Benjamin Netanyahu à la tribune des Nations unies à New York ce vendredi 26 septembre 2025.

Benjamin Netanyahu à la tribune des Nations unies à New York ce vendredi 26 septembre 2025. - ANGELA WEISS / AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dénonce l'encadrement militaire de ne pas l'avoir réveillé le matin du 7 octobre 2023, alors que les défaillances sécuritaires sont au cœur de la campagne électorale.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé mardi 1er septembre l'encadrement militaire d'avoir décidé de ne pas le réveiller le matin du 7 octobre 2023, des propos qui interviennent dans un pays extrêmement polarisé à quelques semaines des législatives.

La veille, son épouse Sara avait, elle, laissée entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet du Hamas. Alors que les défaillances ayant permis au mouvement islamiste palestinien d'attaquer le territoire israélien sont au cœur de la campagne, Benjamin Netanyahu a livré de nouvelles allégations.

"Pourquoi ne m'ont-ils pas réveillé? Parce qu'ils savaient que moi, en tant que Premier ministre d'Israël, j'aurais immédiatement ordonné de mettre toute l'armée en état d'alerte, de mobiliser toutes les villes (à la frontière avec Gaza)", a-t-il lancé dans une interview diffusée sur Instagram. "Il est tellement évident que tout cela aurait pu être fait. Cela a été caché au public."

Sara Netanyahu s'en prend à un ancien général

Dans le même sens, il avait reproché lundi 31 août aux hauts responsables militaires d'avoir pris une telle décision afin d'éviter "l'erreur de calcul" d'une escalade militaire avec le Hamas.

Lors d'une interview distincte diffusée lundi soir sur la chaîne 14, proche du gouvernement, Sara Netanyahu s'en est prise à Yaïr Golan, un ancien général qui dirige le parti "Les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.
Yaïr Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Yaïr Golan avait ce jour-là décidé de son propre chef de prendre son arme pour se joindre à la riposte contre le Hamas sur le sol israélien, peu de temps après l'attaque surprise des commandos islamistes.

Selon les médias, il aurait sauvé au moins six personnes du site du festival Nova, théâtre d'un massacre, qui a entraîné la mort d'au moins 370 personnes.

L'opposition dénonce des "théories du complot"

Les propos de Sara Netanyahu ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de Yaïr Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers". "La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

L'intéressé a exigé sur son compte X des "excuses dans les 24 heures et une indemnisation pour les survivants du (festival) Nova".

Gadi Eisenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison", propagée selon lui par l'entourage de Benjamin Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique. D'après un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7-octobre.

Sujets liés :