l'essentiel Au deuxième jour d'audience du procès en appel des attentats terroristes de Trèbes et Carcassonne de 2018, les vidéos des assassinats terroristes de Radouane Lakdim au Super U de Trèbes ont été projetées.

La cour d'assises spéciale de Paris est chargée de juger en appel depuis lundi les attentats de Trèbes et Carcassonne du 23 mars 2018. Mardi en fin d'après-midi, les débats ont laissé place au silence puis à l'effroi. Les images de vidéosurveillance du Super U de Trèbes le jour des assassinats terroristes ont été diffusées sans le son, raconte L'Indépendant.

Le terroriste Radouane Lakdim arrive vêtu d'un pantalon treillis et d'une casquette noire. Sa doudoune cache un pistolet semi-automatique, un couteau et des grenades artisanales. Il se balade dans les rayons puis tire dans le dos du chef boucher Christian Medves qui discutait avec un client. Deux fois car le premier coup n'est pas parti. Arrivé vers les caisses, il s'en prend à un client Hervé Sosna qui déposait ses courses sur le tapis roulant. Ces mêmes images montrent les gendarmes pénétrer accroupis dans le supermarché.

"Je suis prise en otage au Super U"

Après ces images, les magistrats entendent l'appel d'une caissière, Julie, au 17. "Je suis prise en otage au Super U de Trèbes". Au sujet du terroriste, elle affirme : "Il dit qu'il est un soldat de l'État islamique". Une voix d'homme prend le relais. C'est Radouane Lakdim. "Vous bombardez mes frères, maintenant il faut en assumer les conséquences. Tant que vous bombarderez l’État islamique, ce sera la guerre. Vous tuez nos frères, nos femmes, nos enfants. Vous avez entendu ?"

Le terroriste est surexcité. Il insulte les mécréants, critique le gouvernement, demande la libération de Salah Abdeslam, le principal auteur des attentats de Paris du 13 novembre 2015. Il récite des prières avec en fond sonore les annonces des promotions du magasin.

"Je suis là pour mourir"

Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame avance alors vers le terroriste. "Tu veux mourir pour la France ? Moi je suis un combattant. Je suis là pour mourir", lance-t-il au chef des gendarmes. "Elle n'y est pour rien", répond Arnaud Beltrame au sujet de l'hôtesse de caisse. "On échange". Radouane Lakdim et Arnaud Beltrame se feront face dans un huis-clos de trois heures. Ce 23 mars 2018, le lieutenant-colonel a essayé de neutraliser le terroriste dans un violent corps à corps. Il n'y est pas parvenu. Arnaud Beltrame a été tué, Radouane Lakdim neutralisé par le GIGN. Le procès va durer jusqu'au 9 octobre.