Sport 28/07/2026 07:31

Prenant la suite de son ancien capitaine Didier Deschamps, le légendaire numéro 10 des Bleus aura besoin de remplir l’armoire à trophées s’il veut réussir son mandat.

Zinédine Zidane prend la tête de l’équipe de France de football, et un immense défi l’attend (photo prise à l’occasion des JO de Paris 2024).

LOIC VENANCE / AFP

Zinédine Zidane prend la tête de l’équipe de France de football, et un immense défi l’attend (photo prise à l’occasion des JO de Paris 2024).

Sans immense succès, le cadeau se révélera sans doute empoisonné. Secret de Polichinelle depuis de longs mois et l’annonce dès 2025 de la fin de mandat de Didier Deschamps au sortir du récent Mondial nord-américain, la nomination de Zinédine Zidane à la tête de l’équipe de France de football sera officialisée ce mardi 28 juillet.

Un mariage inéluctable entre l’une des plus grandes légendes du football tricolore et son équipe totem, mais qui promet une mission des plus ardues à « Zizou ». Michel Platini, l’autre géant français du passé peut en témoigner : appelé à la rescousse pour succéder à Henri Michel à la fin des années 80, son expérience à la tête des Bleus avait pris fin après un gros loupé à l’Euro 1992, qui faisait suite à une non-qualification pour la Coupe du monde 1990. Preuve que le CV ne protège pas, qu’importe son épaisseur.

On l’a dit, Zidane prend la suite de celui qui fut son capitaine lors des sacres de l’équipe de France à la Coupe du monde 1998 puis à l’Euro 2000. Et en douze ans à la tête des Bleus, Didier Deschamps a imposé une excellence et une exigence de résultats qui sont devenues la nouvelle norme.

Viser la Lune, ça ne doit pas lui faire peur

Quart de finale à la Coupe du monde 2014 (avec une élimination contre le futur vainqueur allemand), victoire en 2018, finale en 2022 et demie en 2026, jamais la France n’avait connu une telle régularité. Même chose à l’Euro où, en dépit de la rocambolesque élimination contre la Suisse en 2021, les Bleus ont atteint la finale en 2016 et la demie il y a deux ans.

En clair, avec « DD » (et sous le patronage de sa chance légendaire), les Bleus ont fait des phases de poules une formalité. Et ils s’invitent avec régularité dans le dernier carré des tournois qu’ils disputent, un constat qui vaut également pour la Ligue des Nations, pour autant qu’on accorde une valeur véritable à cette compétition artificielle.

Ce qui implique que Zinédine Zidane sera jugé avec sévérité. Un crash au premier tour de l’Euro 2028 ou un raté à la Coupe du monde 2030 et l’aventure du sélectionneur pourrait bien tourner court. Signe de la place qu’occupe désormais l’équipe de France au sein de la hiérarchie mondiale, les Bleus pourront difficilement viser plus bas que le titre dans ces deux compétitions, quand bien même leur nouveau coach sera débutant.

Un effectif pléthorique et d’avenir

C’est d’autant plus vrai que Zinédine Zidane prend la tête d’un groupe en pleine maturité. Ousmane Dembélé est un Ballon d’Or de 29 ans, Michael Olise et Dayot Upamenaco sont les cadres d’un des effectifs les plus impressionnants d’Europe au Bayern Munich, Kylian Mbappé règne au Real Madrid comme en équipe de France, dont il est le meilleur buteur et passeur de tous les temps. Et derrière eux, de Rayan Cherki à Désiré Doué en passant par Hugo Ekitike, des vingtenaires apportent de nombreuses certitudes pour l’avenir.

Même au poste de latéral gauche, où Lucas Digne pourrait faire figure d’ancien à remplacer (il vient tout de même d’être recruté par le Paris Saint-Germain, signe de sa valeur et de son niveau), le réservoir français est riche. Adrien Truffert est titulaire incontournable en Premier League à 24 ans, le prometteur toulousain Dayann Methalie (20 ans) va s’envoler cet été pour l’un des meilleurs championnats d’Europe, Nhoa Sangui (20 ans également) est un pilier de l’ambitieux Paris FC… Bref, l’équipe de France est généreusement dotée, ce qui ajoute à l’impossibilité pour « Zizou » de se louper.

Car avec un tel trésor à sa disposition, d’éventuels ratés seront forcément rapportés à ses choix et à son coaching. Or Zinédine Zidane n’a jamais connu un contexte semblable à celui qui l’attend à la tête des Bleus. Sa seule expérience comme entraîneur remonte à ses années exceptionnelles à la tête du Real Madrid (2016-2018 et 2019-2021), avec lequel il a remporté douze trophées en deux ans et demi, dont trois Ligues des champions consécutives. Du jamais-vu. Mais au sein de la « Maison blanche », il était chez lui : ancien joueur, longtemps à la tête des équipes de jeunes, l’intégration a été naturelle, parfaitement logique.

Avec l’équipe de France, il va devoir repartir de zéro, composer un staff, faire avec des joueurs qu’il ne côtoiera qu’occasionnellement dans l’année, sans pouvoir user au quotidien de son aura. Avec un immense défi à la clé, celui de gagner pour maintenir les Bleus aussi haut que possible. Bref, la situation est à double tranchant : Zinédine Zidane prend la tête d’une formation au potentiel illimité et destinée à gagner, et il ne sera rien attendu de moins de sa part.