducation prioritaire. Dans les deux cas, c’est simple, cadré, chiffré. Mais ça ne fait pas un projet pédagogique. En 2022, l’école était sortie du débat.
Faire en sorte que l’éducation ne soit pas la priorité oubliée de la présidentielle 2027
Chute de niveau, frénésie numérique, misère de la lecture, crise d’autorité, rôle des parents… franchement, il y aurait de quoi échanger.
De quoi nourrir une connaissance et une réflexion, un tantinet moins inepte et plus consistante que les débats d’hier autour du point de vue (ou de l’absence de point de vue) de Marine Tondelier sur la présidence Pompidou.
À écouter
France Inter
4 min