"Il y a eu plein de tournants, c'était un col des Alpes" : pour les Bleuets, une défaite peu cocasse dans le Caucase
Après une rencontre au scénario renversant et peu en faveur de la France, les Bleuets se sont inclinés en finale du Mondial U20 en Géorgie. Leurs adversaires sud-africains furent capables de tuer le match quand il le fallait…
Il n'y a pas eu cet éclair dans le jeu des Tricolores, comme dans le ciel de Tbilissi. Les larmes sur les visages des Français ne sont, elles, pas de la pluie... Dans une rencontre avec plus de points refusés que marqués, les Bleuets ont vu leur rêve de doublé s’évanouir, après avoir réalisé le grand chelem au cœur de l'hiver. Enchaîner sur un succès mondial après avoir régné sur l'Europe aurait été une première dans l'histoire des U20 français... Las, en face, l'Afrique du Sud n'est pas la tenante du titre pour rien et en a profité pour devenir la première nation à faire le doublé chez les jeunes depuis... la France, en 2018 et 2019.
Cette fois-ci, la France a rompu
"Cette saison, nous avons remporté dix matchs sur onze, il nous a juste manqué le dernier", soufflait le capitaine Lucas Andjisseramatchi. Cette rencontre a débuté avec du retard à cause des orages géorgiens. Les Bleus, eux, étaient pourtant à l'heure avec une grosse entame de match, mais cela ne dura que cinq minutes.
Ensuite, les Bleuets passèrent une demi-heure sans connaître la sensation du toucher de balle. Ils ont encaissé charge sur charge. Il fallait le faire, résister aux assauts des jeunes Boks. Mettez-vous en face du sur-solide Ethan Adams (1,75 m, 100 kg). Ces jeunes Français l'ont déjà montré, ils savent appliquer la maxime de Kylian Mbappé, quand bien même ils arrivent en finale, eux : "S'il faut mettre les mains dans la m***, on mettra les mains dans la m***. On n'a pas de problème avec ça." À part deux pénalités lointaines, les champions du monde en titre, sur une série de dix succès de rang, ne réussissaient pas à visiter l'en-but des Tricolores. Chaque fois, un Français réussissait à s'agripper à leur cheville, à leur faire échapper cette balle glissante ou à réaliser un arrachage décisif. Jusqu'à cette fatale action à la 67e. Un ballon porté de l'Afrique du Sud, des Bleuets sur le reculoir et le centre Makus Muller terminait dans l'en-but, en force. Un coup de massue alors que, même menée au score, la France semblait inverser la pression après avoir marqué grâce à Raphaël Audebert - traits indentiques à ceux de son père Alexandre au même âge...
Il manquait Pogačar
Cette fois, la folle relance venue du bout du Caucase, comme face aux Baby Blacks en demi-finale, n'est jamais venue. La résilience des garçons de Cédric Laborde ne peut pas toujours suffire, il faut aussi savoir se récompenser. Paul Cellio-Zwiller se faisait gratter la balle devant l'en-but, avec un avantage qui s'évanouissait vite (35e) ; Roméo Bonnard Martin voyait son essai refusé pour un léger écran de Luka Keletaona (36e) ; si Baptiste Vechambre pensait avoir aplati en force, aucune image ne montrait cela à M. Keane (50e) ; après une longue séquence, Baptiste Tilloles n'assurait pas sa passe (56e).
"Dans ce match, il y a eu plein de tournants, c'était un col des Alpes", avouait Cédric Laborde, qui colle à l'actualité. Il lui a quand même manqué un Tadej Pogačar, ce dynamiteur capable de faire basculer la rencontre sur un exploit individuel et d'exploiter la moindre faille dans le rideau défensif des Baby Boks... Pour chasser du Springbok, leur principale arme, les ballons portés, s'est enrayée. Ce samedi soir, il leur a aussi manqué l'instinct du tueur, celui du champion du monde, finalement...