Réintégration des vétérans, chirurgie maxillo-faciale, soutien aux entreprises, aménagements d'abris souterrains pour les écoles, équipement énergétique à la veille de l'hiver, etc. La coopération civile de la Belgique avec l'Ukraine, pays marqué par quatre ans et demi de guerre, prend forme. Quelque 150 millions d'euros y sont consacrés depuis 2025.

"La reconstruction ne peut attendre le lendemain de la paix, elle commence dès maintenant", a expliqué le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Maxime Prévot, au cours d'une visite de travail de deux jours en Ukraine.

Un financement pour le service des "gueules cassées"

Ce déplacement a mené le chef de la diplomatie dans divers endroits. À Kiev, via l'agence de la Coopération Enabel, la Belgique a libéré 1,75 million d'euros pour financer l'aménagement de deux salles d'opération de chirurgie maxillo-faciale dans l'Hôpital régional de Kiev afin de réparer les "gueules cassées" par la guerre. Cette installation a l'ambition de devenir un centre de référence dans le domaine. Des investissements sont également prévus à Lviv (ouest).

"Après plus de quatre ans de guerre, nous avons une épidémie de visages cassés par des blessures incroyablement sévères. Il y a très peu de cas simples, la plupart sont très complexes et nécessitent une chirurgie complexe. Depuis le début de la guerre, nous avons déjà opéré 1.800 personnes, et chaque cas implique parfois neuf, dix opérations. Nous ne sommes pas adaptés pour faire face à un tel nombre et à une telle complexité. Nous avons besoin de centres spéciaux où les connaissances et les apprentissages sont concentrés", a expliqué le Dr Andrei Kopchak.

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Le projet s'appuie sur l'expertise de Materialise, entreprise issue de la KU Leuven et reconnue dans le monde pour sa technologie médicale en 3D. Cette coopération permettra de préparer les opérations avec précision et de produire les implants adaptés à chaque patient.

Un autre défi auquel l'Ukraine doit faire face est la réintégration de ses vétérans. Maxime Prévot en a rencontré quelques-uns ainsi que le ministre en charge de cette question, Vitalii Kim, au "Veteran Hub" de Kiev.

"Après la guerre, nous devrons remettre ces vétérans dans l'économie. C'est un défi immense. La plupart du temps, ils ont été blessés. Quand ils sont à l'hôpital, ils sont soignés, ils sont payés mais pas quand ils sortent. Ils font face à des problèmes physiques mais souvent aussi d'ordre mental", a-t-il expliqué.

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La Belgique a libéré quatre millions d'euros pour financer intégralement la "Veteran Interoperable Service Platform" mise en œuvre dans le cadre d'un programme de l'Otan. Le projet vise à moderniser le système numérique du ministère de Vétérans et à rendre les services qui leur sont destinés plus accessibles.

Dix millions d'euros seront encore investis dans le développement d'un centre national d'excellence consacré au traitement des grands brûlés, l'un des domaines d'expertise de la Belgique, auquel collaborera le Grand Hôpital de Charleroi aux côtés de l'Hôpital militaire Reine Astrid.

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La vie économique reçoit également un soutien de la Coopération belge. Quelque six millions d'euros seront investis par BIO Invest, la société belge de soutien à l'économie privée dans les pays émergents. Le "Rebuild Ukraine Fund" apportera des capitaux à long terme à des entreprises ukrainiennes affectées par la guerre et qui ont besoin de financements pour poursuivre leur croissance et leur relance.