Gens du voyage : "saisie des véhicules", "interdictions de séjour", les propositions choc du maire de Toulouse pour faire face aux occupations illicites
l'essentiel Dans une tribune publiée lundi 10 août dans le Journal du dimanche, le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole dénonce "l’inertie" de l’État face aux installations illicites de gens du voyage. Jean-Luc Moudenc avance six mesures pour accélérer les expulsions, obtenir réparation des dégradations et renforcer le pouvoir des intercommunalités.
Jean-Luc Moudenc hausse le ton. Dans une tribune publiée lundi 10 août 2026 par le Journal du dimanche, le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole interpelle une nouvelle fois l’État sur les installations illicites de gens du voyage. Sous le titre "L’autorité de l’État ne peut plus être itinérante !", l’élu toulousain estime que les maires se trouvent "désarmés juridiquement et abandonnés politiquement".
Le maire assure ne pas remettre en cause le mode de vie itinérant, mais dénonce les occupations illégales de propriétés privées ou d’équipements publics, ainsi que les dégradations qui peuvent les accompagner. Parcs, stades ou bases de loisirs doivent ensuite être remis en état aux frais des collectivités, déplore-t-il.
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Selon Jean-Luc Moudenc, les auteurs des dommages quittent trop souvent les lieux sans avoir à les réparer. Une situation qu’il présente comme une atteinte aux principes de liberté, d’égalité et de fraternité, mais aussi comme le symptôme d’un affaiblissement de l’autorité publique.
Le schéma départemental dans le viseur
Le président de Toulouse Métropole cible particulièrement le Schéma départemental d’accueil et d’habitat des gens du voyage. Ce document fixe aux intercommunalités des obligations en matière d’équipements et d’aires d’accueil. Or, lorsqu’une collectivité n’a pas réalisé la totalité des installations prévues, elle peut se trouver privée de la procédure administrative accélérée permettant l’évacuation d’un terrain occupé illicitement.
Les procédures deviennent alors "longues, incertaines et souvent sans effet", affirme Jean-Luc Moudenc, les occupants ayant parfois quitté les lieux avant qu’une décision judiciaire soit rendue. Il critique un système dans lequel "l’État prescrit tandis que les collectivités paient".
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Le maire rappelle avoir saisi le gouvernement dès septembre 2024 avec plusieurs élus de la métropole toulousaine, issus de différentes tendances politiques. Deux vœux avaient également été adoptés par le conseil municipal de Toulouse et le conseil métropolitain. Malgré plusieurs propositions de loi et les engagements alors pris par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, Jean-Luc Moudenc juge qu’aucune réponse suffisante n’a depuis été apportée.
Six propositions adressées à l’État
Dans sa tribune, l’élu détaille six pistes. Il réclame d’abord une réparation effective des dégradations, y compris environnementales, avec la possibilité de saisir des véhicules ou de prononcer des interdictions de séjour élargies.
Jean-Luc Moudenc souhaite également imposer des délais plus courts au juge et au préfet lors des procédures d’expulsion. Il demande que les communes disposant de capacités d’accueil suffisantes puissent bénéficier de la procédure accélérée lorsque les emplacements proposés sont refusés, même si toutes les obligations du schéma départemental ne sont pas encore remplies.
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Le maire de Toulouse propose par ailleurs d’adapter les moyens de police et de gendarmerie à l’ampleur des occupations constatées, de donner aux intercommunalités un véritable pouvoir de décision sur les équipements qu’elles financent et de limiter les grands passages à des dimensions compatibles avec la sécurité. Avec un mot d’ordre : "Si celui qui casse doit réparer, celui qui paye doit décider."