En mars dernier, des citoyens avaient émis l'idée d'organiser une consultation populaire au sujet du futur déménagement de l'hôtel de ville de Spa. Une réunion avait été organisée à la Glacière début avril, avant de passer à la récolte de signatures, pendant plusieurs semaines. Plus de 2832 paraphes avaient alors été recueillis et déposés sur le bureau du directeur général de la Commune.

Ce jeudi 3 septembre, un point du conseil communal concernait donc cette demande de consultation, les élus devant se prononcer sur l'organisation ou non de celle-ci. En ce qui concerne le collège MR-UC-Pluriel !, la décision est unanime. C'est non. Un choix qu'il a détaillé lors d'une conférence de presse, ce lundi 31 août.

Si celui-ci regrette que l'initiative citoyenne initiale ait été "reprise" par l'opposition, il assure avoir pris acte de ce nombre, important, de signatures. "Ce qui nous a dérangés, ce n'est pas l'organisation d'une consultation populaire, ce n'est pas expliquer ce que nous faisons, mais c'est le côté un peu binaire de la question qui ne prend qu'un point de détail d'un projet qui, lui, est global", indique le bourgmestre Nicolas Tefnin (MR-UC).

collège spa mr-uc Pluriel !
Le collège a tenu à expliquer sa décision. ©EdA J.Wo.

"Un projet qui vise au redéploiement de Spa"

Car le déménagement de l'hôtel de ville actuel vers la Villa Royale s'inscrit dans un projet plus large, comprenant plusieurs autres bien patrimoniaux spadois. "C'est un projet cohérent pour un redéploiement de Spa", résume Alda Greoli (Pluriel !), échevine du Patrimoine, des Biens communaux et des Travaux. L'idée de la majorité est de rassembler en un seul lieu les services administratifs (soit au sein de la Villa Royale et du pôle social du CPAS, rue Hanster) de manière à favoriser les synergies mais aussi à améliorer les conditions de travail du personnel.

"Je ne sais pas si l'un d'entre vous a dû se rendre dernièrement au service des travaux, qui est au deuxième étage, non isolé. On était quasiment aux 40 degrés. Impossible de faire mieux, quoi qu'on dise", lance-t-elle. Le collège a d'ailleurs retrouvé la décision de 1963 dans le cadre du rachat de la Villa Royale par la Ville. "C'était déjà pour en faire l'hôtel de ville."

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La Villa Royale, avenue Reine Astrid. ©EdA Philippe Labeye

L'objectif est aussi de créer un pôle "jeunesse et sport", autour de l'avenue Amédée Hesse, où se trouvent la piscine et la Fraineuse, du lac de Warfaaz et de la Maison Blanche. Cette dernière pourrait accueillir une maison de jeunes, une auberge de jeunesse, des cuisines (peut-être collectives) et les services communaux des plantations. Le Britannique, lui, serait voué à accueillir des activités culturelles dont l'académie René Defossez. Pour rappel, la Ville de Spa souhaite acquérir ces deux bâtiments appartenant à la Fédération Wallonie-Bruxelles pour 3,5 millions d'euros. Les musées de la ville d'Eaux seraient, eux, transférés au Waux-Hall.

Quant à l'hôtel de ville, le collège assure qu'il restera dans le giron communal et pourrait être utilisé comme salle de prestige ou lieu de réception. "C'est pour ça qu'il est important de voir ce projet dans sa globalité", martèle celui-ci, tout en précisant que ce dossier sortait déjà de plusieurs mois de consultation et d'échanges "avec l'Agence wallonne du patrimoine, la Région wallonne, les cabinets ministériels, des investisseurs…" Ainsi que l'ASBL Spa Patrimoine.

Une séance d'information est prévue

"Or, le décret est clair au sujet de la question. On ne peut pas le modifier", explique Nicolas Tefnin. Le collège estime aussi que l'organisation aurait eu un coût non négligeable tant "en monnaie qu'en travail pour les équipes de l'administration". "Le risque d'une consultation populaire telle que celle-là, c'est que ne s'élèvent que ceux qui sont drillés par un groupe politique et, donc, que ça vienne biaiser le résultat démocratique", ajoute Alda Greoli. Par contre, une séance d'information ouverte à tous les habitants sera organisée rapidement, d'ici la fin du mois de septembre (la date du 24 a été citée), au Britannique. "Nous devrions avoir les clés d'ici là."

Internat le Britanique Spa 2019
Le Britannique et la Maison Blanche ne pouvaient être rénovés par la Fédération Wallonie-Bruxelles. ©Romain Rixhon - Archive

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